Les vieux savent plus que nous comment vivre heureux…

Gerard Moonen

Rencontrer des gens, c’est accepter de s’ouvrir, de se laisser toucher le cœur, d’ouvrir son esprit. On ne sait jamais à l’avance l’effet qu’une personne aura sur nous, à quel point on sera charmé, déçu ou perplexe. Pour certains, ça peut être stressant ou déstabilisant. Et il y a quelques années, j’étais dans ce camp, où le moindre inconnu générait de l’anxiété chez-moi.

Aujourd’hui, avec les années et du travail sur moi, je réalise que j’aime aller à la rencontre des autres, découvrir de nouvelles personnalités, écouter les expériences et discuter, échanger, partager. Connaître le vécu des autres permet de confronter ses idées, de se projeter et de voir les choses autrement. Chaque personne a sa propre vision du monde et de la vie et à force de rester dans nos petites bulles, on finit par prendre des mauvais plis. C’est pourquoi j’aime ce saut vers l’inconnu : ça brasse les certitudes.

Rencontrer une personne, avoir une « date », comporte toujours son lot de risques. Bien sûr, il  a les papillons, le petit stress de se présenter tel qu’on est et de ne pas être apprécié mais je crois qu’il faut vraiment voir cela comme une possibilité, une tentative et surtout, un peu comme un jeu, c’est à la base pour le plaisir. J’ai fait quelques rencontres dans les derniers mois qui m’ont permis de comprendre ce que je n’aimais pas, ce qui pour moi était impossible à accepter, les caractères incompatibles avec le mien et les valeurs qui me rejoignent. Avant tout, pour pouvoir rencontrer quelqu’un, on doit se connaître, savoir ce qui nous anime et nous éteint, savoir nos limites et être en mesure de garder la tête froide et ne pas se laisser emporter par le flot d’émotions. Car, par expérience, souvent quand on est submergé d’émotions, on ne prend pas les bonnes décisions.

J’ai rencontré quelques charmeurs dans ma vie, qui m’ont jeté de la poudre aux yeux, qui m’ont fait miroiter un monde de rêve. Mais sous la couche d’artifice, j’ai découvert qu’il n’y avait rien de concret, rien de tangible et surtout beaucoup de souffrance. Vouloir à tout prix être admiré révèle bien souvent une grande solitude et une faible estime de soi. Je préfère maintenant les gens plus discret mais plus profond, les personnes qui se connaissent et qui n’ont pas besoin de flamboyer pour être respectées.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, beaucoup de gens sont dans le paraître, dans l’image parfaitement retravaillée, dans la réputation virtuelle. Mais derrière cette façade lustrée, j’aime bien connaître la vraie nature des gens, voir leur vrai visage et savoir que finalement, leur vie est plus riche qu’ils ne le croient, plus authentique et plus près de la réalité du commun des mortels. Sincèrement, une photo de grimace un dimanche matin avec de la farine sur le nez me fera beaucoup plus plaisir que la photo classique en voyage avec le bronzage parfait.

Je suis un peu blasée de la couche de peinture améliorante, des filtres, des publications pour se valoriser et du côté un peu surfait des réseaux sociaux. Je veux du vrai, de concret, de l’existant et surtout, des fous rires et des anecdotes du quotidien sans appui virtuel. J’admire ces couples de vieux qui savourent le moment présent, qui n’ont aucune idée de la vie numérique qui bourdonne et qui avance, main dans la main, au gré du temps qui passe.

P.S. Cette vraie vie qui se déroule autour de nous comporte son lot d’épreuves et j’offre mon soutien et ma compassion aux Belges qui ce matin trouve la réalité un peu trop dure à accepter.

 

Photo : Unsplash | Gerard Moonen

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