À chacun son rythme

Alex Blăjan

C’est en marchant d’un pas décidé dans le métro ce matin que j’ai réalisé que nous étions le 21 juin : début de l’été et Journée de la lenteur. Les 2 en même temps, comme pour nous dire que ça suffit la course folle et qu’à défaut d’être capable d’arrêter, on peut tout de même prendre le rythme du sud et ralentir un peu.

Ralentir est un concept très relatif dans notre société réglée au quart de tour. Souvent, on a tendance à croire qu’il faut tout arrêter, tout bouleverser, tout changer. Mais au contraire, souvent seuls de petits ajustements sont nécessaires pour diminuer la course folle et calmer le hamster mental qui s’emballe. Aller marcher un petit 15 minutes pendant l’heure du lunch, descendre une ou 2 stations avant et marcher le reste du trajet, faire quelques salutations au soleil avant de souper… Des petits gestes qui peuvent avoir un effet salvateur sur notre vie.

Nul besoin de s’imposer un entraînement ardu et complexe ou de revirer notre horaire complètement pour améliorer notre qualité de vie et se sentir moins stressé. Avant même de tenter de trouver un temps libre, le simple fait de sentir les choses, prendre conscience quand le stress prend le dessus et accepter ce fait peut changer complètement le cours de notre journée. On peut comparer cela à la conduite automobile : si on ne prend pas conscience que l’on conduit trop vite, on ne pourra pas ralentir.

Selon la personnalité de chacun, ralentir peut prendre un sens différent. Une personne peut être très énergique mais très zen à la fois. Alors que d’autres, plus timides, sembleront d’un calme inébranlable alors qu’à l’intérieur, un flot d’émotion chahute. Comme on dit, il ne faut pas se fier aux apparences! Et surtout, on doit se connaître. Rien de mieux pour apprendre à déceler les signes du mur de la surcharge de stress qui monte. Et une même situation peut nous faire réagir différemment selon l’état dans lequel nous sommes.

Se connaître, apprendre à sentir, à décoder ses propres réactions, c’est un pas dans la bonne direction. Et il ne faut surtout pas couper le plaisir dans nos vies en croyant qu’on n’a pas le temps.  Je peux vous dire que je l’ai essayé et c’est probablement une de mes pires idées à vie! Penser qu’on est trop occupé ou fatigué pour sortir prendre un verre ou aller marcher, c’est se couper d’une soupape, d’un exutoire.

Car ça en prend des moments où l’on ventile, où l’on décroche. Ces moments de fous rires, de pleurs, de chialages, à refaire le monde ou simplement à sortir tout ce qu’on a accumulé. Une sorte de purge mentale qui permet d’attaquer de nouveaux problèmes, de voir les choses sous un autre angle. Que ce soit d’aller boxer, de prendre un verre entre amis, d’aller voir un spectacle, peu importe la possibilité de se changer les idées, l’important c’est l’effet, la résultante qui compte.

Bouger ou se changer les idées, ça permet de changer de focus, de penser à autre chose et d’arrêter de ressasser les mêmes choses. Parfois, après quelques heures à décrocher, un éclair de génie arrive, une idée, une solution ou simplement une détente qui permet de réaliser que finalement, ce n’est pas si pire que cela…

Ralentir, c’est se donner le droit de vivre, comme on est, à notre rythme, avec nos soucis, nos défauts, nos forces et notre bagage. Parce qu’au fond, on a chacun notre vitesse de croisière et c’est parfait ainsi!

 

Photo : Unsplash | Alex Blăjan

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