Parfois, la vie est triste…

Jonas Vincent

Je vous parlais récemment de lâcher prise et de l’importance de trouver son équilibre, de s’y tenir et de s’écouter. Et aujourd’hui, je me sens impuissante et je dois trouver en moi la force de lâcher prise sur une situation que je ne peux aucunement contrôler. L’état de mon beau matou d’amour dont je vous ai déjà parlé semble se dégrader de plus en plus. Et je ne peux rien y faire… C’est très troublant de se trouver face à la souffrance de son animal de compagnie sans pouvoir agir. Je le bombarde de câlins et d’amour mais malgré le baume au cœur que cela doit lui procurer, ça n’enlève en rien à sa confusion et son mal.

J’ai supplié toutes les âmes des êtres qui m’ont quitté et qui, j’espère, veillent sur moi mais je crois que contre la maladie, parfois, on ne peut gagner le combat. Chaque regain d’énergie me fait croire qu’il guérira mais c’est toujours plus déçue et triste que je constate que ce n’était qu’illusion. J’ai tellement tentée de déceler des améliorations, de trouver une raison et de prier pour une guérison soudaine que j’en suis épuisée. Et mon pauvre bébé ne va pas mieux…

La vie nous confronte à des absurdités, à des moments bouleversants et à des épisodes où on ne veut pas croire à ce qui est en train de se passer et ceci en est un. Je ne veux pas le laisser partir, je ne veux pas qu’il me quitte, ce cher partenaire de vie qui m’accompagne depuis 13 ans. Il a vu toutes mes peines, toutes mes joies, mes déménagements, mes rénovations, a connu mes conjoints, mes amis… Il a été d’un réconfort inoubliable quand j’ai perdu mon papa en 2012, homme que j’implore en ce moment de faire un miracle de là-haut.

Mais on dirait que la vie essaie de me démontrer que mes principes de vie que je partage avec plaisir ici sont parfois difficiles à appliquer. Je dis souvent que je fais confiance à la vie et qu’elle décidera ce qui sera mis sur ma route mais cette fois-ci, je n’aime pas ce qui se dessine. Je ne veux pas voir la possibilité du silence qui habitera ma maison quand il ne sera plus là, du vide que son départ laissera. Je sais pourtant que je devrai m’y faire car force m’est de constater que son état empire… Ça doit être cela qu’on appelle vivre dans le déni…

N’ayant ni enfant ni conjoint, mon chat représente beaucoup pour moi. Il n’a jamais été malade, a toujours été fidèle et agréable et est devenu, avec le temps, un confident et un complice. Généreuse de nature, j’ai adapté certains aspects de ma demeure pour lui car, soyons réalistes, il y est plus que moi qui travaille à l’extérieur… J’ai pesté souvent contre la litière que je déteste nettoyer, contre le poil qui envahit mes vêtements, mon lit, mes yeux… Mais je suis très consciente que tout ça me manquera terriblement quand je n’aurai plus sa présence pour me réconforter.

Chaque jour, à mon retour du travail, il se précipitait pour son câlin habituel comme si j’étais partie depuis longtemps. Chaque matin, dès que le réveil se faisait entendre, il sautait dans mon lit pour se faire flatter, ronronnant bruyamment pour démontrer son plaisir. Une petite boule d’amour irremplaçable qui n’a plus la force de monter les escaliers ou de se lever à mon arrivée en ce moment…

Mon cœur a de la peine aujourd’hui et je réalise à quel point, parfois, lâcher prise est impossible. Je ne veux pas qu’il souffre, mais je ne veux pas qu’il me quitte non plus. Je me dis que la vie décidera bien de la suite et que de toute façon, à part lui donner de l’amour, je ne peux malheureusement pas faire grand-chose…

 

Photo : Unsplash | Jonas Vincent

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