À chacun sa recette

Récemment, j’ai vu passer sur Facebook une image, partagée par des milliers de personnes. Elle présentait, ou plutôt confrontait, des comportements en mentionnant ceux pratiqués par les gens qui ont de la réussite versus ceux qui n’en n’ont pas. N’aimant pas les recettes faciles et les principes généralisés, je m’y suis attardée un peu pour finalement conclure que ce sont surtout des raccourcis qui y ont été placés et qu’au fond, si on enlève le gros bon sens, c’est encore une fois une façon de nous faire culpabiliser. Comme dirait l’autre : tout est dans tout (référence : mon billet de mardi).

Voici l’image en question :

Rien de bien sorcier me direz-vous mais penchons-nous un peu sur ces affirmations :

Lire tous les jours versus regarder la télévision. Effectivement, la télévision a un effet un peu abrutissant mais si vous regardez des entrevues avec des gens qui vous inspirent, une émission avec ceux qui œuvrent dans votre domaine ou un documentaire sur une cause qui vous tient à cœur, j’ai tendance à croire que ce n’est pas une nuisance. La lecture a certes un effet de rétention d’information assuré mais disons que je ferais attention dans ce jugement facile. Des fois, ça prend des moments de détente et si la télévision vous apporte du plaisir, ce n’est quand même pas à négliger, dans la mesure où ce n’est pas pour anesthésier votre cerveau ou pour simplement combler un vide.

Pardon versus vengeance? Rien à redire, je suis tout à fait d’accord. Ressasser le passé et vouloir se venger, c’est malsain, point.

Parler de ses idées versus parler des autres? En général, je suis d’accord mais encore là, quelques nuances. Si vous parlez des autres de manière positive en les faisant rayonner et partageant votre passion, c’est positif. Si vous vous adonnez à des séances de bitchage en règle, là c’est nocif…

Apprennent continuellement versus pensent tout savoir? Ai-je vraiment besoin d’élaborer? Personne n’aime les « ti-jo connaissant ».

Assumer ou fuir ses responsabilités et échec : oui dans la théorie c’est tout à fait souhaitable d’assumer mais en pratique, on sait tous que par moment, on a besoin de recul. J’appuie le concept mais ça fait partie des points qui me font penser que certains vont se culpabiliser en ne le faisant pas. Reconnaître qu’on a de la difficulté à assumer, c’est déjà un pas dans la bonne direction.

Aimer le progrès et le changement ou pas? Étant consultante, c’est dur pour moi de m’imaginer dans une situation de perpétuel recommencement mais je peux comprendre que des gens angoissés préfèrent rester dans une situation confortable. Est-ce que ça les empêche de réussir pour autant dans leur carré de sable? Pas du tout… Tout est une question de point de vue mais tous n’ont pas l’ambition de devenir premier ministre et c’est correct ainsi. Sinon, ça serait franchement le chaos!

Se fixer des objectifs et avoir un plan versus ne pas savoir où l’on va…. Ah c’est celui-ci qui m’a fait le plus réagir. Pour moi, c’est biaisé comme affirmation et sans aucune nuance. C’est sûr que si vous construisez une maison, vous êtes mieux d’avoir un plan… Mais à trop vouloir tout planifier, on se coupe de plusieurs possibilités que l’on découvre en cours de route. Je m’explique…

Je travaille dans le domaine du numérique où l’approche Agile a fait ses preuves depuis plusieurs années. Cette approche qui regroupe des méthodes de travail se veut le contre-pied des approches traditionnelles prédictives et séquentielles de type cycle en V ou waterfall (en cascade). Traditionnellement, on attendait que tout soit ultra détaillé avant de débuter le développement. Alors que maintenant, selon la nouvelle approche, on utilise plutôt un processus itératif qui permet de construire, morceau par morceau, le produit. Et donc, en cours de route, on peut faire face aux changements et faire évoluer le besoin au lieu d’être figé sur une idée stricte de départ. Et se rendre compte à la toute fin que ça ne répond pas aux besoins définis au départ.

Bref… Tout ça pour dire que de ne pas attendre que tout soit parfait avant de foncer, j’y crois. Et je suis du type à me fier à mon instinct au lieu de tout sur-analyser. Et je suis la preuve qu’on peut très bien s’en sortir ainsi 😉 Il m’apparaît évident qu’une entreprise à démarrer nécessite un plan d’affaires mais disons que je préconise l’ouverture d’esprit et la capacité à prendre des risques et à faire évoluer le plan de match. Donc, tout est relatif au contexte… Entre avoir un plan et avancer à l’aveugle, il y a un monde de possibilités! Trouvez simplement le modèle qui vous convient.

Et finalement, aider les autres à réussir ou vouloir qu’ils échouent ne vaut même pas la peine d’en parler. C’est évident que si vous avez un égo gros comme la terre, la réussite des autres vous apparaît comme une injustice qui vous fait de l’ombre et vous imaginez que c’est vous qui devriez réussir. Le succès des autres rejaillit sur leur entourage. Soyez donc plutôt fier de bénéficier de cette belle énergie créative!

En conclusion, je veux simplement soulever le fait que les recettes miracles, ça n’existe pas et que ce qui fonctionne pour un ne marchera pas pour l’autre nécessairement. Ouvrez vos antennes et soyez à l’écoute de votre instinct. C’est votre meilleur allié dans tous vos projets.

Et je terminerais sur ceci : qu’est-ce que la réussite au fond? Est-ce vraiment utile? Ne préfère-t-on pas être heureux et serein? Peut-être justement que la réussite vous importe peu, que la santé de vos proches est plus importante. Chacun a sa vision de la vie et ses priorités. C’est plus à ce niveau que je vous suggère de vous concentrer et de réfléchir. Qu’est-ce qui est réellement important pour vous? Je suis convaincue que si ceci est clair, vos efforts et votre énergie s’alignera sur l’atteinte de ces objectifs plutôt que sur une « réussite ». Après tout, vous êtes unique.

 

Photo : Unsplash | Samuel Clara

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