Parce que ce n’est pas toujours facile…

Kinga Cichewicz

Novembre, ce n’est pas juste Movember, ses moustaches et nœuds papillons. C’est aussi le Mois de la sensibilisation à la maladie de Crohn et à la colite au Canada. Le Canada est un des pays ayant l’un des taux les plus élevés de cas au monde. Et ces deux maladies sont réellement contraignantes pour beaucoup de patients, voir débilitantes.

Pour la plupart des gens, voyager, faire un roadtrip, c’est agréable et simple. Pour quelqu’un qui souffre d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, ça peut devenir un véritable cauchemar et une grande source de stress. Parce que, voyez-vous, l’accès aux toilettes n’est pas considéré comme un droit fondamental. Et quand tu souffres de ce type de maladie, savoir que tu ne pourras pas trouver facilement une toilette, c’est incommodant.

Vous me direz que ce n’est pas un sujet réjouissant mais c’est la réalité de plus de 250 000 canadiens et on n’en parle jamais, justement parce que ça n’a rien de drôle ni d’instagrammable. Je parle fréquemment de santé sur ce blogue, souvent de manière à provoquer un peu le changement chez les gens, leur donner le goût de se prendre en main. Et la raison est fort simple : le sport est mon médicament.

Pour la majorité des gens, il est possible de manger, de boire et de vaquer à leurs occupations sans se soucier de leur confort intestinal, sans se demander si un met causera une crise ou s’il y a une toilette à proximité. Jadis, je vivais ainsi, dans l’innocence et l’insouciance de mon état et des conséquences de mon alimentation. Malheureusement, la vie a décidé de mettre sur mon chemin une épreuve qui allait me suivre toute ma vie.

J’ai été très en colère à la suite de mon diagnostic car j’avais l’impression qu’on m’enlevait ma liberté et que je ne méritais pas cela. Du jour au lendemain, ce que je prenais pour de simples symptômes anodins trouvaient une explication et surtout, portaient un nom : la maladie de Crohn. Et tout à coup j’ai dû être connectée à mon corps en permanence, l’écouter, l’analyser, le calmer et tenter de le comprendre.

On prend tellement de trucs pour acquis et la santé est un des aspects les plus futiles à notre esprit jusqu’à ce que tout vacille. Soudainement, on comprend qu’on a un impact sur notre état mais surtout, qu’on peut perdre ce qu’on croyait permanent. Tout à coup, rien n’est simple et on doit changer, s’adapter, revoir ses priorités, ses principes et habitudes de vie. Pas par choix, mais par obligation.

Toutefois, je dirais que j’ai vu du positif dans tout cela. J’ai appris à cuisiner comme jamais, je me fais des recettes délicieuses qui ne m’incommodent pas et je n’ai plus le stress de me demander si ce que je mange passera sans douleur. Quand je vous dis qu’on prend pour acquis des trucs banals…

La vie avec une maladie inflammatoire, ça exige des ajustements mais j’ai tenté d’en faire quelque chose d’instructif. Tous n’ont pas l’opportunité, le temps ou l’énergie pour décortiquer leur vie comme je l’ai fait afin d’ajuster le moindre irritant. Et pour certains patients, la maladie est beaucoup plus avancée et incommodante.

Alors, je décide de soutenir Crohn et Colite Canada, l’organisme qui m’a fourni une quantité phénoménale d’informations et un soutien rassurant quand j’en avais le plus besoin. Mais surtout, je sensibilise dès que je le peux, pour faire comprendre aux gens la réalité de ces maladies et la complexité qui en découle.

Si une personne vous demande d’utiliser votre salle-de-bain, croyez-moi, elle a pilé sur son orgueil longtemps avant de se rendre là et a cherché bien malgré elle à s’organiser autrement. Ne la rejetez pas. Ouvrez-lui votre porte, que vous soyez une pharmacie, un restaurant ou un bureau. C’est primordial et ça devrait être un droit humain fondamental. Si vous avez envie de soutenir cette cause, je vous invite à passer à l’action par ici. Parce que chaque geste compte. Et celui-ci ne vous demande que quelques secondes et quelques clics. Tsé, facile de même! Merci!

 

Photo : Unsplash | Kinga Cichewicz

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