{"id":2638,"date":"2018-02-12T09:19:51","date_gmt":"2018-02-12T13:19:51","guid":{"rendered":"http:\/\/mestrouvailles.ca\/?p=2638"},"modified":"2018-02-12T09:21:28","modified_gmt":"2018-02-12T13:21:28","slug":"la-realite-qui-frappe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mestrouvailles.ca\/index.php\/2018\/02\/12\/la-realite-qui-frappe\/","title":{"rendered":"La r\u00e9alit\u00e9 qui frappe"},"content":{"rendered":"<p>Petit matin fig\u00e9 dans la glace, on se sent un peu coinc\u00e9. Mon r\u00e9veil s\u2019est fait au son des grattoirs qui tentaient de percer la couche \u00e9paisse de verglas accumul\u00e9 sur les voitures. Je pr\u00e9f\u00e8re cela au chant des d\u00e9neigeuses, c\u2019est un peu plus subtil, \u00e0 peine. En sortant de mes r\u00eaves, je n\u2019ai pu m\u2019emp\u00eacher de me dire\u00a0: d\u00e9j\u00e0 lundi.<\/p>\n<p>C\u2019est que la vie passe vite, les journ\u00e9es s\u2019\u00e9gr\u00e8nent \u00e0 une allure folle, les semaines s\u2019encha\u00eenent sans que je n\u2019aie le temps de les savourer. C\u2019est la fr\u00e9n\u00e9sie du d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, c\u2019est toujours ainsi. Les projets trouvent leur vitesse de croisi\u00e8re, on veut boucler le tout dans les temps alors on y va \u00e0 fond, pour \u00e9viter tout retard, pour se garder une marge de man\u0153uvre.<\/p>\n<p>Et, ce samedi, arm\u00e9e de mon \u00e9lan et de mon ent\u00eatement, je suis all\u00e9e courir. J\u2019avais une longue sortie au programme et j\u2019\u00e9tais bien convaincue d\u2019y arriver. Mais la vie, parfois, elle en d\u00e9cide autrement, elle nous met des b\u00e2tons dans les roues (ou dans les jambes, dans ce cas-ci). Je ne sais pas ce qu\u2019il y avait dans l\u2019air, si ma ville recevait une flop\u00e9e de visiteurs temporaires venus zieuter les maisons \u00e0 vendre ou si c\u2019est simplement dans l\u2019air du temps, mais j\u2019ai \u00e9vit\u00e9 de justesse 3 accidents.<\/p>\n<p>Voir quelqu\u2019un qui consacre clairement son attention \u00e0 son cellulaire plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la route (et les gens) qui se pr\u00e9sente devant lui, dans une ville calme o\u00f9 la vitesse est limit\u00e9e \u00e0 30 km\/h et qui a volontairement choisi d\u2019exclure les commerces pour n\u2019accueillir que 2 \u00e9coles sur son territoire interne, c\u2019est assez frustrant. Heureusement, une bonne \u00e9toile me suivait car ce jeune homme concentr\u00e9 sur son appareil n\u2019avait ni vu la coureuse sur la piste cyclable bordant la rue mais ni, non plus, le policier stationn\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Beaucoup de dollars en moins dans son compte de banque pour la Saint-Valentin je crois\u2026<\/p>\n<p>Comme m\u2019ont dit certaines personnes, ma s\u00e9curit\u00e9 passe avant mon entra\u00eenement. Et, cet hiver, avec tout ce froid, ce verglas, cette neige et ces temp\u00e9ratures extr\u00eames qui font rager l\u2019\u00e9quipe des services municipaux, je n\u2019ai d\u2019autre choix que de m\u2019adapter. Disons que \u00e7a travaille ma patience et ma cr\u00e9ativit\u00e9 pour compenser et de pas perdre ma motivation.<\/p>\n<p>Mais en lisant <a href=\"http:\/\/plus.lapresse.ca\/screens\/ffe9fb3b-f2fb-4329-bda8-df82f94ec613%7C_0.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019histoire de Samuel Archibald dans <em>La Presse+<\/em> ce samedi<\/a>, j\u2019ai v\u00e9cu le cas classique du \u00ab\u00a0quand on se compare, on se console\u00a0\u00bb. Son r\u00e9cit poignant et d\u00e9solant r\u00e9v\u00e8le \u00e0 quel point notre vie est format\u00e9e et doit entrer dans les cases du syst\u00e8me, sans quoi, on est puni, p\u00e9nalis\u00e9, mis de c\u00f4t\u00e9. Je vous invite \u00e0 lire son cri du c\u0153ur pour en comprendre toute la profondeur et la souffrance qui en \u00e9mane. Et, si le c\u0153ur vous en dit, <a href=\"http:\/\/plus.lapresse.ca\/screens\/b94a738f-9192-40cb-b102-958ab177f66d%7C_0.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Patrick Lagac\u00e9 y consacre sa chronique<\/a> aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Je trouve cela tr\u00e8s p\u00e9nible de constater qu\u2019on doit constamment se battre pour \u00eatre respect\u00e9, obtenir son d\u00fb, demeurer en s\u00e9curit\u00e9 et recevoir les services pour lesquels on paie pendant des ann\u00e9es. Que ce soit au niveau de la sant\u00e9, de l\u2019\u00e9ducation ou de l\u2019\u00e9conomie, qu\u2019on parle de services priv\u00e9s ou publics, il me semble qu\u2019on est mode de combat perp\u00e9tuel, toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt du dernier abus, de la derni\u00e8re tentative de subversion.<\/p>\n<p>\u00c0 force de nous pousser \u00e0 bout, les compagnies, les gouvernements, les concitoyens finiront par nous faire exploser. Et ce ne sera pas beau\u2026 J\u2019en connais d\u00e9j\u00e0 quelques-uns qui ont choisi de sortir du syst\u00e8me, des autosuffisants qui en ont eu marre d\u2019avoir l\u2019impression de devoir qu\u00eater leur part du g\u00e2teau. Le capitalisme les usait et ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se choisir.<\/p>\n<p>Je pense \u00e0 ce cher Samuel qui, malgr\u00e9 son \u00e9tat mental affect\u00e9, a trouv\u00e9 la force d\u2019\u00e9crire ce t\u00e9moignage. Mais je pense aussi \u00e0 tous ceux qui n\u2019ont pas le talent de cet auteur pour crier leur d\u00e9sarroi. Qu\u2019arrive-t-il quand on n\u2019a ni les moyens de se battre, ni les moyens de se faire entendre? Il en d\u00e9coule des drames humains sans nom, qui se d\u00e9roulent dans l\u2019anonymat le plus crasse. Et \u00e7a, dans notre monde au visage parfait, \u00e7a fait tache et on pr\u00e9f\u00e8re ne pas le voir. Mais \u00e7a existe, r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Alors, apr\u00e8s le \u00ab\u00a0Bell cause pour la cause\u00a0\u00bb, est-ce qu\u2019on peut vraiment en causer, pour vrai?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Photo : Unsplash |\u00a0Joshua K. Jackson<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit matin fig\u00e9 dans la glace, on se sent un peu coinc\u00e9. 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