Le marathon des écoliers

École

En ce lundi matin de rentrée scolaire officielle, je lisais la chronique de François Cardinal dans La Presse+ et j’ai été désolée de la nature humaine. Notre cher chroniqueur relatait des incidents constatés et appuyés par une étude du CAA : les parents ne sont pas du tout prudent aux abords des écoles. Certains manœuvrent de façon dangereuse, d’autres font fi des panneaux et signaux exigeant vigilance et arrêt et plusieurs semblent croire qu’une fois leur propre progéniture en sécurité, le reste importe peu…

Et cela revient à un sujet que j’aborde depuis un certain temps sur mon blogue : l’empressement généralisé et cette impression de courir après notre vie. On se lève de plus en plus tôt, on est multitâche à outrance, on veut pouvoir se tenir en forme, bien manger, voyager le plus possible, avoir des enfants parfaits qui parlent 3 langues et sont bons autant dans le sport qu’en littérature et avoir une retraite bien assurée… Mais tout cela provoque une mise sous tension, une pression permanente sur chacun pour avoir se sacré modèle de bonheur qui vient de je ne sais où, comme si sans cet ensemble de requis, notre vie était ratée. Mais parfois on s’arrête, et on réalise qu’en cherchant à acquérir tout cela, on passe à côté de notre vie, on met tellement d’emphase sur l’avoir qu’on en oublie l’être. Être présent, voir ses enfants grandir, sentir le parfum de nos fleurs, ressentir l’amour de notre entourage…

Et si un matin, au lieu d’à peine arrêter le véhicule pour que bambin arrive à l’école sain et sauf, on prenait le temps de marcher quelques pas avec lui, en se tenant par la main, en profitant du petit matin, en amenant avec nous un caillou que l’on pousse avec nos pieds comme on le faisait si bien quand nous étions nous-mêmes petits? Et si l’on arrivait quelques minutes plus tard au bureau? Et si on prenait le temps de regarder quelques minutes les enfants jouer dans la cour d’école, notre café à la main, en discutant avec les autres parents au lieu de penser à tous les meetings de la journée?

Je sais, je dis tout cela sans même avoir d’enfant… Mais je vois, j’observe et je suis dans le même rythme effréné que vous, parents  occupés, à courir après l’équilibre. J’habite à quelques mètres d’une école primaire et ayant eu la joie de travailler de la maison pendant quelques mois, je m’ennuie de ces petits cris d’enfants, fébriles et excités le matin de retrouver leurs camarades de classe. Et je me souviens d’ailleurs de voir des parents si pressés qu’ils bousculaient le brigadier pour que leur enfant traverse et qu’ils puissent eux quitter en vitesse, pour courir après leur vie… Triste réalité parfois qu’est la nôtre!

Mais j’ai espoir que nous soyons de plus en plus conscients de ce paradigme boiteux qui ne remplit par sa promesse du bonheur. Car depuis le temps, avouons-le, nous aurions dû être vachement heureux si ce modèle était si parfait, non? Alors puisons au fond de nous pour retrouver l’essence de l’harmonie et la solidité pour repousser cette pression du presque-parfait. J’ai confiance que nous y arriverons…

Sur ce, je vous souhaite une très belle semaine, chaude et estivale. Profitez-en bien, savourez chaque moment avec sourire et prenez le temps de respirer, ça replace toujours les idées J

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