Posts published on "février 2018"

Après l’orage

Dev Benjamin

Je ne sais pas si vous avez suivi le périple intérieur d’Éliane Gagnon, cette jeune comédienne qui, il y a environ un an, révélait son alcoolisme et sa descente aux enfers. Un récit touchant qu’elle a osé partager avec nous pour nous faire comprendre que l’alcool, ce n’est pas juste le fun ni festif, ça peut aussi être destructeur et rendre malade. Elle a publié hier, dans le cadre du Défi 28 jours, une nouvelle tranche de sa vie, 2 ans après sa prise de conscience. Je vous invite à lire ce texte ici.

J’apprécie grandement les gens humbles qui osent s’ouvrir et se mettre à nu ainsi dans le but de faire changer les choses, de faire réfléchir et tenter, par leur expérience, d’éviter à d’autres la souffrance qu’ils ont vécue. Il n’y a rien comme un témoignage poignant pour semer dans nos têtes des questionnements et des doutes, et pour nous fouetter un peu. Non, tous ne sortiront pas de cette lecture en cherchant de l’aide à tout prix, avec un constat d’alcoolisme. Mais réfléchir à sa consommation, ça peut juste être sain dans la vie. Et ce qui nous paraît normal devient tout à coup moins drôle…

Car on a tous dans notre entourage des party animals, des gens pour qui la fête est un mode de vie, qui sont toujours prêts à festoyer, à poper du champagne. Mais, derrière le masque festif peut se cacher un grand vide à combler. Je ne dis pas que c’est systématiquement le cas, mais ça peut l’être. Et je le sais car j’ai déjà noyé mon malheur dans l’alcool, j’ai déjà anesthésié mon cerveau pour ne pas ressentir mon mal-être. C’est dur à avouer, c’est douloureux à constater. Mais ça prend une prise de conscience pour réaliser qu’on ne va pas bien et que la bouteille n’est pas notre alliée.

Quand j’ai lu la première révélation d’Éliane Gagnon, je suis tombée de haut. Cette belle jeune femme, adulée des jeunes, avec une belle carrière florissante devant elle, une image forte et magnétique se révélait être brisée à l’intérieur. Comme je l’avais été moi aussi. Mais elle, elle avait des caméras devant elle, elle était connue et elle devait jouer une game pour laisser croire que tout allait bien. Et je me suis sentie quand même chanceuse de ne pas avoir eu sur moi ce regard permanent, d’avoir pu soigner mes plaies en toute intimité.

À travers son récit, j’ai senti toute l’humanité et l’humilité d’une jeune âme fragile qui veut s’en sortir, qui veut remonter à la surface et nous offrir le meilleur d’elle-même, de son vrai moi. Quand j’ai lu, hier, sa lettre ouverte, j’étais très touchée de voir à quel point elle a évolué, elle a grandi, elle a atteint une maturité que beaucoup ne trouveront jamais dans leur vie. L’espoir qu’elle a entretenu d’être heureuse, bien avec elle-même, sobre et sans artifice, s’est concrétisé dans sa vie douce et saine.

Ça vient toujours me chercher ce genre de récit, d’histoire vraie, d’expérience partagée car ce n’est pas un scénario, des acteurs qui entrent dans leur personnage, des décors et un réalisateur qui choisit de placer untel là ou là. C’est la vraie vie, le vrai parcours de quelqu’un qui s’est enfargé dans beaucoup trop d’obstacles mais qui, au bout d’un certain temps, retrouve son chemin, choisit sa route et avance, avec le sourire, sous les rayons du soleil.

Car oui, après des passages à vide, après des moments durs, il y a du beau, il y a de la lumière, il y a de l’amour. L’amour de soi, assez fort pour nous reconstruire quand on a perdu des morceaux en cours de route. L’amour des autres qui nous recrinque quand on n’a plus l’énergie d’avancer. Et l’amour de la vie, cette aventure incroyable qu’on vit tous, à notre façon, avec nos couleurs, nos valeurs et nos choix. Après l’orage, le soleil revient toujours.

P.S. Elle a fondé la plateforme Soberlab pour diffuser son message et regrouper les acteurs du changement!

 

Photo : Unsplash | Dev Benjamin

Le besoin de rêver

Alexis Fauvet

On entend beaucoup de nouvelles à saveur électoraliste ces temps-ci, sorte de passage obligé ou de grande mascarade prévisible quand la date butoir approche. Pendant des mois, on se fait serrer la ceinture et balancer des discours vides et égocentriques pour que, tout à coup, on devienne la prunelle des yeux de ces orateurs. Ce billet n’est pas à saveur partisane, mais fait plutôt office de réflexion sur nos processus politiques, notre manière de s’intéresser, ou pas, à ce que nos dirigeants décident, dictent et implantent.

Peu importe la couleur du parti, la recette est sensiblement la même. Pendant des mois, on nous chante la pomme, on nous séduit à grands coups de projets majeurs, d’initiatives alléchantes et d’idées fortes. On veut marquer les esprits, laisser son empreinte et tenter de sortir du lot. Mais une fois l’élection passée, le couperet tombé, l’équipe en place prend ses aises et fait à sa tête. Pourquoi? Parce qu’une fois la date fatidique passée, les citoyens s’intéressent souvent trop peu à ce qui se dessinent en haut de la pyramide.

Suis-je cynique ou défaitiste? J’aimerais bien… Mais j’ai plutôt tendance à croire que je suis réaliste à voir et à lire tout ce qui se passe ces derniers temps. J’ai longtemps cru que c’était dans notre communauté qu’on pouvait agir, avoir un impact, s’investir pour vrai. Que dans notre municipalité ou un groupe restreint réuni par un intérêt commun, il paraissait plus simple de faire bouger les choses.

Mais le problème, c’est que les budgets sont gérés là-haut, dans cette haute sphère inatteignable et mystifiée. Et si quelqu’un décide que les services X ou Y ne sont plus la priorité, ça en est fini pour eux… C’est ce qu’on a pu tristement constater avec l’éducation et la santé. Beaucoup d’organismes et de services sont passés dans le tordeur de « l’austérité » qui, aux yeux de certaines personnes, était cruciale pour rétablir l’ordre. Mais, pendant ce temps, on a sacrifié une génération de jeunes et laissé dans la misère des gens malades.

Je ne veux pas dire à quiconque ce qu’il doit faire ni pour qui voter dans l’urne cet automne mais j’aimerais simplement, qu’au lieu de se baser sur trois articles de journaux et deux entrevues à la télé, chaque citoyen commence par faire un petit examen de conscience, se pose des questions sur ses valeurs et sa vision du monde. À quoi aspire-t-on en tant que citoyen et électeur? Qu’est-ce qui nous semble être prioritaire, juste, équitable et apportant plus de valeur dans la vie des gens?

Comment veut-on imaginer le Québec de demain? Quelle teinte veut-on lui donner, quelles racines espère-t-on qu’il développe? Et si, au lieu de penser en mode opérationnel, on passait en mode projet, en mode espoir, en mode vision et stratégie? Au lieu de tenter d’équilibrer un budget à tout prix, si on se mettait à rêver un peu de ce que notre Québec pourrait être dans 10, 15, voire 20 ans. Sortir du carcan du mandat de 4 ans pour voir au-delà des élections…

Quand je regarde les politiciens en ce moment, je me reconnais peu car j’ai l’impression qu’ils sont contaminés, entachés d’égocentrisme et de soif de pouvoir. Ce n’est plus le bien commun qui prime mais l’avancement personnel, la reconnaissance absolue. Et on sait pertinemment que quelqu’un qui pense à lui d’abord n’amènera jamais le groupe à bon port. Il sautera en dehors de la barque au moindre coup de vent qui l’effraiera au lieu de s’allier aux autres pour ramer dans la tempête. On a besoin d’être inspiré et de se sentir impliqué dans ce qui se décide. Suis-je la seule à rêver d’un monde meilleur?

 

Photo : Unsplash | Alexis Fauvet

Le bonheur est contagieux

Erick Tang

On l’oublie parfois, mais il n’y a pas que les virus qui sont contagieux : le bonheur l’est aussi. Je sais, les grincheux me diront que ce n’est pas toujours facile, qu’ils nous arrivent parfois des catastrophes et qu’on a le droit de râler quand ça arrive, qu’il y a des gens plus chanceux que d’autres… Bref, il est commode de se plaindre et de s’apitoyer sur son sort. Et, oui, on a tous des journées, des semaines et même parfois des années de merde. Mais est-ce que ça nous oblige à se focaliser uniquement sur ce qui va mal? Non!

Je me souviens d’une journée, il y a 2 ou 3 ans, qui avait été particulièrement pénible. Le genre de journée où tu as envie de tout sacrer là et d’aller te réfugier dans le fond d’une hutte au milieu d’une forêt du Costa Rica. Mais, comme à tous les jours, je conduisais mon véhicule sur le chemin du retour, dans un bouchon interminable, à l’image de ma journée. Et j’ai écouté en boucle la chanson de Lisa Leblanc : Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde. Je chantais les paroles à tue-tête pour expulser la frustration accumulée depuis le matin.

Et après plusieurs reprises de ce manège, j’ai été prise d’un fou rire monumental. Car, j’ai réalisé que malgré les mauvaises nouvelles et problèmes qui avaient pollués ma journée, le bon côté, c’est qu’une fois chez-moi, je n’avais plus à me soucier de tout cela et que je pouvais, consciemment, faire le choix de ne pas me laisser envahir par tout ce négatif. Alors, j’ai changé complètement d’humeur et d’ambiance en mettant, toujours à fond, la Compagnie Créole. Et « Ça fait rire les oiseaux » a teinté le reste de mon trajet…

Ce n’est pas toujours facile de faire ce genre de 180 degrés mental mais c’est possible. Et la raison principale pour laquelle je suis plus apte à le faire aujourd’hui comparativement à avant, c’est que je fréquente des gens positifs, enjoués et amoureux de la vie. Que je pense à mes amis, à mon entraîneure ou même à ma vétérinaire adorée, j’attire maintenant des personnes différentes qui choisissent de voir la vie du bon côté. Et, du même coup, je m’éloigne de ce que j’appelle gentiment les pollueurs d’humeur.

La joie, le bonheur, le sourire, l’optimisme et la chance, tout ça, c’est contagieux. Si vous côtoyer majoritairement des gens joyeux, il y a de fortes chances que le moindre coup dur vous paraisse moins pire que si vous traînez votre troupeau de bougons dans votre vie. Vous savez, ceux qui vous remâchent toujours la même rengaine, qui semblent être victimes de la vie, ceux qui EUX ont toujours les PIRES histoires, qui ont vécu des moments BEAUCOUP plus durs que tout le monde… Juste d’y penser, je me gratte…

Bref, on ne peut sans doute pas éviter les difficultés dans la vie mais on peut choisir comment on y fait face et avec qui. Fréquenter des gens heureux, ça a plus de chance de vous aider à affronter les affres de la vie, que tout le monde doit braver, soit dit en passant… Tout le monde vit des hauts et des bas, c’est simplement la manière d’aborder le tout qui change et qui déterminera notre caractère.

L’hiver tire à sa fin alors, pour la plupart, la saison morne se termine du même coup. Mais, malgré cela, certains trouveront le moyen de pester contre un autre sujet que la météo. Je vous invite à y réfléchir et à tenter de ne pas vous laisser influencer par le discours triste des schtroumpfs grognons. Et, si comme moi vous absorbez facilement les énergies, négatives comme positives, éloignez-vous des sources nocives. Ça peut sembler radical mais la vie est trop courte pour endurer ceux qui ont choisi de voir tout en noir et qui vous tire ainsi vers le bas.

Choisir, c’est un verbe d’action. Et on peut avoir un impact sur notre vie en choisissant ceux qu’on laisse entrer dans celle-ci. C’est un privilège de vous côtoyer et non un droit. Vous pouvez en tout temps changer d’idée, vous ajuster et décider qu’à partir de maintenant, vous préférez danser sous la pluie en souriant plutôt que de rester à l’intérieur à la regarder en vous plaignant. On m’a toujours dit que je pouvais faire ce que je voulais de ma vie, et aujourd’hui, je préfère rire de tout que de pleurer pour rien…

 

Photo : Unsplash | Erick Tang

Voir toute la beauté du monde

Myles Tan

Il m’arrive parfois, un matin, de me réveiller et d’avoir une envie folle de grimper dans mon véhicule pour aller parcourir des routes inconnues. Pas que ma vie soit plate ou pénible, je crois que c’est simplement un besoin de liberté, un désir de m’évader et de m’éloigner du quotidien. Ça vous arrive, vous aussi? Je n’irais même pas à l’autre bout du monde sur une île déserte, simplement à quelques dizaines de kilomètres. Et ça pourrait aussi se faire en train, ou en bateau. Peu importe le moyen de locomotion et la destination, c’est la route, la nouveauté et le sentiment d’exaltation qui comptent.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été comme ça. Et plus jeune, j’avais la bougeotte assez pour changer de logement à chaque année. Mes amis me trouvaient un brin intense et j’avais développé un art très maîtrisé pour mettre mes précieux avoirs dans des cartons en moins de vingt-quatre heures. À cette époque, par contre, ça représentait plus une fuite qu’une activité. Quand mes angoisses se faisaient trop envahissantes, je remballais tout et allait voir ailleurs si j’y étais.

Mais j’ai compris dernièrement que cette envie folle d’explorer et de me sortir de ma zone faisait partie de moi, malgré ces années de thérapie et cette zénitude acquise. Ce n’est pas parce que je suis plus enracinée que je désire pour autant restée ancrée dans mon petit lopin de terre en permanence. C’est d’ailleurs ce qui fait de moi une bonne consultante, j’aime défricher, aborder de nouveaux mandats, relever de nouveaux défis. Dans ma vie personnelle, j’ai aussi besoin de ma dose de fraîcheur.

J’ai mes repères, mes personnes-clés, mes grands classiques, autant culinaires que musicaux. Mais par moment, je m’éloigne de tout cela pour mieux les apprécier. J’aime butiner dans d’autres talles, m’émerveiller d’un nouveau paysage, changer d’angle de vue. Et la seule différence, c’est qu’aujourd’hui je m’assume totalement. Tout comme sur ce blogue, je passe d’un sujet à l’autre sans grande ligne directrice, sans stratégie éditoriale. Cette liberté me convient pleinement.

Quand j’ai parlé de cela à quelqu’un dernièrement, j’ai senti en cette personne monter cette fameuse anxiété qui, moi aussi, me déroutait à une certaine époque. Cette peur du vide et du flou, ce rejet absolu du danger potentiel que peut apporter l’inconnu. Et, je m’entends encore lui dire : tu sais, moi aussi j’ai déjà ressenti cela. Ça m’a fait un bien fou de constater tout ce chemin parcouru et de me sentir enfin totalement libre de mes chaînes.

C’est au contact des autres qu’on constate et prend la mesure de qui on est devenu. Que ce soit des concitoyens bien de chez-nous ou des locaux dans une contrée lointaine avec qui on peinent à communiquer faute de langage commun, c’est dans cette relation humaine qu’on parvient à mieux définir qui l’on est. Et l’acceptation de soi est un passage obligé pour une plus grande plénitude.

Explorer, découvrir, se confronter pour voir ce qui résonne en nous, ce sont des passages révélateurs, des enseignements utiles et des leçons de vie franchement agréables. Des fois, on en ressort grandi, d’autres fois meurtri mais peu importe la conclusion, c’est ce que ça laisse en nous qu’on doit apprendre à aimer. Quand on frappe un mur, ça peut faire mal mais on sait maintenant qu’il y a un mur, à cette distance, de cette ampleur. Sans ce choc, on ne l’aurait jamais su et cet apprentissage serait survenu, tôt ou tard. C’est comme une étape franchie.

Quand on part explorer le monde, pour une heure, une semaine, un mois ou une année, on prend le risque de se perdre mais surtout de découvrir toute la beauté du monde qui nous était jusque-là inconnue. Comme l’expression le dit, le risque en vaut la chandelle car on sait qu’il y a beaucoup plus de beau que de laid dans le monde. Et j’ai tendance à penser que tout dépend aussi des yeux que l’on choisit de porter sur ce monde, ceux de la bienveillance ou de la méfiance, des yeux ouverts ou des yeux fermés… Mais je vous garantis que, quand on les ouvre bien grands, le plus grand risque c’est que sa beauté nous atteigne, jusqu’au cœur.

 

Photo : Unsplash | Myles Tan

Tous ces pourquoi

Ken Treloar

22 Février : plus de 22 jours de sobriété. Je l’ai mentionné déjà, je me suis embarquée dans le Défi 28 jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe. Et on me demande parfois comment ça se passe alors je me suis dit que je ferais un petit compte-rendu de mon expérience. Puisque plusieurs m’ont dit qu’ils n’auraient pas été capables de le faire et d’autres qui ne comprenaient pas les raisons de se mettre à l’épreuve de cette façon, je vais tenter de faire le tour de la question, sous mon angle à moi.

Premièrement, chacun a ses propres raisons, très personnelles, de s’embarquer dans cette aventure. Et non, on n’a pas besoin d’être alcoolique pour juger bon de se priver de bière, vin et alcool en tout genre pendant un mois. On peut le faire pour se faire du bien, physiquement et moralement, pour constater la place de l’alcool dans sa vie, pour se tester, pour supporter des gens de notre entourage qui sont en sevrage, pour montrer à notre amie enceinte qu’on est avec elle (provisoirement), pour des raisons économiques ou idéologiques… Bref, tous ces fondements me paraissent valables pour le faire.

Pour ma part, je le fais à chaque année depuis un certain temps et je dirais que c’est autant pour ma santé que pour m’apporter une réflexion sur l’importance que l’accorde à l’alcool. Comprendre les réflexes, comprendre pourquoi je bois. Quand je regarde la télé, je constate qu’on voit très souvent des acteurs prendre un verre après une longue journée, qu’on assiste devant notre petit écran à des fêtes d’amis bien arrosées et à plusieurs situations où l’alcool semble être tout à fait approprié. Et j’en suis venue à me dire qu’on glorifie peut-être un peu trop l’alcool qui, à la base, a des impacts souvent négatifs sur la santé de ses consommateurs.

J’avais donc envie de me défier, de voir à quel point ce changement dans mes habitudes serait pénible. Et jusqu’à maintenant, je n’ai eu que quelques petites pensées, soudaines et courtes, pour un verre. Et c’est tout à fait normal puisque certaines habitudes s’étaient incrustées dans ma vie, surtout les fameux « vindredis ». Mais je réalise que ma vie n’est pas plus plate sans alcool, que mon sommeil me procure plus de détente et que mes performances à la course reflètent cette sobriété forcée.

Je n’ai pas fait exprès non plus de me mettre dans des situations à risque : peu de sorties sociales ou de fêtes où l’alcool coule à flot et la tentation se fait constante. Et même ça, j’ai réalisé que c’est par habitude que j’y participe, pour voir du monde, pour côtoyer mes amis. Mais est-ce que l’alcool est obligatoire dans ces moments? Pas du tout! Et, avec la quantité grandissante de « mocktails » qui sont apparus dans les bars et restaurants, ça aide à ne pas se sentir plate avec son banal verre d’eau. (Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des cocktails sans alcool, l’équivalent du virgin.)

Donc, c’est sans trop d’efforts ou de sentiment de privation que j’avance dans ce défi, ressentant les bienfaits de cette abstinence. On m’a aussi demandé si j’avais l’intention de demeurée sobre longtemps. Et je me suis moi-même posée la question durant quelques jours, pesant le pour et le contre de cet état. J’en ai conclu que j’aime savourer un bon vin nature malgré certains effets indésirables sur ma santé. Ayant fait le choix de ne consommer que des vins bios depuis longtemps, j’ai déjà pris une tangente qui aide mon corps à mieux gérer la substance.

Mais je n’ai pas envie de me priver totalement et c’est pleinement assumé. Par contre, boire pour boire, ça risque moins de m’arriver. Car je réalise que le plaisir momentané ne vaut pas le contre-coup qui dure plusieurs jours. Au fond, je désire garder l’alcool comme un petit luxe au lieu d’un produit de consommation standard et régulier.

Après plusieurs années à relever ce défi sans difficulté, je me dis sincèrement que j’en suis à l’étape de la consommation responsable, consciente et avec modération. Et, je considère ça beau d’évoluer et de pouvoir avoir ce genre de réflexion saine. J’invite tout le monde, participant au défi ou pas, à simplement se demander, avant d’ouvrir une bouteille de vin ou de déboucher une bière : pourquoi je bois?

 

Photo : Unsplash | Ken Treloar