Accepter ses petits défauts

Être heureux

Quand on parle d’imperfections, on pense à prime abord à nos défauts physiques, à ces parties de nous que l’on préfère cacher. Ou encore à ces traits de notre caractère qui nous font parfois réagir plus qu’on ne le voudrait. Et on a parfois l’impression que nous sommes pires que les autres, qu’on a plus de petits travers, qu’on devrait tellement travailler sur nous pour s’améliorer… Mais ce qu’on ne réalise souvent pas c’est qu’on est tous ainsi, on croit tous être pire que les autres, que le jardin du voisin est tellement mieux. À force de se comparer on finit par ne plus être en mesure d’apprécier et de voir nos qualités. On n’est même plus au stade de voir le verre à moitié vide ou plein, on ne voit que les petits défauts du foutu verre!

À force de discuter avec les gens, je réalise à quel point on est exigeant avec soi-même. Oui, on se fait bombarder d’images de corps parfait, de famille parfaite, de maison parfaite… Mais on se laisse imprégner de tout cela, on se laisse influencer sans réfléchir. Et au fond de nous, on sait pertinemment que ce n’est pas tout cela qui nous rendra plus heureux. Il y aura toujours quelque chose qui viendra ternir le portrait parfait à nos yeux car on porte notre attention sur ce qui détonne de notre modèle. Mais c’est justement ce modèle qu’on nous à forcer d’adhérer qui fait défaut, qui jure avec la vie!

Il y a bien quelques exemples inspirants de gens qui ont pris la décision de sortir du modèle rigide pour s’accepter tel quel, pour vivre en marge de la société de consommation surfaite qui remplit nos marges de crédit. Mais ceux que je connais ont souvent l’impression d’avoir à se justifier constamment et je présume que cela peut devenir un peu pénible. Et encore là… A-t-on besoin d’aller dans les extrêmes? N’y aurait-il pas un juste milieu où des moments de folie viennent teinter une vie plus assumée?

Personnellement, je sais pertinemment que je ne serais pas plus heureuse après un lifting ou de faux seins… Mais je réalise que je suis entourée et bombardée d’image de corps parfait qui constamment me rappelle que Photoshop fait des miracles et que même si je travaillais dans un gym et faisais un bac en nutrition, je n’y arriverais probablement jamais. Car j’aime manger, boire et profiter de la vie. Et que vivre dans la privation extrême me donnerait peut-être un corps à rendre jalouse bien des femmes mais ma tête elle souffrirait d’un ennui mortel. Savourer un bon bordeaux, déguster une tarte à la lime et me prélasser au soleil font partie de mon équilibre. Je suis pleinement consciente que je devrai vivre avec les « conséquences » de ces écarts mais justement… on considère le tout comme des écarts car le « modèle » nous dicte de se nourrir de salade (bio) et de faire du sport dès que l’occasion se présente.

Si je devais arriver à 70 ans avec un corps impeccable en m’étant privée toute ma vie, je suis persuadée que je regretterais de ne pas avoir profité au maximum de ces belles années. Regarder au-delà des imperfections… Dans mon esprit, ça sonne comme un lâcher-prise, sain et senti. Et dans cette réflexion se greffe la connaissance de soi. Car quand on se connaît, on comprend mieux ce qui nous rend réellement heureux, ce qui résonne en soi et qui nous donne ce sourire contagieux. 🙂

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