Un modèle différent, ça vous dit?

Oscar Nilsson

Il y a des matins, comme aujourd’hui, où j’aimerais beaucoup travailler de la maison. Me lever un peu plus tard afin de rattraper le sommeil qu’un système d’alarme de voiture, déclenché en pleine nuit, m’a volé… Prendre le temps de savourer le silence matinal, un latté bien chaud en main… Pouvoir lire tranquillement les nouvelles, blottie dans mon canapé, mon chat ronronnant à mes côtés…

J’ai déjà goûté à ce bonheur donc mes repères sont bien réels, bien sentis. Malheureusement, je constate avec tristesse que peu d’employeurs ou de clients ont saisi la valeur du télétravail. Lorsque j’avais ce privilège, j’étais beaucoup plus productive, n’étant pas interrompue régulièrement et ayant la possibilité de me concentrer pleinement sur mes analyses, dans un environnement qui me ressemble et qui reflète ma personnalité.

Être dans ma demeure représente pour moi une source d’inspiration. J’ai la chance d’avoir mon bureau au 2e étage de ma maison, avec une vue sur le parc et le rire des enfants de l’école primaire tout près lors de la récréation. Que demander de plus comme environnement? Souvent, je ne vois pas le temps passer quand je m’affaire à la tâche dans cette pièce lumineuse et tempérée.

J’aime mon travail, j’adore ce que je fais. Mais j’apprécie particulièrement pouvoir le faire dans mon domicile. Honnêtement, je suis dans le numérique, dans le « virtuel », donc peu importe où je suis, le travail est le même. J’apprécie de côtoyer mes collègues et des rencontres physiques sont toujours nécessaires. Mais a-t-on réellement besoin d’être constamment présent au bureau? N’est-ce pas pour les employeurs un sentiment de contrôle?

Je lisais ce matin, dans La Presse+ Affaires, l’article sur cette avocate qui, après 2 accouchements, a réalisé que les conditions de travail « classiques » ne lui convenaient plus, ne correspondaient plus à sa réalité. Je suis entourée de gens qui me disent trouver très difficile la conciliation travail-famille. Cette dame a pris le taureau par les cornes et a fondé sa propre entreprise, afin de se créer des conditions gagnantes et moulées à sa réalité et d’en faire profiter ses employés. Et ça fonctionne à merveille!

Mais est-on obligé de créer une entreprise pour en arriver à ces conditions? Ne devrait-on pas en tant que société se donner les outils pour désengorger les routes et du même coup rendre les employés plus heureux? J’ai la forte impression qu’il y a derrière le phénomène du « ça ne peut pas s’appliquer à nous » que j’entends fréquemment, une certaine crainte de l’inconnu et une peur du changement. Faire confiance à ses employés, se baser sur le résultat et non sur la façon de faire les choses, ce ne sont pas des réflexes chez la plupart des gestionnaires.

J’ose espérer qu’avec la nouvelle génération de dirigeants, il y aura plus de modèles ouverts et flexibles. Sinon, on continuera de construire des routes et des immenses tours à bureaux, les gens devront se lever de plus en plus tôt pour « éviter » le trafic et par le fait même, déposer les enfants au service de garde pour une période encore plus longue… C’est vraiment cela que l’on veut pour notre société? Je ne crois pas…

Soyons créatifs, inventifs et ouverts d’esprit! Trouvons des modèles hybrides, des solutions différentes! En 2015, toutes les technologies sont là pour rester en contact avec collègues et clients malgré la distance. On doit seulement tenter l’expérience!

Alors, ça vous tente?

 

Photo : Unsplash | Oscar Nilsson

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