Parce qu’on n’est jamais sûr de rien…

Darrin Henein

Il y a de ces tragédies qui résonnent en nous, qui nous touchent plus que d’autres, qui viennent nous brasser le dedans. Des moments où on se questionne sérieusement sur la foi humaine, sur le sens des choses, sur la vie, sa valeur, son appréciation et surtout au fait qu’on la considère tellement trop comme acquise.

Je ne connaissais pas M. Lapierre, ni quiconque de sa famille d’ailleurs. Mais hier, en apprenant la nouvelle, c’est à sa mère que je pensais, qui, après avoir perdu son mari, perdait une partie de sa famille qui venait la rejoindre pour passer cette épreuve en solidarité. Je ne peux décrire à quel point j’ai de la compassion pour cette dame qui vient de vivre le pire cauchemar d’un parent et dans une dose inhumaine, affreuse et incompréhensible.

L’incompréhension, c’est un mot qui revient souvent depuis hier… Absurde, surréaliste… Le genre de drame qui ferait perdre la foi au plus grand des croyants, qui remet en question le fondement même des valeurs religieuses auxquelles nous avons été exposées. Comment cela peut-il arriver à des gens bons et généreux, qui aidaient les autres, qui étaient de bons citoyens? Déjà que personne ne mérite de souffrir mais là, c’est encore plus déroutant.

On sait tous qu’on partira un jour, c’est une des rares certitudes de la vie, celle qui fait qu’elle se terminera un jour. On ne sait pas quand, on ne sait pas comment mais un jour, à la fin du générique de notre vie il y aura le mot fin. Pourtant, on vit comme si c’était si loin, comme si on en avait pour très longtemps et que rien ne pouvait nous arriver. Les proches de la famille Lapierre ainsi que celles des pilotes savent aujourd’hui que la vie ne tient qu’à un fil.

On repousse à plus tard nos projets, on tarde à appeler nos proches pour leur dire qu’on les aime, on procrastine, on tergiverse… Et pourtant, on devrait prendre le taureau par les cornes et mordre à pleines dents dans la vie, dans chaque minute qui nous est donnée. Chaque moment devrait être célébré, chaque rencontre soulignée et chaque bonheur savouré… Et pourtant… On avance sans se rendre compte de la chance qu’on a.

Malheureusement, ça prend ce genre de catastrophe pour qu’on réalise la fragilité de la vie. Et dans quelques semaines, on aura repris notre petite vie, le quotidien et la routine auront repris le dessus et on reprendra nos vilaines habitudes. Comme quand on revient de voyage et qu’on se promet de prendre plus de temps pour soi, comme quand on a repris le sport et qu’on se dit que maintenant c’est la bonne… C’est si facile d’être lâche.

Mais aujourd’hui, au nom de ces victimes, on peut se dire que des moments de recueillement, de fraternité et d’amour sont de mises. Mettons sur pause nos petites habitudes, nos obligations et nos listes de choses à faire. Regardons dans les yeux les gens qui nous entourent, ceux qu’on aime, ceux qu’on ne connaît pas. Serrons dans nos bras nos amis et notre famille, soyons là, totalement présents. Car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve…

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