Je vais bien

Elke Karin Lugert

Hier, je suis allée dans un endroit magnifique que j’adore et qui me procure bien-être et sérénité. Un parc régional simple sans chichis qui offre des sentiers faciles mais surtout un lieu de paix et qui permet de prendre contact avec la nature dès les premiers pas. J’y rejoignais mon amie Janie, une belle maman qui est dans ma vie depuis quelques années et qui a accueilli sa première fille dans sa ligne de garçon.

Pouvoir profiter de beaux moments comme celui-ci amène un sentiment de paix intérieure et de gratitude effervescent. Je remercie la vie d’être en mesure de le faire et je sais pertinemment que ce luxe que je me donne n’est pas possible pour tout le monde. J’ai travaillé fort pour y arriver et je savoure chaque minute de repos.

La question qu’on me pose le plus souvent est : quand recommences-tu à travailler? Et chaque fois je souris car ma réponse laisse souvent pantois : je ne sais pas et je ne veux pas le savoir. Je n’ai pas envie qu’on m’attende, je n’ai pas envie de m’engager, je veux sentir cette liberté aussi longtemps que possible, je veux choisir avec soin le nouveau mandat que j’accepterai mais surtout, je veux sentir que je suis bien avant de recommencer à travailler.

Je ne suis pas en burnout, ni en dépression, je ne fais ni mononucléose, ni une quelconque maladie. Je le dis car je sens parfois le jugement envers ma décision d’arrêter. Et je réalise à quel point ce n’est pas naturel de prendre un temps d’arrêt dans notre société surchargée et hyperactive.

J’aime ce rythme lent, à contre-courant, qui m’apaise et me fait réaliser à quel point je ne prenais pas soin de moi. Non pas que j’étais dans des abus excessifs ou dans une situation extrême mais l’effet de la lenteur et de l’horaire libre fait prendre conscience de toute la charge qu’on se met sur les épaules pour performer et tenir dans le moule sociétal imposé. Imposé par nous à la base, soit dit en passant. Car personne ne nous force en général, on s’y contraint car c’est ce qu’on nous a enseigné.

Dès un très jeune âge, on nous demande ce qu’on fera comme métier dans la vie, on montre aux jeunes filles à être belles, aux jeunes garçons à être forts, on nous met mille et un stéréotypes dans la tête, on nous dit que ça sera difficile quand on sera grand, d’en profiter pendant qu’on est jeune et libre.

Mais pourquoi est-ce qu’on s’inflige autant de stress et d’obligations? Pourquoi doit-on autant savoir ce qu’on veut faire de notre vie, s’investir corps et âme dans une carrière alors que ce n’est pas ce que nous sommes, ce n’est pas ce qui nous définit et qu’à l’adolescence on n’a absolument pas la maturité pour déterminer ce que sera le reste de notre vie? Il y a une certaine aberration dans cette façon de voir le monde à mes yeux…

Alors, rassurez-vous, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas ce que je ferai mais je suis totalement à l’aise avec ce fait et je l’assume pleinement. J’ai décidé d’emprunter une route différente, celle qui mène à l’intérieur de soi. Je me choisis, consciemment, et c’est à mes yeux le plus bel investissement que je peux faire de ma vie.

 

Photo : Unsplash | Elke Karin Lugert

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