Posts published on "octobre 2016"

Simple, non, mais belle, oui!

Roman Kraft

Ce matin, je lisais la belle Geneviève Pettersen qui s’exprimait sur le site de Châtelaine concernant la perversité du discours de Gwyneth Paltrow et de tout ce que le nouveau livre de la reine du bio a de faux. Titré Tout est simple, cette nouvelle bible de la vie saine et branchée renvoie une image totalement surfaite de la vie supposément facile.

Comme le soulève l’auteure de l’article, il y a quelque chose de purement vicieux derrière ce titre et cette philosophie. On tente de nous convaincre que c’est nous qui n’avons pas adopté le bon mode de vie et qu’en entrant dans le rang de l’actrice, nous gagnerons du temps et atteindrons le bonheur à tout prix.

Je ne sais pas pour vous mais moi, quand je vois une actrice à l’image travaillée qui doit avoir une équipe de 12 personnes derrière pour trouver le bon angle, ça ne me convainc pas sur la simplicité de la vie. Quand tu as les moyens de recommencer 850 fois ta recette pour trouver le meilleur dosage, quand tu as assez d’argent pour acheter une terre complète pour faire pousser tes légumes et te payer les plus grands spécialistes qui surveilleront ta culture bio, quand tu projettes une image de perfection absolue… Bref, quand tu t’appelles Gwyneth, à mes yeux tu n’as pas vraiment de crédibilité pour changer la vie des gens normaux.

Certains diront que je suis jalouse de sa réussite mais ce n’est pas du tout le cas. Je n’envie pas sa vie de rêve car je n’y serais tout simplement pas heureuse. Par contre, ce qui me dérange et que Geneviève Pettersen soulevait aussi, c’est le jugement pernicieux derrière l’image parfaite.

Déjà qu’on se met une pression folle pour réussir dans la vie, qu’on essaie de faire les bons choix, de bien se nourrir, de faire du sport et de ne pas trop tomber dans l’excès quand la vie dérape un peu, d’avoir cette belle blonde qui nous dit que tout est simple, c’est chiant.

Je suis la première à prôner les bonnes habitudes de vie et à dire qu’on est maître de son destin, qu’on peut tous décider de changer et qu’il faut se prendre en main dans la vie mais avec une vision à la hauteur de nos moyens et en fonction de notre réalité. Notre réalité de gens ordinaires qui ont leurs difficultés et un compte de banque qui n’est pas dans les 6 chiffres, mettons…

J’ai beaucoup de misère avec ce discours moraliste venant de gens riches, vous l’aurez compris. Car si Gwyneth avait gagné 30 000 $ par année et travaillait comme adjointe administrative avec un patron vulgaire, elle ne publierait pas des livres de ce genre. Elle n’aurait ni le temps et ni l’énergie de le faire. Et possiblement que certains soirs, elle ferait du Kraft Dinner à ses enfants parce qu’elle n’aurait pas eu le temps de passer à l’épicerie après une journée éreintante au boulot.

Et vous savez quoi? Ça serait ben correct tout ça. Parce ça, c’est la vraie vie, la vraie réalité de beaucoup de gens. Tant mieux, Gwyneth, si tu peux te nourrir de bio seulement et t’offrir le luxe de publier des livres beaux et léchés. Mais ce n’est pas la vraie vie tout ça et non la vraie vie, elle n’est pas simple. Elle est belle, elle est dure parfois, elle est heureuse par moment et surtout, elle est la nôtre et on l’aime comme elle est.

 

Photo : Unsplash | Roman Kraft

Apprendre à danser sous la pluie

Jordan Whitt

On répète souvent qu’il n’y a rien de plus constant que le changement et j’ai tendance à être assez d’accord avec ce principe bouddhiste. Et j’ajouterais que je suis plutôt du type à croire qu’un changement de soi est plus nécessaire et pertinent qu’un changement de situation. Ce dernier vient en général tout seul quand on entame une transformation intérieure.

Au fond, vivre, n’est-ce pas justement accueillir le changement? J’ai l’impression que ce qui nous cause bien des maux c’est la fameuse résistance au changement. Quand on s’accroche trop longtemps au passé, aux acquis, qu’on stagne dans notre zone de confort apeuré par l’inconnu et les soubresauts que la vie peut nous réserver parfois.

Avec le temps, j’ai découvert que c’est justement quand les choses bougent que je me suis sentie la plus vivante, la plus alerte et engagée dans ma vie. Quand j’ai cessé de dire : quand j’aurai ceci je serai heureuse ou l’année prochaine je ferai telle chose. Je me souviens d’un enseignant au secondaire qui m’avait dit : ce n’est pas d’une nouvelle année dont tu as besoin. Tu as juste besoin d’un lundi.

En d’autres termes, arrête de procrastiner et fonce! 😉

C’est tellement facile de se trouver des raisons, des défaites, des justifications pour ne pas amorcer un changement dans sa vie. Qu’il s’agisse d’un emploi, d’une relation ou d’une activité, le premier pas est souvent le plus déterminant. Ce moment quand on décide que c’est maintenant que ça se passe, qu’on ne revient plus en arrière. C’est épeurant avant et euphorisant après. Juste ces quelques secondes qui précèdent un saut dans le vide, le moment où l’on cesse de résister et qu’on s’ouvre.

Gandhi disait :

Sois le changement que tu veux voir dans le monde.

Je crois qu’on a tous la clé du changement à l’intérieur de nous. Parfois, on n’est simplement pas rendu à cette étape, on a besoin d’apprendre encore un peu avant de se lancer. Mais, on doit cesser de se mettre la tête dans le sable et de penser que tout tombera du ciel. Mieux vaut appliquer la technique des petits pas que de ne pas avancer, ou même pire, de reculer.

En fait, je pense que de ne pas avancer équivaut à reculer car pendant qu’on reste statique, le monde, lui, avance. Et si on refuse de bouger, on stagne dans le passé, on perpétue la roue qui ne nous rend pas heureux. Car on va se le dire, personne ne nous force à faire ce que l’on fait, à être ce que l’on est. Donc si on continue à répéter notre vie telle qu’elle est, on obtiendra toujours les mêmes résultats. Logique, non?

Il faut arrêter de glorifier le succès et dénigrer l’échec. Recommencer quelque chose autrement car on n’a pas réussi le premier coup, pour moi, ce n’est pas un échec car dans une expérience on apprend et on découvre de nouveaux outils pour s’améliorer. Les opportunités apparaissent souvent quand on ne s’y attend pas. Ne dit-on pas que qui ne tente rien n’a rien?

On a deux options en fait : être le changement ou réagir au changement. C’est à nous de choisir dans quel groupe on veut être. Je préfère agir sur mon propre changement, c’est de toute façon le seul réel pouvoir que j’ai. Et vous?

 

Photo : Unsplash | Jordan Whitt

Vivre vrai

William Iven

Vous souvenez-vous de ce qui vous faisait rêver quand vous étiez enfant? Quelle vision de la vie d’adulte aviez-vous? Que pensiez-vous des grandes personnes? Vos parents, vos oncles et tantes, les grands cousins et cousines? Aviez-vous l’impression que c’était loin tout ça, que vous aviez la vie devant vous?

Quand on est jeune, on rêve beaucoup, on va à l’école, innocemment, on se fait des amis, on joue… On a une vie d’insouciance et de découverte sans avoir un passé qu’on traîne avec soi. En fait, on était comme ça, à l’époque.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, j’ai l’impression que les jeunes perdent rapidement leur insouciance et leur liberté. Tout peut être croqué sur le vif et diffusé à un tas d’amis. Pour le bien ou pour le mal de la personne. Et l’opinion des autres, ils l’ont en plein visage. Ils peuvent se faire ridiculiser, dénigrer et intimidé en un seul clic. Et leur estime de soi tient à un like.

Est-ce qu’il y  encore de la place pour la créativité, pour les rêves, pour une certaine désinvolture ou si maintenant tout est calculé pour être diffusé sur le Net et populaire auprès des autres? J’ai bien peur que beaucoup de jeunes ne se rendent pas compte à quel point ils ne sont que l’ombre de leur profil Facebook.

À l’âge où l’opinion des autres importe autant, où notre image se définit bien souvent dans le regard des autres, je crains qu’on soit en train de détruire une génération complète. L’aspect égoïste et narcissique des réseaux sociaux, dont on est conscient à l’âge adulte mais pas vraiment à l’adolescence créera quel genre de citoyen, de parent et de travailleur?

Je n’ai aucun conseil à donner ni de référence mais j’ai envie qu’on se pose la question sur l’impact de cette spirale virtuelle sur l’attitude des jeunes d’aujourd’hui. L’importance accordée au nombre de like sur une photo partagée est extrêmement destructrice et peut mener à des problèmes très sérieux. Soyons-en conscients.

Quand je repense à mon enfance et mon adolescence, je me sens privilégiée d’avoir connu les relations vraies sans artifice virtuel. Quand on voulait voir quelqu’un, on l’appelait et on se donnait rendez-vous. Oui, on pouvait passer des heures au téléphone mais ça demeurait un cercle fermé, sans exposition de notre vie et de notre visage à tous.

Je ne tiendrai pas le discours que « c’était tellement mieux dans mon temps » car je ne crois pas qu’on puisse comparer tant il y a un monde qui sépare les deux. Mais je crois qu’il faut garder l’esprit ouvert et se questionner, rester vigilants. On ne sait pas de quoi sera fait le futur mais je crois que nous avons un devoir d’instaurer des règles sociales et de donner l’exemple.

Avoir son cellulaire en main pendant le repas ne fait pas partie de ce que je considère comme un modèle positif. C’est mon opinion et vous pouvez ne pas être d’accord. Mais quand je regarde une famille souper au restaurant et que tout le monde a son appareil en main sans se parler, je trouve cela triste et déprimant. Est-ce cela que l’on veut montrer à cette génération éponge qui reproduit les comportements parentaux?

J’ose espérer que ces futurs citoyens prendront conscience que la vie, ça se déroule autour d’eux, dans la réalité et non pas dans l’écran de leur téléphone intelligent…

 

Photo : Unsplash | William Iven

Dire je t’aime, un livre à la fois

Alisa Anton

Hier, je vous ai fait part de mon petit souci de santé qui exigeait de moi une pause de course. Après une visite chez mon ostéopathe, je dois admettre l’évidence : je ne suis pas certaine que la course soit un sport fait pour moi. Ce n’est pas encore le verdict officiel mais comme mon syndrome fémoro-patellaire a décidé de venir se pointer le nez dans mon programme d’entraînement, je crains le pire.

Mais comme je suis une personne positive qui tente de voir dans chaque épreuve un apprentissage et/ou une leçon, je me dis que c’est pour le mieux. Peut-être que cela me permettra de découvrir de nouvelles activités complémentaires pour épargner mon genou ou de nouvelles techniques pour renforcer mes structures et ainsi m’adapter à cette réalité.

Quoi qu’il en soit, je me dis que c’est une opportunité pour varier les activités et avec l’automne qui s’amène, j’ai envie d’ajouter une dose de créativité dans mon quotidien. Je vous ai parlé l’hiver dernier du livre Comme par magie de l’auteure Elizabeth Gilbert et je me suis remise à cette lecture avec beaucoup d’intérêt. Je ne sais pas pour vous mais moi, il m’arrive souvent de commencer un livre et de savoir que ce n’est pas le bon moment pour l’aborder. J’ai plusieurs bouquins entamés dans ma bibliothèque qui n’attendent que mon retour. Je crois sincèrement que certains ouvrages demandent un certain état d’esprit pour accueillir les propos de l’auteur.

C’est donc remplie d’enthousiasme que je j’ai recommencé à lire ce livre et tout à coup, j’ai eu l’impression que c’était le parfait moment pour le faire. Comme si le livre avait été écrit uniquement pour moi. Mme Gilbert y parle de créativité avec un angle très poétique et mystique qui exige une certaine ouverture d’esprit. Les plus pragmatiques se sentiront peut-être perdus devant cette approche presque spirituelle mais j’ai pour mon dire qu’on a besoin d’un peu de magie dans notre monde sombre et alarmiste.

Avant, quand je lisais ce type de bouquin, je me lançais dans des projets grandioses, avec des idées plein la tête et malheureusement bien souvent, quelques semaines plus tard, l’étincelle était éteinte et j’abandonnais le tout pour trouver une nouvelle saveur. Cette fois-ci, je savoure chaque page du livre, je prends le temps de sentir ce que ça évoque en moi, ce qui résonne et je contemple la beauté des souvenirs évoqués.

La lecture, c’est aussi ça. Ça permet de rêver, de reculer dans le temps, de se projeter, d’éclairer son esprit et d’y amener des émotions positives. Un peu comme la musique peut le faire. Il s’agit d’ailleurs de deux compagnons de vie essentiels à mes yeux. Particulièrement quand l’automne prend ses aises et nous offre de petits matins frisquets.

Bientôt, les listes de cadeaux de Noël s’échangeront et les gens se rueront dans les magasins pour accomplir cette besogne le plus sereinement possible (yeah right). Je vous invite à inclure au moins quelques livres dans vos cadeaux pour inciter vos amis et parents à profiter du talent des créateurs d’ici et d’ailleurs. Le Salon du livre se tiendra d’ailleurs à Montréal du 16 au 21 novembre. Quelle belle occasion de joindre l’utile à l’agréable!

À mes yeux, offrir un livre, c’est comme dire je t’aime à quelqu’un.

 

Photo : Unsplash | Alisa Anton

Quand une blessure mène à la beauté

Justin Luebke

Hier, j’ai frappé un mur, j’ai dû accepter l’évidence : mon corps a décidé de prendre une pause de la course. Mes genoux ne veulent tout simplement plus courir. C’est frustrant mais c’est comme ça… Et avec toutes les péripéties de santé que j’ai vécues dans les dernières années, s’il y a une chose que je ne fais plus, c’est m’entêter contre mon corps.

On s’entend, c’est loin d’être un problème majeur d’ordre national. Mais j’étais sur une belle lancée, sur un élan positif pour ma santé physique et mentale. Mais la vie a décidé que je devais ralentir, encore une fois. J’ai peut-être des ambitions trop intenses ou des visées trop rapides mais quoi qu’il en soit, je m’adonne plus à la lecture qu’à la foulée en ce moment…

Parlant de lecture… Hier, sage comme une image, j’ai fait installer mes pneus d’hiver, en avance, pour être prête à affronter l’hiver. Comme mon garage est situé à quelques minutes du Carrefour Laval (endroit que j’évite de fréquenter en dehors de mes visites au garage), j’en ai profité pour aller faire des petits achats et heureusement, une librairie figure parmi les magasins de ce lieu.

Ce n’est pas le choix qui manquait mais j’ai été attirée par un bouquin différent dont un des auteurs, l’architecte Pierre Thibault, m’a complètement séduite à Tout le monde en parle ce dimanche. Je parle bien sûr du livre « Et si la beauté rendait heureux » qu’il a publié avec le journaliste François Cardinal. Au dos, on peut y lire cette phrase : ce livre inspirant donne envie de côtoyer la beauté au quotidien et de bâtir un environnement où l’on puisse se poser, se réjouir et vivre ensemble.

N’est-ce pas encourageant que des hommes brillants s’attardent sur ce sujet et nous partage leur vision et leurs découvertes? Moi je trouve cela franchement rafraîchissant et j’ose espérer qu’on va avoir plus de Pierre Thibault qui vont collaborer aux grands projets de notre société. Entendre cet homme parler des écoles comme un milieu de vie où les enfants devraient se sentir en sécurité et à l’aise en ayant envie d’apprendre et de grandir, ça ne fait que renforcer ma pensée qu’il manque de gens de cette trempe dans les niveaux décisionnels.

Dans le livre, je suis tombée par hasard sur ce passage :

Je viens tout juste de terminer des bureaux pour une grande firme. J’y ai aménagé un espace pour s’arrêter, contempler, partager. […] Ce n’est pas un lieu de production, c’est un lieu qui envoie un message clair : « Dans cette entreprise, nous pouvons être assis ailleurs que devant notre ordinateur à faire ” tac tac tac “… »

Je trouve ça merveilleux. Lire ces mots, noirs sur blancs, c’est comme réaliser que je ne suis pas seule à penser ainsi, à avoir l’impression qu’on est parfois des petits rats de laboratoire cloués à nos chaises de bureaux dans nos cubicules gris… Il existe d’autres modèles, d’autres façons de faire, plus saines et surtout plus humaines.

Je veux plus de Pierre Thibault dans nos vies! En attendant, je vous invite à vous procurer cet ouvrage magnifique : Et si la beauté rendait heureux. Et en passant, ça fait un maudit beau cadeau de Noël ça! 😉

Photo : Unsplash | Justin Luebke