S’aimer soi-même, d’abord

Roman Kraft

Pendant des années, j’ai lu des livres, des articles et des billets de blogue qui parlaient de la pensée positive, du fait qu’il faut visualiser ce qu’on veut pour l’obtenir et qu’on attire vers soi ce qui occupe nos pensées. Et ça me frustrait car je me disais que je méritais plein de choses qui ne m’arrivaient pas. Je ne comprenais pas ce concept que je jugeais ésotérique et qui me semblait être une supercherie totale…

Mais j’ai continué de lire, de réfléchir et de travailler sur moi malgré tout, sachant que ce chemin difficile me mènera immanquablement quelque part. Après des années de thérapie, de yoga, de lecture, de pause, de réflexion et de changement intérieur, je sais aujourd’hui que c’est vrai. Qu’on peut attirer le bon autour de soi et qu’on a un impact sur notre vie. Nous ne sommes pas des victimes et il n’y a pas de complot contre nous.

Mais ce n’est pas une recette magique, une formule abracadabrante qu’on récite et qui change le cours des choses. C’est un travail sur soi, en soi, qui fait que notre bonheur intérieur rayonne et attire les bonnes personnes autour de nous. Ça peut paraître farfelu pour certains, trop spirituel pour d’autres mais il n’en demeure pas moins que tout part de soi.

Je me souviendrai toujours de mon ancienne patronne qui m’avait dit un jour : on dirait que tu as un petit nuage noir au-dessus de toi en permanence. Ça m’avait fâché sur le coup et, sur la défensive, je me demandais pour qui elle se prenait pour me juger ainsi. Mais vous savez quoi? Elle avait raison…

Je trainais mon mal être et il transparaissait dans mon travail, dans mon attitude, dans mon langage corporel… Il me sortait par les pores de peau. Puis lentement, à force de travailler sur moi, mon ciel s’est éclairci et j’ai compris ce qu’elle avait voulu me dire. En fait, elle savait que j’étais une belle personne mais que je gâchais tout ça avec mon petit nuage noir, que je ne profitais pas de mon plein potentiel, que je pouvais être une personne plus joyeuse. J’étais dans un cercle vicieux au lieu d’un cercle vertueux.

La première étape, quand on ne va pas bien, on le sait tous, c’est d’en prendre conscience. Mais prendre conscience de quelque chose, ce n’est pas seulement de le nommer et de passer à autre chose. Il faut le ressentir, au plus profond de soi, le toucher, l’accepter et respirer dans cette douleur, dans ce mal qui nous ronge de l’intérieur. C’est très facile de faire semblant, de jouer un rôle, de porter un masque, de vivre dans sa tête et de se couper de ses émotions. Mais ça nous gruge et on perd de belles années à ne pas être soi-même.

Le plus beau cadeau qu’on peut se donner, c’est l’amour de soi, c’est de prendre soin de soi-même et se donner le temps et les efforts pour se découvrir, laisser éclore sa personnalité et s’accepter tel que l’on est. Ça prend beaucoup de courage pour décider d’être soi-même et ainsi arrêter d’être ce qu’on attend de nous. Mais c’est aussi un grand soulagement car toute cette pression s’évapore pour laisser place à notre vrai moi. S’aimer soi-même, c’est se donner la chance d’aimer les autres et d’être heureux, enfin…

 

Photo : Unsplash | Roman Kraft

Related Posts

Alain Pham Tout est relatif… 16 février 2018
Jon Tyson S’aimer assez 29 novembre 2018

Leave a Reply