Vivre vrai

William Iven

Vous souvenez-vous de ce qui vous faisait rêver quand vous étiez enfant? Quelle vision de la vie d’adulte aviez-vous? Que pensiez-vous des grandes personnes? Vos parents, vos oncles et tantes, les grands cousins et cousines? Aviez-vous l’impression que c’était loin tout ça, que vous aviez la vie devant vous?

Quand on est jeune, on rêve beaucoup, on va à l’école, innocemment, on se fait des amis, on joue… On a une vie d’insouciance et de découverte sans avoir un passé qu’on traîne avec soi. En fait, on était comme ça, à l’époque.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, j’ai l’impression que les jeunes perdent rapidement leur insouciance et leur liberté. Tout peut être croqué sur le vif et diffusé à un tas d’amis. Pour le bien ou pour le mal de la personne. Et l’opinion des autres, ils l’ont en plein visage. Ils peuvent se faire ridiculiser, dénigrer et intimidé en un seul clic. Et leur estime de soi tient à un like.

Est-ce qu’il y  encore de la place pour la créativité, pour les rêves, pour une certaine désinvolture ou si maintenant tout est calculé pour être diffusé sur le Net et populaire auprès des autres? J’ai bien peur que beaucoup de jeunes ne se rendent pas compte à quel point ils ne sont que l’ombre de leur profil Facebook.

À l’âge où l’opinion des autres importe autant, où notre image se définit bien souvent dans le regard des autres, je crains qu’on soit en train de détruire une génération complète. L’aspect égoïste et narcissique des réseaux sociaux, dont on est conscient à l’âge adulte mais pas vraiment à l’adolescence créera quel genre de citoyen, de parent et de travailleur?

Je n’ai aucun conseil à donner ni de référence mais j’ai envie qu’on se pose la question sur l’impact de cette spirale virtuelle sur l’attitude des jeunes d’aujourd’hui. L’importance accordée au nombre de like sur une photo partagée est extrêmement destructrice et peut mener à des problèmes très sérieux. Soyons-en conscients.

Quand je repense à mon enfance et mon adolescence, je me sens privilégiée d’avoir connu les relations vraies sans artifice virtuel. Quand on voulait voir quelqu’un, on l’appelait et on se donnait rendez-vous. Oui, on pouvait passer des heures au téléphone mais ça demeurait un cercle fermé, sans exposition de notre vie et de notre visage à tous.

Je ne tiendrai pas le discours que « c’était tellement mieux dans mon temps » car je ne crois pas qu’on puisse comparer tant il y a un monde qui sépare les deux. Mais je crois qu’il faut garder l’esprit ouvert et se questionner, rester vigilants. On ne sait pas de quoi sera fait le futur mais je crois que nous avons un devoir d’instaurer des règles sociales et de donner l’exemple.

Avoir son cellulaire en main pendant le repas ne fait pas partie de ce que je considère comme un modèle positif. C’est mon opinion et vous pouvez ne pas être d’accord. Mais quand je regarde une famille souper au restaurant et que tout le monde a son appareil en main sans se parler, je trouve cela triste et déprimant. Est-ce cela que l’on veut montrer à cette génération éponge qui reproduit les comportements parentaux?

J’ose espérer que ces futurs citoyens prendront conscience que la vie, ça se déroule autour d’eux, dans la réalité et non pas dans l’écran de leur téléphone intelligent…

 

Photo : Unsplash | William Iven

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