Courir vers soi

Emma Frances Logan Barker

On dit souvent dans la vie que l’on attire ce qui occupe notre esprit, que ce à quoi on pense influence ce qui survient dans notre vie. Quand j’ai étudié en massothérapie, on pouvait même constater que les clients qui nous consultaient avaient fréquemment les mêmes problèmes de santé que nous. Tout comme dans notre entourage, on peut affirmer que les gens qui nous entourent nous ressemblent en bien des points. Qui se ressemble s’assemble, non?

Depuis que je me suis mise sérieusement à la course à pied, je rencontre beaucoup de coureurs, de gens qui ont à cœur leur santé, physique et mentale, et qui partage leur passion pour le dépassement de soi dans l’accomplissement de défis personnels. Je ne parle pas nécessairement de faire des marathons ou de grimper le Kilimandjaro mais plutôt de sentiment de fierté individuelle et intime. C’est envers soi-même que ça se passe, avec notre corps, notre esprit et notre humilité.

Entreprendre des changements dans sa vie exige une bonne dose de modestie car on se connaît peu et on met la barre souvent trop haute. Par contre, la progression procure une satisfaction inégalée et permet d’acquérir une confiance en soi qui est difficile à atteindre autrement.

Bref, comme je le disais, on attire à soi des gens qui nous ressemblent. Mais mon attention est aussi plus portée vers les articles qui parlent de course, de santé et d’activités physiques. C’est comme une mini révolution dans ma vie. J’ai l’impression pour la première fois de m’être choisie, réellement et sincèrement.

Je lisais ce matin l’article sur Patrick Charlebois, ce québécois de Trois-Rivières qui a décidé de réaliser un rêve qu’il caressait : celui d’entreprendre 7 marathons, en 7 jours, sur 7 continents. Ce méga défi s’appelle le World Marathon Challenge et le confrontera à des marathoniens d’élite mais aussi à ses propres limites. Les craintes de blessures sont là mais la motivation le poussera à se dépasser au-delà de tout ce que l’on peut imaginer.

De l’Antarctique, à Sydney, en passant par Punta Arenas, Miami, Madrid et Marrakech et Dubaï, M. Charlebois et ses acolytes braveront cette épreuve soutenue avec tout mon respect. Je n’ai pas cette folie de vouloir aller si loin ni le désir de pousser mon corps au maximum dans une telle intensité mais j’admire ses capacités physiques et mentales. Car ça prend tout un courage et toute une rigueur pour arriver à faire cela.

Avant, j’aurais lu cet article et j’aurais sans doute ressenti un certain respect mais aujourd’hui, je me sens interpellée. Je partage la même passion, je comprends un peu mieux ce désir d’adrénaline et surtout ce que ça peut représenter sur le corps de courir autant en si peu de temps.

Je ferai ma première course organisée en mai et ça me fait un peu peur. Je suis une solitaire qui aime courir pour moi-même, à mon rythme, selon mon trajet, au gré de mes envies, avec un programme bien ficelé. D’avoir des contraintes et un esprit de compétition inévitable de par la nature de l’événement aura assurément un impact sur ma performance. Mais je veux avant tout savourer le plaisir d’y participer.

La vie nous pousse à faire des choix, à tenter de nouvelles expériences, des bonnes comme des mauvaises. Je crois qu’il faut surtout apprendre à s’écouter et à se respecter dans tout cela. Tout va si vite et on prend à peine le temps de comprendre ce qui se déroule. Délectons-nous de ces petits moments de bonheur pour faire le plein afin de pouvoir faire face aux périodes moins glorieuses. Notre vie nous appartient, tâchons d’en faire quelque chose de louable. Rappelons-nous de ce plaisir durant notre enfance de courir en riant, de jouer sans contrainte, de s’amuser sans ego et de ne pas toujours penser au lendemain, au souper, aux engagements. Vivons le moment présent…

 

Photo : Unsplash | Emma Frances Logan Barker

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