8 mars, Journée des femmes.

Vero Photoart

En ouvrant ma Presse+ ce matin, de même que pour mon fil d’actualités Facebook, je savais que je serais bombardée d’informations, d’opinions et de déclarations concernant la place des femmes, les inégalités toujours flagrantes, les situations dégradantes vécues par des femmes dans les derniers mois, des propos sexistes véhiculés sur les réseaux sociaux…

Ce qui m’attriste, c’est que certaines personnes vont monter aux barricades aujourd’hui pour se rasseoir sur leur siège le reste de l’année, regardant passer la parade et ne prenant pas part au débat. Et pourtant, l’égalité hommes-femmes, c’est une affaire toujours d’actualité. Le 8 mars, c’est toute l’année.

Car au-delà des grands discours, il y a la réalité de tous les jours, les petites luttes, les commentaires dégradants glissés subtilement, les disparités de droits qui ne sautent pas au visage mais qui dérangent et surtout, qui ne sont pas normales. La plupart du temps, on en parle peu, on n’ose pas dénoncer, on ne veut pas se faire pointer du doigt ou pire, se faire congédier.

Mais un humain c’est un humain. Grand, petit, gros, maigre, on s’en fou… On ne devrait pas juger les gens sur leurs caractéristiques physiques pas plus que sur leur sexe. Et encore moins insulter publiquement parce qu’il ou elle prend position, s’ouvre, ose parler.

Quand je lis les témoignages de chroniqueuses usées par le flot perpétuel de commentaires violents, sexistes et méprisables qu’elles reçoivent jour après jour, je me questionne. Comment en est-on arrivé là? Pourquoi, en tant que société, tolère-t-on que des gens déversent leur fiel gratuitement, sans réagir? Si ces personnes faisaient ce genre de déclarations publiquement dans la rue, on les arrêterait… Mais parce que c’est virtuel, intangible, on laisse aller? Ce n’est pas moins blessant et perturbant pourtant…

Les chroniqueurs masculins l’avouent : ils reçoivent des critiques mais elles sont dirigées vers leurs propos et non pas leur intégrité physique. Que se passe-t-il pour que des gens ressentent tant de hargne envers des femmes? J’essaie de comprendre mais je n’y arrive pas…

Et lorsque je lis que tu dois te bâtir une carapace quand tu décides d’être chroniqueuse, j’ai envie de crier. Non, ce n’est pas normal de recevoir autant d’attaques personnelles, mes chers amis. C’est de la violence et de l’intimidation. On est monté au front pour réduire l’intimidation dans les écoles mais quel exemple donne-t-on en tolérant celle qui s’adresse aux adultes?

Être une femme, en 2017, ça demeure encore difficile, même dans notre « plus beau pays du monde ». L’insouciance et la légèreté ne sont pas toujours au rendez-vous. Parfois, il faut se battre au point de s’épuiser pour se faire respecter, même en tant que « commune des mortelles », inconnue des médias, sans tribune.

Est-ce qu’on pourrait juste se respecter, vivre et laisser vivre, accepter les gens comme ils sont, dans leurs différences, dans leur spécificité, dans leur beauté distincte, dans leur sexe, leur culture, leur langue, leur couleur, leur préférence… Personne ne vaut plus que l’autre, personne n’est mieux, plus grand ou plus valable que l’autre. On vit sur une planète qui ne nous appartient pas et nous sommes des petits humains qui tentent de survivre ensemble et d’apporter un peu de notre humanité dans ce chaos.

Hommes et femmes, respectez-vous, aimez-vous et entraidez-vous. La colère et la haine ne fait qu’engendrer le malheur et la vie est trop précieuse pour y consacrer une minute de plus. Vivons ensemble, discutons, échangeons et élevons-nous au-dessus des discours machistes. La plus belle façon de se battre est de poursuivre sa route et d’avancer vers un objectif commun : celui de l’égalité.

 

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