Avancer, pour laisser sa trace

Brian Mann

Facebook nous diffuse l’information pour laquelle nous avons porté un intérêt, c’est le concept même à la base de cette plateforme. Vous avez cliqué sur un article concernant les marathons? Il y a de fortes chances pour que le sport soit présent dans maintes publicités et publications commanditées au travers de votre fil d’actualité. Ça a du bon comme du mauvais car, comme en témoigne certains amis, quand on partage un ordinateur avec ses enfants, ça peut donner d’étranges combinaisons. Caillou et les mijoteuses : même combat!

Mais au-delà du contrôle soutenu des grandes puissances du numérique en fonction des traces que l’on laisse derrière soi tel le petit Poucet, il transparait à travers le tout une tendance qui nous définit. Nos intérêts réels demeurent implantés dans nos profils et, même si cela sert à ces entreprises pour nous bombarder d’informations et de publicités, c’est aussi une façon de constater sa propre évolution. Quand ça fait 10 ans que l’on partage sur Facebook, ça en fait du chemin à analyser.

Certains diront que c’est trop et que, dans la vraie vie et surtout la vie d’avant, on avait pour seul repère notre mémoire, qui sélectionnait nos meilleurs moments et oubliait volontairement les moins glorieux. Aujourd’hui, dès l’ouverture de la plateforme sociale le matin, on vous rappelle ce que vous avez publié dans les dernières années, ce jour-là. Ça peut être cocasse comme des photos en gougoune, une bière à la main, alors que vous étiez dans le sud mais ça peut aussi vous remémorer une personne aimée qui vous a quitté, un regretté qui a passé l’arme à gauche ou une période plus sombre de votre vie.

C’est très particulier cette tendance à nous rappeler des choses que l’on veut peut-être oublier et c’est sans aucun doute un sujet d’étude passionnant pour quiconque aime explorer la nature humaine. L’effet pervers des réseaux sociaux fait régulièrement la manchette mais au-delà des scandales se trouvent certaines souffrances ou histoires heureuses.

Parmi les sujets que j’ai aimés dernièrement et qui influencent maintenant mon fil d’actualité se trouvent la permaculture, le zéro-déchet, le jardinage et l’autosuffisance. C’est fascinant de voir que quelques « likes » ont eu pour résultat que je vois une panoplie d’informations auxquelles je n’avais pas accès avant. D’où la puissance de l’algorithme! Il faut donc savoir en abuser comme bon nous semble…

J’ai lu de nombreuses histoires de familles qui ont décidées de quitter la grande ville pour s’installer à la campagne, en autosuffisance complète ou partielle, mais surtout avec comme ambition de ralentir et d’offrir à leur progéniture un rythme plus serein où la découverte se fait par les mains, au contact de la terre, plus que par des heures passées devant un écran. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour ce courage et cette audace d’aller à contre-courant. C’est très louable et enrichissant pour toute la société.

Ça fait rêver certains et ça en rebute d’autres, caractéristique classique de notre vie moderne. En d’autres mots, ça prend de tout pour faire un monde et tous les goûts sont dans la nature, qu’elle soit urbaine ou rurale.

Ce qui importe, c’est de se respecter et surtout de s’écouter. Si une petite voix au fond de vous vous dicte un changement de rythme et d’environnement, foncez, tout simplement. Il n’y a rien de pire que de passer une vie à dire « j’aurais peut-être dû faire ceci ou cela ». Mieux vaut se tromper que de ne rien tenter. C’est dans cette expérience que vous grandirez et non pas en rêvant votre vie.

Je regardais hier, avec un peu de recul, ce qui défilait devant mes yeux et j’ai constaté mon évolution depuis les quelques années passées sur ce réseau social. Aujourd’hui, il me sert plus d’outil de communication alors qu’au départ, on le considérait presque comme notre carnet de contacts.

La vie passe, les temps changent mais au fond de nous, nous avons la même essence qui ne fait qu’évoluer et grandir. Savoir la sentir, savoir s’écouter, ça vient peut-être avec l’âge mais encore faut-il ouvrir grand son cœur pour ressentir et accueillir.

Soyez indulgents envers vous-mêmes et sachez vous pardonner pour éviter de traîner de vieux boulets qui vous empoisonnent l’existence. La vie est trop courte pour la passer à ruminer le passé. Le futur se présente comme une feuille blanche qui vous offre toutes les possibilités d’être heureux. Saisissez cette chance, car elle n’est pas éternelle!

 

Photo : Unsplash | Brian Mann

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