Une heureuse transition

David Paschke

L’année dernière, j’ai décidé de relever un défi physique et d’ajouter la course à pied à ma routine de vie. Pour parvenir à intégrer cette activité de manière plaisante et permanente dans mes habitudes, j’ai choisi de faire confiance à une entraîneuse pour m’accompagner et m’épauler, dans les bons comme les moins bons moments de cette aventure. Et c’est sans aucun doute une de mes meilleures décisions à vie!

Cette année, j’avais envie d’explorer de nouvelles avenues, de parfaire mon expertise dans la rédaction sans toutefois surcharger mon horaire déjà assez occupé avec le travail, le yoga et la course. Et je crois bien avoir trouvé chaussure à mon pied, sans mauvais jeu de mots. J’ai décidé d’entreprendre un certificat à la Teluq.

Bien que la formule exige une certaine discipline, je réalise que j’ai maintenant la maturité et l’expérience nécessaires pour avancer de façon autonome dans un apprentissage de la sorte. Il y a quelques années, j’avais débuté un certificat en gestion avec la même institution mais ma vie n’était pas aussi stable et mon esprit, pas aussi disposé aux règles de rigueur essentielles pour me permettre un exercice concluant.

Il faut se le dire, ça fait longtemps que je n’ai pas plongé mon nez dans des livres, autrement que pour me divertir. L’acquisition de nouvelles connaissances requiert une pleine concentration et une prédisposition à recevoir une quantité non négligeable d’informations. C’est donc un peu craintive que j’ai abordé mon premier cours de philosophie sur la pensée critique et l’argumentation. Et, à mon grand étonnement, j’adore ça.

J’ai quelques impressions de déjà vu de mes cours de Cégep, bien entendu, mais aussi, j’ai le sentiment de voir un réel lien avec la vie de tous les jours. Parler, discuter, s’exprimer, tenter de transmettre un message, convaincre, argumenter… On fait ça tous les jours mais sans nécessairement réfléchir à la manière dont on communique réellement. Décortiquer cet art représente donc un réel apport, autant dans mon travail que ma vie personnelle.

Mais au-delà de la matière comme telle, il y a le geste, la décision prise d’apprendre et de me pousser encore plus loin. Je ne sais pas si c’est la quarantaine qui approche à grands pas mais je ressens un besoin d’avancer, d’aller plus loin, d’explorer des zones moins connues de la vie, de me mettre au défi. J’ai cette impression d’avoir simplement suivi le courant de la vie pendant si longtemps qu’aujourd’hui, une certaine soif de nouveauté m’envahit.

Sonder des zones moins confortables, ça permet de vivre des émotions moins connues et de toucher à une portion de soi qu’on connaît moins bien. Étant une impulsive, il m’arrive de plonger la tête la première dans une aventure sans réellement mesurer l’impact. Mais en vieillissant, je crois que je laisse les projets macérer un peu plus longtemps dans mon cerveau avant de me lancer. Et ça donne de bien meilleures décisions, comme celle de la course ou du retour aux études.

Avec le temps qui passe, immanquablement on jette un coup d’œil en arrière, constatant les acquis mais aussi tout ce temps qui aurait pu être mieux utilisé. Loin d’un sentiment d’urgence, je ressens tout de même le besoin d’occuper mes heures à des activités plus profitables, pour le corps, pour l’esprit, pour moi.

Que ce soit pour me nourrir ou pour aider les autres, je prends plus la mesure de mes faits et gestes et c’est tant mieux. Vieillir, ça apporte aussi son lot de satisfaction et de doses de paix. Bien sûr, il y a des moments de doutes, des craintes, des vertiges et des hésitations mais l’effet est moins angoissant, moins perturbant.

Je crois sincèrement que, si on se donne les moyens de bien l’aborder, le virage de la quarantaine peut représenter une occasion exceptionnelle de développement personnel, une transition utile et nécessaire pour concentrer ses énergies sur ce qui en vaut vraiment la peine. S’ouvrir à cette vague de changement, c’est aussi se donner la chance de vivre de merveilleux moments, de faire belles rencontres et d’accueillir dans sa vie des possibilités jusque-là impossibles à imaginer.

 

Photo : Unsplash | David Paschke

Related Posts

Keenan Constance Apprendre encore 26 septembre 2017
Genessa Panainte On respire par le nez… 20 décembre 2017