Le chemin de la connaissance

Andrew Neel

Ma lecture du moment me fait beaucoup réfléchir et m’amène à me questionner sur mes choix et ma façon de vivre, sur ce que l’on attend de moi versus ce qui émane réellement de mes désirs. Le livre dont il est question, Le pouvoir de l’échec, rassemble les témoignages de plusieurs entrepreneurs ou spécialistes sur notre relation avec l’échec, sur la manière dont la société le traite et sur nos impressions face à quelqu’un qui n’atteint pas le succès escompté.

Extrêmement bien écrit et honnête, cet ouvrage nous ramène à l’essentiel et fait prendre conscience de cette façon que nous avons de taire les histoires moins glorieuses, les moments de doutes et de recul, les phases de redressement dans une entreprise ainsi que la façon dont on éduque les jeunes en prônant le succès et la réussite.

C’est à la fois troublant et soulageant de lire ce livre puisqu’on comprend à quel point on attend de nous toujours le meilleur mais qu’il est clairement impossible d’être toujours à son top. Lire des histoires de gens dont l’image est lustrée et étincelante qui nous révèlent les défis et les embûches qu’ils ont connus sur leur parcours est très formateur. On déboulonne le mythe qui prétend que les entreprises ne sont conçues que grâce à une succession de réussites et de bons coups. Plusieurs des entrepreneurs ont fait faillite et ont dû faire face à des difficultés que la majorité d’entre nous ne soupçonne pas et serait peut-être incapable de traverser.

S’il y a une chose qu’ont en commun ces personnes, c’est la résilience et la capacité de se relever, de se réinventer et de retenir la leçon pour éviter de répéter les mêmes erreurs dans le futur. J’ai souvent dit que c’est dans l’apprentissage et les difficultés qu’on apprend le plus et j’ai compris dans ce livre que j’avais adopté la bonne philosophie. Quand tout à l’air trop beau, c’est soit qu’on n’a aucun défi et qu’on n’y apprendra rien, soit qu’on ne voit juste pas ce qu’il y a à apprendre.

J’apprécie le ton sincère et l’approche humaine qui transparait dans les échanges que l’auteur, Arnaud Granata, a eu avec ces différents intervenants. On va droit au but et rien n’est embelli. Le but n’est pas de nous épargner mais de nous faire prendre conscience que la vie n’est pas toujours rose et que c’est tant mieux ainsi. Vouloir protéger tout le monde de l’échec, c’est empêcher les gens d’acquérir de solides outils pour la suite. Et je fais référence ici à cette tendance à trop vouloir glorifier le moindre petit succès des enfants.

Comme il le dit si bien, à trop féliciter un enfant pour une petite réussite, on lui met une pression immense sur les épaules, sous-entendant que seule la réussite est valable dans la vie. Pourtant, on aurait tout avantage à faire des échecs une expérience que l’on peut partager, tout comme le succès.

J’espère que les nouvelles générations sauront gérer l’échec de meilleure manière, en faisant de celui-ci un outil d’avancement et en mettant de côté l’égo qui bien souvent est l’ennemi juré dans l’apprentissage par l’essai et erreur. Par les récits de ce livre, on comprend assez vite que cette façon d’essayer, souvent appelée le fail fast, permet de s’ajuster rapidement et évite de lourds échecs et des impacts majeurs. Essayer à petite échelle pour comprendre ce qui ne convient pas, pour ajuster rapidement et rebondir, c’est une voie qui peut s’appliquer à plusieurs sphères de la vie.

Entre vous et moi, le mot échec revêt un air négatif dans nos esprits et pourtant, je me dis toujours que derrière un échec, il y a quelqu’un qui a essayé. Et pour moi, le simple fait de tenter l’expérience vaut plus que le succès. C’est le chemin pour se rendre qui compte, pas la destination, ni le résultat final…

 

Photo : Unsplash | Andrew Neel

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