Se rapprocher du bonheur

Brigitte Tohm

Hier, je suis tombée par hasard sur cette citation de Nelson Mandela :

Dans la vie, on a toujours le choix : aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi-même ou faire semblant.

Et c’est resté dans mon esprit quelques heures, me faisant réfléchir aux divers choix que j’ai fait dans ma vie.

Je me souviendrai toujours d’un de mes ex-copains qui ne comprenait pas pourquoi je faisais une thérapie depuis si longtemps. À ses yeux, ce processus aurait dû être plutôt de l’ordre de quelques trucs et recommandations pour me permettre d’avancer seule. Pourtant, c’est sans aucun doute la plus belle et grande décision que j’ai prise de ma vie : celle de me choisir et de me donner les outils pour aller mieux. M’offrir un tel accompagnement m’a été d’une aide précieuse et m’a permis d’éviter de passer des années dans l’angoisse et le doute.

Aujourd’hui, cette citation raisonne donc en moi car j’ai vraiment fait des choix importants dans ce processus thérapeutique : cesser de jouer un personnage et être authentique, m’écouter et me respecter, et toujours me demander si une situation, une relation, un emploi ou quoi que ce soit me convient encore. Car on a tous le droit de changer d’idée, d’évoluer et de réaliser que finalement, ce n’est plus ce qui nous va.

Certains diront qu’aimer ou détester n’est pas toujours un choix mais je crois sincèrement qu’on peut choisir d’être dans une ambiance agréable ou non. On a le droit de décider qu’une relation ne cadre pas avec nos valeurs et choisir de s’éloigner, sans pour autant détester l’autre. En apprenant à se connaître, on comprend aussi que nous sommes tous différents et que c’est correct de ne pas être en phase avec certaines visions ou philosophies de vie. S’autoriser à continuer son chemin permet de se libérer des mauvaises énergies.

Pendant quelques années, j’ai cru que j’étais responsable du bonheur des autres. Je me sentais littéralement en charge, comme si je devais tout faire pour les aider, les aimer, les épauler, leur rendre service. Tout cela s’est fait au détriment de ma santé mentale et physique et un jour j’ai compris qu’on doit appliquer le principe de l’avion dans sa vie de tous les jours : sauve-toi toi-même avant de vouloir sauver les autres (vous savez, l’histoire du masque dans l’avion là…)

De toute façon, pour y avoir patauger pendant un certain temps, je sais maintenant que quand on est dans une phase difficile, on n’a pas toujours l’élan ou le recul nécessaire pour en sortir. Des fois, il faut toucher le fond pour remonter, d’autres fois on a besoin d’y rester quelques temps pour faire les apprentissages nécessaires afin d’y voir plus clair. Alors quand quelqu’un de notre entourage y est, s’il ne veut pas s’aider, on n’y peut rien. Et pour ma part, comme je n’aime pas voir souffrir mes proches, j’applique la règle suivante : j’offre mon aide mais je laisse le droit à la personne de rester dans sa bulle le temps qu’il faut, sans m’imposer ni me sentir responsable. Car si je brûle toute mon énergie quand ce n’est pas le bon moment, je n’en n’aurai plus suffisamment quand le bon temps sera venu.

Alors ce cher Nelson Mandela avait bien raison dans cette approche et ça fait partie des mantras que je tente d’appliquer chaque jour, chaque heure et chaque minute de ma vie. Quand je m’en éloigne, je le ressens instinctivement tellement c’est devenu une part entière de ma vie. Et j’en suis fière car avant, je ne ressentais rien et je souffrais alors aujourd’hui, c’est tout le contraire.

Je souhaite sincèrement à chacun et chacune d’entre vous de vivre ainsi, de se connecter à soi-même et de pouvoir savoir ce qui va et ne va pas, à chaque instant. C’est un cadeau à soi-même et aux autres et ça permet de vivre en paix, sereinement et en pleine conscience. Et je crois que c’est ce qui se rapproche le plus du bonheur…

 

Photo : Unsplash | Brigitte Tohm

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