Le respect de soi et d’autrui

Micah. H

L’an dernier, le site Libération a publié une enquête sur un sujet tabou qui a provoqué une polémique importante dans plusieurs pays d’Europe. Une amie l’a partagé sur son fil d’actualités Facebook et j’ai jugé cela pertinent de le relayer car le sujet est, selon moi, important à aborder. La sociologue israélienne Orna Donath est allée à la rencontre de femmes ayant eu des enfants et qui ont découvert après coup que ce n’était pas pour elles.

La question qui leur a été posée était la suivante : « si vous pouviez revenir en arrière dans le temps, avec la connaissance et l’expérience que vous avez aujourd’hui, seriez-vous une mère ? » Et elle s’est retrouvé avec vingt-trois femmes âgées de 25 à 75 ans qui avouaient qu’elles ne le referaient pas. Certaines l’ont compris dès la naissance de leur enfant alors que d’autres ont tenté de se convaincre pendant des années qu’elles devaient « régler ce problème », comme si elles étaient anormales.

Mais, tout comme certaines personnes réalisent qu’elles ne veulent pas être en couple ou ne veulent pas travailler à temps plein ou dans les modèles suggérés par la société, le fait d’être mère n’est pas un désir universel. Bien entendu, partout dans le monde, des gens ont réagi, positivement comme l’inverse. Ce qui est intéressant, c’est de constater que jamais personne ne s’était réellement intéressé à ce « phénomène », ou du moins pas de façon officielle dans une étude.

En fait, c’est comme si on prenait pour acquis que les femmes étaient faites pour avoir des enfants, point. Et, à entendre le nombre de commentaires ou de questions que je reçois concernant mon statut de femme célibataire et sans enfant, je n’ai aucune difficulté à croire que c’est presque inimaginable pour certains de croire en ce fait qu’une femme peut regretter d’en avoir eu.

Je me demande aussi si on juge les hommes de la même façon. Un homme qui dirait regretter d’avoir eu des enfants recevrait-il le même verdict ? La maternité, comme le mentionne la chercheure, est un royaume sacré qu’il ne faut surtout pas brusquer. Mais qu’en est-il de la paternité ? Est-ce un territoire aussi drastiquement protégé ?

Le sentiment de culpabilité face au constat de regret doit être terriblement souffrant pour une femme donc le jugement sociétal ajouté à cela, je n’ose imaginer la culture du silence qui doit être endurée. En cette ère de survalorisation de la maternité, où on ne compte plus les sites et magazines qui diffusent articles et vidéos concernant les joies d’être maman, ce poids doit être particulièrement lourd à porter.

Je vous invite donc à lire cet article et à réfléchir sur votre propre position face à ce constat. Il est plus accessible aujourd’hui d’avoir recours à l’interruption de grossesse ce qui permet à la femme de choisir. Mais certaines peuvent ne pas oser et se retrouver dans une situation inconfortable et incohérente avec leur nature profonde. Soyons ouverts d’esprit face à cela et acceptons ce qui est.

Oui, elles avaient des possibilités médicales de ne pas avoir d’enfant mais ce choix encore tabou peut être perçu comme un fardeau trop lourd. La pression de devenir mère peut faire craindre le pire à ces femmes qui ne ressentent pas ce désir profond. Laissons-les vivre leur vie comme elles le désirent, tout comme on le fait pour tous les choix personnels que l’on peut faire dans la nôtre. Je reviens au concept partagé récemment : vivre et laisser vivre… dans le respect de soi et d’autrui.

 

Photo : Unsplash | Micah. H

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