Tout ça pour ça

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Depuis un certain moment, j’observe les gens de façon plus assidue, pour comprendre leurs comportements et les crises que chacun de nous peut traverser au fil d’une vie. Que ce soit lié à notre âge, notre position, notre emploi, notre famille ou même notre pays et notre identité, il arrive toujours à certains moments que l’on se remette en question, que l’on bouleverse nos vies, que l’on change de trajectoire. Et en général, ce changement et la remise en question qui le précède sont sains et salvateurs.

Mais des fois, j’ai l’impression qu’on s’en fait beaucoup avec rien. Des petits tracas de la vie peuvent devenir des montagnes, des scénarios catastrophes peuvent être élaborés pour quelque chose qui n’existe même pas, des chicanes surviennent par manque d’écoute et de saine communication et des vies sont brisées par rancune, orgueil ou rancœur mal placée. Et tout cela est très triste car je me dis qu’on aurait avantage à mettre notre petit nombril de côté et à s’écouter plus attentivement, collectivement.

Quand je pense à plusieurs grands bouleversements de société qu’on a vécu, je me dis qu’on devrait apprendre à relativiser. Je répète fréquemment la phrase suivante : on ne sauve pas des vies. Mais au-delà de ça, ou plutôt sous-jacent à ce principe de vie se trouve un concept oublié : on est si peu et si petit dans l’univers. Quand on se met à penser aux famines, aux épidémies, aux séismes, aux migrations forcées, aux génocides… Notre petit problème peut tout à coup nous paraître bien insignifiant.

On dit parfois « quand on se compare on se console » et j’ai tendance à penser qu’on peut toujours trouver pire que soi. Dans le sens qu’il y a toujours quelqu’un qui prendrait notre position, supposément difficile à vivre, demain matin. On peut vivre quelque chose qui nous semble atroce, pénible et injuste mais pour d’autres, ce serait un souci bien moins grave que leur propre malheur quotidien.

Alors quand je vis un moment ou un événement qui me perturbe ou vient brasser mon équilibre, j’essaie toujours de revenir à cette notion. Tout paraît toujours plus vert ailleurs mais on ne connaît jamais la situation réelle des gens. Ce n’est ni la grosse maison, ni le sourire Colgate qui définit une personne. Et la carapace peut être très épaisse pour cacher un mal-être et une souffrance terrible.

J’ai intitulé ce billet « tout ça pour ça » car je me souviens que quelqu’un m’avait dit cela un jour, après que j’aie déversé mon fiel et ma colère face à une situation qui, avec du recul, m’a paru bien anodine. Et je vais toujours me rappeler de ce moment où j’ai pris conscience de l’absurdité de mon état en rapport avec la non-gravité de la chose. Je me souviens surtout que quelques jours après, c’était le 9/11 et le monde allait complètement changer de visage après ces douloureux attentats.

Encore aujourd’hui, quand je vis un petit drame, je me demande toujours si c’est si grave, si réellement, ma vie en sera marquée à jamais. Et la majorité du temps, ce n’est pas le cas, ce n’est pas si pire et je « dépompe » rapidement. Je me recentre, je me calme et je reprends le contrôle de mes émotions pour faire face dignement et avec justesse selon le niveau du problème. J’ai même un code de couleur mental qui me permet de décider de la nécessité de réagir. Car j’ai aussi appris avec le temps que, parfois, on peut laisser couler au lieu de dépenser notre énergie à se battre pour quelque chose qui n’en vaut pas vraiment la peine… Je préfère maintenant accorder mon temps et ma volonté à mon avancement spirituel qu’à entretenir un égo éternellement insatisfait.

 

Photo : Unsplash | Thought Catalog

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