Donner rendez-vous à la magie

Alejandro Alvarez

Aller au-delà de ses craintes, arrêter de réfléchir et foncer, cesser de se dire « oui mais si » et avancer, certaines personnes en sont incapables. On me dit parfois que je suis chanceuse d’avoir la drive que j’ai, que je peux défoncer des portes sans hésitation et que j’ai l’énergie pour affronter les tempêtes. Mais ce que les gens oublient parfois, c’est que pour arriver à avoir une certaine confiance, il faut surtout essayer, se planter et recommencer.

Apprendre de ses erreurs, c’est la clé pour être capable d’avancer le petit pas de plus à chaque tentative. Quand j’ai recommencé la course il y a un peu moins de 2 ans, je peinais à faire quelques minutes consécutives et je me piochais sur la tête car je savais que j’avais déjà eu beaucoup plus de facilité et d’endurance. Et chaque fois que je devais arrêter, j’étais déçue de moi et mon estime en prenait un coup. Mais heureusement, j’ai persévéré et, avec mon éternelle tête de cochon, j’ai fait taire la petite voix en moi qui me disait que je ne serais jamais capable de faire plus.

Cette petite voix, j’en parle à l’occasion, c’est celle de notre égo, celle qui se souvient trop bien de toutes les fois où on a échoué, du sentiment qui s’en suivait et de la désillusion qu’on vivait. Mais ce qu’on a tendance à omettre, c’est que sans ces nombreux essais, on ne serait pas là où on est aujourd’hui. Ça prend des repères, de l’expérience et une certaine zone de confort pour servir de tremplin pour la suite. Cette zone confortable, elle doit évoluer pour nous permettre de grandir et d’oser aller plus loin, d’aller ailleurs.

Bien sûr, on a pas tous la même ambition et rien n’oblige à quiconque de vouloir changer, de sortir de son petit carré de sable douillet, de tenter une nouvelle expérience risquée. Mais je sais aussi que c’est dans ces aventures qu’on apprend le plus sur soi, qu’on apprend à croire en soi et qu’ensuite, on a l’audace de pousser plus loin ses limites.

Quand on parle à des gens qui ont tout quitté pour se lancer dans un projet fou et ambitieux, l’étincelle dans le regard, l’énergie qui s’en dégage et le bonheur que l’on sent émaner d’eux sont contagieux, énergisants et étincelants. Car, une fois les « si » passés, une fois la ligne de départ franchie, on ne regarde plus en arrière et on fonce. C’est toujours le moment avant qui est stressant, la période d’hésitation, la phase où on peut encore se virer de bord et retourner se blottir au chaud dans son lit, sans prendre de risque.

Mais, oser fermer la boîte de nos peurs, s’engager dans une nouvelle péripétie, une entreprise de toute sorte, c’est faire confiance à la vie, se faire école et s’ouvrir à toutes les possibilités qui se pointeront sur notre route. Peut-être que le chemin changera à chaque jour, peut-être que les objectifs fixés devront se transformer, peut-être qu’on mettra un genou par terre à un moment et qu’il y aura des gens pour nous aider à nous relever, peut-être qu’on devra prendre une pause pour se ressourcer, pour revoir nos idéaux, pour s’ajuster.

Mais tous ces « peut-être » n’existent pas si on ne tente pas le coup, si on ne fait pas taire la petite voix freinante et si on n’écoute pas notre cœur. Car on dit souvent que nos projets nous tiennent à cœur et c’est bien de là que les meilleures idées émergent. De ce qui nous fait vibrer, de ce qui nous ressemble, de ce qui fait battre notre cœur. Et dans ce temps-là, on trouve une source d’énergie inépuisable, la force d’affronter les tempêtes, d’aborder des gens qu’on n’osait même pas regarder avant, de faire le premier pas vers une nouvelle vie, vers un nouvel épisode de notre existence. “Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous”. Paul Éluard l’avait bien compris. Et j’ajouterais que sans rendez-vous, il n’y a pas de magie…

 

Photo : Unsplash | Alejandro Alvarez

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