Vivre mieux avec moins

Giulia Bertelli

Ces jours-ci, j’ai une sacrée rage de ménage. Rien à voir avec mon cycle hormonal, c’est plutôt l’appel du printemps, le besoin d’aérer et d’épurer mon environnement de vie. Depuis déjà quelques années, je purifie ma résidence pour éliminer le superflu et cesser de m’encombrer avec des objets inutiles. Mon entourage est parfois surpris de recevoir des objets d’une certaine valeur avec pour seule demande de l’utiliser ou de le redonner à quelqu’un qui en a besoin.

C’est ma façon de redonner au suivant, de faire œuvre utile malgré mon manque de temps et mon horaire chargé. Je suis une adepte des dons à Renaissance depuis plusieurs années mais certains biens ou vêtements trouvent preneurs chez des amis. Toutefois, depuis plusieurs mois, ma manière de consommer et d’user de mes avoirs se transforme. Je lis beaucoup sur le minimalisme, sans vouloir devenir une adepte virulente, mais je m’en inspire dans ma façon de cheminer vers une certaine simplicité.

Car, je l’avoue sans gêne, j’ai longtemps acheté pour acheter, pour combler un vide, pour ressentir ce sentiment éphémère d’être comblée. Mais, malheureusement, cette illusion ne m’a permis qu’à m’endetter et m’embarrasser de biens matériels à peine utilisés. Mes proches le savent, je possède une quantité phénoménale de vêtements et c’est le domaine dans lequel j’ai le plus de difficulté à changer mes habitudes. Mais, j’assainis mes nombreuses garde-robes en tentant de me concentrer sur l’essentiel.

Le désencombrement est un exercice exigeant et, loin de moi l’idée d’adopter religieusement la tendance du minimalisme en quelques semaines. C’est un processus qui se fait sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Mais le concept, les fondements, la philosophie, tout cela me plait et m’inspire. Mon cerveau sait pertinemment que les objets ne me rendent pas heureuse mais j’ai été, comme plusieurs personnes, endoctrinée à acheter, selon la mode et les envies soudaines, sans me préoccuper du reste. C’est donc tout un processus mental à déconstruire, à convertir.

Je ne suis pas une grande amatrice des magasines de mode (heureusement!) mais j’aime ajouter du nouveau dans mes classiques. Cependant, au rythme de mes dernières années, je ne faisais que remplir mes placards sans nécessairement faire un échange, c’est-à-dire, sortir le vieux pour le remplacer.

Mais, en épurant le tout, j’ai réalisé qu’avoir moins, c’est se donner la chance d’avoir plus. Plus d’espace et plus de temps, principalement. Car, posséder autant, ça demande de choisir, de trier, de laver, de ranger… La profusion d’objets crée un essoufflement, la surabondance peut mener à l’épuisement puisqu’on a l’impression que c’est sans fin, que le cercle vicieux ne sera jamais terminé…

Aujourd’hui, je pré-magasine sur Internet et, bien souvent, je n’achète rien. Et quand je prends conscience que je suis en train de faire les courses virtuellement, je me questionne sur mes réels besoins. La majorité du temps, je réalise que ce n’est que compulsif, que pour passer le temps, parce que c’est accessible et facile. Et, à force de me regarder aller, je comprends mes réflexes et ma mécanique. C’est un des avantages de vieillir, on se connaît mieux!

Bref, je crois que je parviendrai à atteindre un niveau de satisfaction avec moins et que j’apprendrai à apprécier chaque objet que je posséderai. En ayant moins, on se concentre sur ce qu’on a et la valeur s’ajuste en proportion. Et c’est sans parler de l’impact environnemental qui diminue puisqu’on cesse d’acheter et donc de jeter. En fait, le minimalisme, c’est trouver un sens à ce qu’on a et à ce qu’on n’a plus besoin d’avoir. C’est choisir d’être plutôt que d’avoir.

 

Photo : Unsplash | Giulia Bertelli

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