Il n’y a pas de hasard

John Westrock

On dit souvent dans la vie que tout arrive pour une bonne raison, qu’il n’y a pas de hasard. Et c’est une philosophie de vie que j’applique au quotidien, dans chaque geste, dans chaque engagement. Je sais que si je vis un moment difficile, malgré l’aspect pénible de la chose, j’en sortirai grandie, avec un apprentissage et une meilleure connaissance de moi-même. C’est en se confrontant aux autres et aux événements qu’on avance et qu’on parvient à déceler toutes les parcelles de notre personnalité.

La vie est courte et si on l’emploie à blesser autrui ou à servir son égo, on risque fort de ne pas en sortir satisfait. S’il y a une garantie dans la vie, c’est qu’elle se terminera un jour. Et cela n’est pas négatif en soi puisque ça apporte une notion d’urgence de vivre, un besoin de savourer chaque minute. Ce concept est parfois difficile à intégrer et si on se bat contre notre destin, on risque d’avoir un parcours laborieux.

Le hasard, donc, n’existe pas. Tout a une raison d’être, tout a une utilité. Que ce soit les relations difficiles, les emplois inadéquats, les accidents, les blessures ou les difficultés de toute sorte, chaque épreuve nourrit l’âme de façon à ce que celle-ci apprenne et intègre de nouvelles notions. C’est d’ailleurs pour cela qu’on dit souvent que les personnes plus avancées en âge sont plus sages.

La raison d’être d’une rencontre, qui peut durer que quelques minutes, peut être découverte des années plus tard. Il m’est arrivé de comprendre dernièrement le pourquoi de certains événements vécus à l’adolescence ou le début de l’âge adulte. Comme si tout à coup, ça prenait un sens. Comme si, soudainement, un éclairage nouveau apportait une clarté jusque-là imprévue sur ma vie.

Même les situations qui nous semblent futiles et banales peuvent nous marquer, des années plus tard. Un simple échange de regard peut changer le cours d’une journée, un sourire peut atténuer une peine sans qu’on s’en rende compte. Il est donc d’autant plus important de ressentir, de s’enraciner pour percevoir les subtilités de la vie qui nous entoure.

Vivre comme si le temps était compté, vivre en appréciant chaque seconde, chaque minute, chaque journée, ne pas laisser les soucis insignifiants miner notre moral, c’est donc une attitude gagnante si on veut vivre heureux. La notion de bonheur étant relative et variable d’une personne à l’autre, on peut quand même s’entendre pour un strict minimum requis et tenter d’intégrer le fait que le reste, ce n’est que passager.

Déjà, quand on arrive à relativiser, à comprendre que ce qui nous arrive ne nous définit pas, on peut espérer vivre le cœur plus léger et mieux jouir de ce qui nous est donné. Le bonheur ne se calcule pas en salaire, en pieds carrés dans une maison ou en vêtements dans les placards. Le bonheur, ça se ressent, ça se vit, tout simplement. Et si on était en mesure d’appliquer ce principe à chaque jour, il y aurait moins de stress, moins de gaspillage, moins de violence dans la vie de tous et chacun.

Il ne s’agit pas ici de culpabiliser ni de critiquer mais bien de tenter de faire prendre conscience qu’on a un pouvoir sur notre vie, notre état. Si chacun fait un petit effort pour se préoccuper des autres, je crois qu’on pourra tous en bénéficier. Et en se concentrant sur l’essentiel, sur ce qui nous apporte du positif, on avancera tous, sur notre chemin de vie en sentant qu’on y a une place de choix.

 

Photo : Unsplash | John Westrock

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