Choisir ou subir

Jon Tyson

Dans la vie, on ne choisit pas toujours ce qui nous arrive. On peut influencer notre situation, bien entendu, mais des imprévus, ça arrive à tout le monde. Et à vouloir trop contrôler, on se crée du stress inutile. Par contre, ce sur quoi on a une certaine emprise, c’est notre façon de réagir aux événements, sur ce qu’on laisse nous atteindre. Ça, c’est selon moi la clé importante de notre bien-être.

Un peu comme on choisit nos vêtements, on peut décider de ce à quoi on sera perméable. Un jour de pluie comme aujourd’hui, si vous choisissez de sortir en sandales et camisole, il serait injustifié de vous plaindre d’arriver trempé au bureau! Pour vos émotions, votre cœur, votre âme, c’est la même chose. On peut décider de ce qu’on laisse entrer dans notre bulle, de ce à quoi on accorde notre énergie, notre esprit et notre temps.

Certains me diront que c’est plus facile à dire qu’à faire mais pour avoir longtemps été déconnecté de cela, je peux vous garantir qu’on peut changer, s’améliorer et changer notre point de vue, graduellement. Pendant longtemps, j’avais l’impression de subir les affres de la vie sans me demander ce qui clochait. C’est si facile d’accuser les autres et tout ce qui nous entoure qu’on peut facilement passer sa vie sans jamais se remettre en question.

Mais quand on prend le temps de s’y arrêter, quand on regarde ce qu’il y a en commun dans toutes ces situations négatives, on finit par comprendre que la pierre angulaire c’est nous. Et loin de moi l’idée ou le désir de culpabiliser qui que ce soit. Des malchances, on en vit tous. Mais la manière dont on réagit et ce qu’on décide d’en faire, ça, ça nous appartient. On peut s’apitoyer et se dire « pauvre de moi »… Ou on peut tenter de voir ce qu’on a à apprendre de cela pour éviter de s’y retrouver à nouveau.

C’est comme les commentaires sur Facebook… On peut perdre son temps à lire ce que tout le monde publie et pense de tout, ou on peut passer du temps avec ses proches à échanger dans la vraie vie. Personnellement, je m’en fous éperdument de ce que pensent Roger et Ginette du dernier veston de Justin Trudeau, de même que l’opinion de tout un chacun sur le retour de Céline. Les réseaux sociaux ont apporté avec eux cette tendance à vouloir s’exprimer sur tout. Mais malheureusement ça fait aussi en sorte qu’on perd le contact avec les vrais gens, ceux qu’on aime et qui sont importants.

Et toute cette bouillie pour les chats qui pullule sur Internet, ça peut nous laisser amer et affecter notre moral. Et c’est dommage de voir des gens, des couples, des familles, se délaisser parce qu’ils ne s’accordent plus l’énergie nécessaire pour entretenir de saines relations. L’isolement créé par ces plateformes est réel et néfaste mais c’est si profond et pernicieux que personne ne s’en rend vraiment compte. Tout le monde joue la carte du « moi je ne suis pas si pire que ça » mais un délai d’attente de 5 minutes dans une file révèle la dépendance des gens envers leur téléphone et la sphère Facebook.

On choisit comme on réagit aux situations tout comme on a le contrôle sur ce à quoi on consacre notre temps et notre énergie. Mais il faut décoller de son écran pour cela et prendre le temps de ressentir au lieu de se gaver de futilités virtuelles. C’est pourquoi j’ai décidé de moins écrire ici, et c’est pourquoi je passe moins de temps sur Facebook en général. Le virtuel est mon travail, je n’ai pas besoin que mon temps libre et ma vie privée y soient aussi consacrés…

Photo : Unsplash | Jon Tyson

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