Posts in "Société" Category

Prendre soin de son moi

rawpixel

On en parle de toutes les façons, on se met une pression monstre pour être dans la tendance du vegan/slow food/écolo/zéro déchet et que sais-je encore. Mais au bout du compte, pourquoi on essaie tout cela? Si le fondement de notre démarche est de bien paraître, j’ai comme le feeling que ça ne durera pas. Si, en revanche, on prend conscience de notre impact sur l’environnement, on prend le temps de mesurer les effets des changements sur notre santé, notre sommeil, notre respiration, nos douleurs, on a plus de chances d’intégrer à long terme ces nouvelles habitudes.

Mais aujourd’hui, tout doit aller tellement vite. On s’attend presque à avoir des bénéfices dans les minutes qui suivent un changement. On voudrait pouvoir le diffuser sur Facebook ou Instagram rapidement, en faire la promotion à notre souper de filles du samedi et surtout, ne pas avoir à trop faire d’efforts pour avoir des résultats. C’est comme ça, on est rendu dans une société qui nous habitue à l’instantanéité. Alors ça crée des attentes.

L’important, c’est d’être conscient du processus qui est nécessaire. Premièrement, le corps, la tête et tout l’ensemble de notre être doit percevoir le changement. Ce n’est pas comme la cortisone, ça prend du temps à être ressenti. Le changement, le corps le perçoit graduellement. On change notre alimentation mais ça prend plusieurs jours avant d’en constater les effets. On arrête ou on diminue notre consommation d’alcool mais le corps a besoin de temps avant de se purifier. On prend des produits naturels mais ce n’est pas magique.

Combien de fois ai-je entendu quelqu’un me dire : ah j’ai essayé tel truc mais ça n’a pas marché. Et quand je demande pendant combien de temps le test a été fait, on me répond souvent « une semaine ». Alors, on se gave de cochonneries pendant des années, on se soucie peu de son alimentation pendant 20 ans, on ne bouge pas, on dort mal, bref, on ne prend pas soin de soi pendant une longue durée et il faudrait qu’en quelques jours, tout cela soit inversé?

Je ne suis vraiment pas là pour faire la morale à qui que ce soit, ni pour juger ou critiquer. Mais j’ai juste envie qu’on prenne conscience que de déprogrammer notre cerveau d’une vieille habitude, de décrasser notre carcasse, de purifier notre système et de modifier nos comportements, ça demande du temps. Même si prendre son temps n’est plus dans l’air du temps, c’est un passage obligé, c’est un processus inévitable.

Et chacun son chemin comme on dit. Si ça ne vous tente pas de vous donner le temps, ça vous appartient. J’espère seulement que vos attentes seront proportionnelles aux efforts que vous mettez, pour que vous ne soyez pas déçus ou découragés. Et je sais que tout autour de nous nous pousse à faire vite, à tourner les coins ronds, à procéder efficacement. Mais notre corps et notre âme, c’est bien souvent de calme, de lenteur, de ressenti et de reconnexion avec soi qu’ils ont besoin. Prendre soin de son moi, c’est exigeant et ça demande un investissement réel, concret.

Mais, malgré ce constat, malgré ce vertige devant l’engagement nécessaire, je peux vous garantir que ça vaut le coup, et que l’énergie qu’on investit en soi nous est profitable sur le très long terme. Se prioriser, ce n’est pas être égoïste car quand on a un genou à terre, quand on n’est pas à son maximum, il est plus difficile d’être disponible pour les autres. C’est un cercle, un cycle. Se donner à soi permet de redonner aux autres. Alors, je vous souhaite un beau week-end de détente, de bonheur, de plaisir et surtout, d’écoute, de soi et des autres. Parce que ça, ça ne s’achète pas.

Photo : Unsplash | rawpixel

La laideur humaine

Trần Toàn

Vous avez surement vu passer sur les réseaux sociaux et autres médias les commentaires haineux qui ont défilés sous la publication de la nouvelle de TVA concernant la famille qui a été victime d’un incendie majeur à Halifax, où 7 enfants ont perdu la vie. Cette famille syrienne s’était installée au pays grâce à un parrainage en 2017. Malheureusement, leur rêve a viré au cauchemar en cette triste nuit. Les parents ont survécu et sont actuellement hospitalisés. Je n’ose imaginer leur peine, leur désarroi.

Ce drame affreux qui a décimé une famille ayant déjà dû quitter son pays d’origine a fait remonter le plus laid de l’humain : le racisme, la haine et l’intimidation. Je ne citerai pas ce que j’y ai lu parce que c’est tellement ignoble que ça ne mérite pas d’être publié à nouveau. Mais à chaque fois que je vois ce type de réaction, je me demande où s’en va le monde. Ces gens n’ont rien en commun, ils ne connaissent pas les victimes, habitent à des milliers de kilomètres de la tragédie mais se permettent de juger et de salir la réputation de parfaits inconnus.

Pourquoi? Je ne saurais répondre à cette question. Mais ça en dit long sur ces détracteurs, sur leur faculté d’empathie, d’altruisme et leur capacité de se projeter dans une situation vécue par autrui. Je ne comprendrai jamais ce besoin de déverser sa haine à de purs inconnus sur une situation tellement loin de soi. L’intolérance n’a pas sa place en société et plusieurs semblent oublier à quel point on est privilégié de vivre dans un pays sans danger ni catastrophe. Accueillir les moins chanceux est notre devoir de citoyen et rien ne nous appartient. Ce n’est pas parce qu’on est né ici qu’on va agir en barbare et souhaiter la mort de ceux qui nous ressemblent moins.

La souffrance humaine, ça fait ressortir de beaux gestes de solidarité et de compassion mais ça met aussi en lumière la laideur, les blessures profondes et ça projette des échos sombres et malsains trop loin, trop fort. J’ai mal à mon âme quand je vois ce type de réaction, je me demande où on a échoué collectivement pour que certains des nôtres se permettent tant de méchanceté.

Je suis peut-être utopiste, naïve ou trop optimiste mais j’ai envie qu’on s’aide et qu’on s’aime, pas qu’on se tape sur la gueule et qu’on s’insulte à tout vent. Car ma motivation première est mon propre bien-être et celui de tous. Et ce n’est pas dans la haine et dans la violence verbale ou physique qu’on vit bien, qu’on est zen, qu’on a envie de sourire et de grandir.

Je suis abasourdie, c’est le mot. Je crois que je préfère croire qu’on est tous profondément bons et qu’il faut seulement se parler pour mieux se comprendre. Peut-être me direz-vous qu’il y a des cas perdus, des causes qui ne valent plus la peine qu’on s’y attarde mais ça fait mal à tout le monde quand déferle cette vague de laideur alors on doit, collectivement, se soutenir, réagir, s’élever et dénoncer.

Oui, les médias ont une part de responsabilité en ne laissant pas perdurer une telle situation. Laisser faire c’est encourager, cautionner. Mais, en temps normal, avant cette possibilité d’écrire tout ce qui nous passe par la tête, on aurait fait quoi? Quelqu’un, sur le trottoir, déverse son fiel ainsi à haute voix? On appelle la police et on tente d’aider cette personne à reprendre contact avec la réalité, on le soigne, on l’écoute, on l’accompagne dans sa réhabilitation. Mais quand c’est virtuel, on fait quoi?

La solution ne peut pas être de fermer les yeux. Et si, collectivement, on y pensait et on tentait de trouver une solution, un code d’éthique, une ligne directrice? Ça fait trop mal pour laisser cela passer. Ce n’est pas nous, ça.

Photo : Unsplash | Trần Toàn

Février sobre

1er février déjà. Je suis de retour de quelques jours au soleil, dans ce froid glacial. Mais je ne vais pas torturer ceux et celles qui ne peuvent pas partir avec mes photos de voyage et mes pensées sur la beauté de la mer. Comme on dit, je vais me garder une petite gêne. J’avais plutôt envie de vous entretenir sur le « défi » 28 jours qui consiste à ne pas boire d’alcool (ou consommer des drogues d’ailleurs) pendant tout le mois de février.

C’est qu’hier, une connaissance à moi a publié un commentaire mitigé sur Facebook concernant ce « défi » et ça m’a interpellé. Premièrement, je comprends que d’un point de vue marketing, c’est plus vendeur d’appeler cela un défi. Toutefois, j’ai l’impression que ça pervertit un peu le fondement de cette organisation. Je participe à la cause par choix et par nécessité. Par choix, parce que j’aime me déstabiliser un peu et que, même si je n’ai vraiment pas envie de boire tous les jours, ça peut devenir plus difficile lorsqu’on a quelques sorties entre amis prévues dans le mois. Un 5 à 7 sans alcool, ça peut représenter un certain défi.

Mais aussi par nécessité puisque je connais des gens qui, eux, sont incapables de se priver d’alcool pendant une aussi longue période. Pas parce qu’ils sont faibles, pas parce qu’ils n’ont aucune volonté : parce qu’ils sont malades. L’alcoolisme, c’est une maladie. Soyons-en conscient.

Je relève ce « défi » car il permet de mettre en lumière un problème de société mais aussi d’intimité. Collectivement, on soutient cette place accordée à l’alcool. Il suffit d’allumer la télé pour voir des personnages ouvrir une bouteille de merlot après une journée difficile, arroser une victoire à grand coup de Gin tonic ou des amis festoyer allègrement. Mais dans l’intimité des maisons, beaucoup de famille souffrent de cette légèreté associée à l’alcool. Car quand ça devient nécessaire, quand la bouteille est une béquille, ça n’a plus rien de léger. Ça devient un boulet, un poids lourd pour l’entourage autant que pour la personne qui en souffre.

Je relève ce « défi » pour aider à amasser des fonds que la Fondation Jean Lapointe investit dans la formation et la sensibilisation aux problèmes liés à la consommation, particulièrement auprès des jeunes. Ce que réalise cet organisme est grandiose et il a besoin de notre soutien. Parce que le gouvernement n’injecte pas assez de fonds et que ça prend du monde qui y croit et qui s’investit corps et âme pour que ça fonctionne.

Se priver d’alcool pendant 28 jours, ça n’a rien d’un exploit pour moi. J’aurai peut-être quelques moments de blues, des semaines difficiles qui se termineront par une envie de chablis le vendredi soir. Mais comme je le fais à chaque année depuis quelques temps, je n’aurai pas de difficulté à passer par-dessus cette pulsion. Tous n’ont pas cet ancrage en eux pour se maîtriser.

Ça fait du bien de se priver car ça permet de constater, de prendre du recul et de réfléchir de façon lucide et profonde. Et si quelqu’un autour de moi flanche en cours de route, je l’épaulerai au lieu de le juger. Parce que je crois sincèrement qu’on doit accepter les gens comme ils sont, dans leur force autant que dans les moments moins glorieux.

Vous trouvez cela insignifiant comme « défi »? Je vous invite à regarder autour de vous et à ouvrir vos yeux mais aussi votre cœur. C’est facile de ne pas voir la souffrance quand on ne veut pas la voir. Ce n’est peut-être pas un défi pour vous mais ça l’est pour bien des gens et on peut, collectivement, embarquer dans cette initiative pour démontrer notre soutien.

Je fais ce défi pour ma santé mais aussi pour celle de tous ceux qui ont besoin de ce petit coup de pouce pour changer leurs habitudes malsaines. J’ai fait mon don et je tenterai d’en collecter pendant tout le mois pour que la Fondation Jean Lapointe puisse continuer de rencontrer des dizaines de milliers d’adolescents dans les écoles secondaires du Québec chaque année. Leurs ateliers de prévention au sujet des risques liées à la consommation d’alcool, de cannabis et des autres drogues fonctionnent vraiment.

Merci à la fondation d’être là pour que nos jeunes comprennent mieux que nous.

Merci à vous de nous soutenir dans cette cause. Si l’envie vous prend de faire un don, c’est par ici. Et si vous désirez participer, joignez-vous à nous. Plus on est de fous, plus on rit!

Minuit moins une

Javardh

Hier soir, à Radio-Canada, une grande émission portant sur la thématique de l’environnement était diffusée en direct. Animée par Céline Galipeau, « Minuit moins une pour la planète » regroupait un panel de spécialistes du domaine. Et au lieu d’opter pour l’approche alarmiste, quoi qu’on nous ait quand même servi quelques statistiques et faits inquiétants nécessaires à la compréhension de la situation, on nous invitait à réfléchir et à s’informer sur les moyens de faire notre part. Des exemples de partout dans le monde étaient présentés, grâce aux correspondants présents à l’étranger, pour démontrer qu’avec de la volonté et l’ouverture d’esprit, tout est possible.

Si vous n’avez pas pu visionner cette émission spéciale, elle est disponible en ligne ici. Surprise agréable, l’animatrice a pu s’entretenir précédemment avec l’ancien ministre français de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, qui avait démissionné en direct à la radio à la suite de son constat décevant du manque de volonté de son gouvernement de faire les changements nécessaires pour freiner la dérive environnementale. L’icône du mouvement écologiste français n’a pas réussi à imposer un nouveau modèle, à faire changer les choses. Et il avait cette impression de tromper la population.

Plusieurs figures marquantes de la sphère écologique nous ont partagé leur vision, dont Laure Waridel que j’adore écouter car elle sait nous transmettre sa passion et son amour infini pour l’innovation en développement durable. Pionnière du commerce équitable et cofondatrice d’Équiterre, elle est membre de la Chaire de recherche de la transition écologique de l’UQAM. Et ses acolytes étaient tout aussi qualifiés et intéressants : Catherine Morency, ingénieure, professeure à Polytechnique et titulaire de deux Chaires de recherche sur la mobilité des personnes et Alain Webster, professeur en économie de l’environnement à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke

Regrouper des experts en la matière pour échanger et partager les initiatives de partout, ça me semble le meilleur moyen d’éveiller les consciences et de faire réaliser au plus récalcitrant que l’heure est venue de sortir de son petit nombril et d’accepter de modifier ses habitudes. Ensemble, on peut faire une différence et c’est à nous de mettre de la pression sur nos gouvernements pour qu’ils instaurent des projets, des lois et des normes à la hauteur du respect que nous avons envers notre planète souffrante.

Le titre le dit bien, il est minuit moins une. Et à voir les recours collectifs de jeunes, d’ici et d’ailleurs, qui se regroupent pour défendre leur droit de vivre sur une planète saine, ça démontre clairement qu’il ne nous reste que peu de temps pour changer de cap radicalement. Les coûts reliés aux catastrophes générées par les changements climatiques dépassent largement les investissements nécessaires pour s’adapter et ça ira en empirant… Ça prend quoi pour qu’on mette en place les mesures nécessaires? Plus de morts? Plus de disparitions d’espèces de la faune et la flore?

Heureusement, nous sommes ingénieux et nous avons les moyens de faire le virage vert dont on parle depuis si longtemps. Et nous avons des maîtres dans l’art de nous mobiliser et nous informer face aux défis environnementaux auxquels nous faisons face. Il faut cependant tendre l’oreille et accepter que oui, on devra changer et s’adapter. Le changement, ça fait peur et fondamentalement, l’humain est réfractaire. Mais si on veut conserver notre qualité de vie, nos belles forêts et nos rivières si agréables, on doit agir. MAINTENANT.

Ce n’est plus qu’une simple question de recyclage. C’est une question de justice sociale. Car les générations à venir ont droit à une qualité de vie. Et actuellement, nous sommes en train de détruire et de gaspiller les ressources de manière sauvage, ce qui les privera d’une vie saine. C’est dur à lire ce matin? Imaginer à vivre, en 2050. 2050 en passant c’est dans 31 ans. Pas dans un million d’années…

La planète a déjà prouvé par le passé qu’elle peut expulser les éléments perturbateurs à sa survie. Ça serait le fun qu’en tant que population humaine, on ne soit pas évincé de notre demeure. Que dans l’histoire du monde, dans des milliers d’années, on ne soit pas les cancres dans les livres d’histoire, quand la nouvelle vie qui renaîtra découvrira notre massacre écologique. Yes, we can!

Photo : Unsplash | Javardh

Le silence n’est pas une option

Kristina Flour

Ce matin, j’ai été complètement outrée de lire les articles concernant l’affaire Rozon. Le DPCP a rejeté du revers de la main plusieurs plaintes pour diverses raisons. Ces femmes, qui ont eu le courage de sortir de leur silence, de dénoncer, de se lever debout et de tenir tête à un homme abject se font dire qu’elles n’auront pas accès à la tribune légale au criminel pour obtenir justice. Et ça me dégoûte, ça me répugne.

Parce que ça revient encore à dire que l’argent achète tout, que le pouvoir est difficilement ébranlable et que les femmes ne sont toujours pas prises au sérieux. Ça me jette à terre de constater qu’encore aujourd’hui, après la vague du #metoo, après les dénonciations, les manifestations, les rassemblements et les beaux discours, on n’a pas avancé d’un iota du point de vue de la loi.

Alors si vous subissez une agression aujourd’hui, serez-vous tentée de dénoncer, de porter plainte, de subir les multiples interrogatoires où vous répéterez dans cesse votre histoire au point que vous en serez mêlée vous-même? Selon moi, une victime de décembre 2018 se taira après avoir constaté que même l’évidence de l’affaire Rozon n’a pas suffi à ébranler le système actuel.

J’ai moi-même dû subir une dizaine d’événements dans ma vie qui auraient pu mener à une plainte. De la violence aux comportements irrespectueux d’ordre sexuel, j’en ai vu, j’en ai vécu et je connais très peu de femmes de mon entourage qui n’ont jamais subi cela. Sans qu’on parle d’une soirée d’horreur après une date douteuse, au quotidien, on peut facilement être victime d’agression. Dans le métro, au bureau, dans un bar, ou peu importe où, on doit demeurer vigilantes.

Je parle au féminin mais je connais suffisamment d’hommes qui ont eu aussi vécu de telles histoires pour dire que tout humain est à risque. Et tout ça, ce n’est pas normal, ce n’est pas acceptable. Certains diront peut-être que les dénonciations médiatiques constituent une forme de règlement de compte, que la vie de ces agresseurs connus ne sera plus jamais la même. Mais entre avoir un dossier criminel et simplement se faire regarder de travers, il y a tout un monde.

Je n’accepte pas la décision du DPCP et je n’ose imaginer le coup de poignard que cette nouvelle a pu être pour les victimes qui, les unes après les autres, ont dû rencontrer le procureur en charge du dossier cette semaine. À lire les réactions dans la presse ce matin, on comprend que la délicatesse n’est pas non plus la grande force de cette entité judiciaire qu’est le DPCP.

On parlait avant des policiers qui minimisaient les plaintes des victimes mais on constate aujourd’hui que c’est tout l’appareil qui est à revoir, à moderniser. Espérons que le procès au civil, intenté par le collectif Les courageuses, portera fruit pour au moins apporter un baume à ces battantes qui tentent d’obtenir justice.

Ce mercredi 12 décembre en est un sombre pour la justice et l’égalité. Être une femme aujourd’hui, ce n’est pas encore être traitée également et justement. Et c’est ça, au fond, qui m’horripile. Quand je pense à ma nièce et aux enfants qui m’entourent, j’ai mal de savoir que si un tel événement leur arrive, on n’aura pas su leur offrir une option juste et équitable pour se défendre, pour retrouver un peu de foi en l’humanité.

J’ai honte pour ces femmes qui ont osé se lever et qui croyaient qu’on pourrait enfin mettre un terme à ce cercle vicieux de la culpabilisation de la victime. L’intégrité physique et mentale d’un humain, quand elle est bafouée, doit faire l’objet d’un examen consciencieux et juste. Cessons d’avoir peur, d’être frileux devant les changements de loi et démontrons que nous sommes solidaires à ces victimes qui viennent de recevoir une claque en plein visage, une fois de plus.

On leur a dit qu’on ne voulait pas les écouter. Mais il est trop tard pour cela. On ne peut plus se taire.

Photo : Unsplash | Kristina Flour