Posts by "trouv" — Page 126

Dire je t’aime, un livre à la fois

Alisa Anton

Hier, je vous ai fait part de mon petit souci de santé qui exigeait de moi une pause de course. Après une visite chez mon ostéopathe, je dois admettre l’évidence : je ne suis pas certaine que la course soit un sport fait pour moi. Ce n’est pas encore le verdict officiel mais comme mon syndrome fémoro-patellaire a décidé de venir se pointer le nez dans mon programme d’entraînement, je crains le pire.

Mais comme je suis une personne positive qui tente de voir dans chaque épreuve un apprentissage et/ou une leçon, je me dis que c’est pour le mieux. Peut-être que cela me permettra de découvrir de nouvelles activités complémentaires pour épargner mon genou ou de nouvelles techniques pour renforcer mes structures et ainsi m’adapter à cette réalité.

Quoi qu’il en soit, je me dis que c’est une opportunité pour varier les activités et avec l’automne qui s’amène, j’ai envie d’ajouter une dose de créativité dans mon quotidien. Je vous ai parlé l’hiver dernier du livre Comme par magie de l’auteure Elizabeth Gilbert et je me suis remise à cette lecture avec beaucoup d’intérêt. Je ne sais pas pour vous mais moi, il m’arrive souvent de commencer un livre et de savoir que ce n’est pas le bon moment pour l’aborder. J’ai plusieurs bouquins entamés dans ma bibliothèque qui n’attendent que mon retour. Je crois sincèrement que certains ouvrages demandent un certain état d’esprit pour accueillir les propos de l’auteur.

C’est donc remplie d’enthousiasme que je j’ai recommencé à lire ce livre et tout à coup, j’ai eu l’impression que c’était le parfait moment pour le faire. Comme si le livre avait été écrit uniquement pour moi. Mme Gilbert y parle de créativité avec un angle très poétique et mystique qui exige une certaine ouverture d’esprit. Les plus pragmatiques se sentiront peut-être perdus devant cette approche presque spirituelle mais j’ai pour mon dire qu’on a besoin d’un peu de magie dans notre monde sombre et alarmiste.

Avant, quand je lisais ce type de bouquin, je me lançais dans des projets grandioses, avec des idées plein la tête et malheureusement bien souvent, quelques semaines plus tard, l’étincelle était éteinte et j’abandonnais le tout pour trouver une nouvelle saveur. Cette fois-ci, je savoure chaque page du livre, je prends le temps de sentir ce que ça évoque en moi, ce qui résonne et je contemple la beauté des souvenirs évoqués.

La lecture, c’est aussi ça. Ça permet de rêver, de reculer dans le temps, de se projeter, d’éclairer son esprit et d’y amener des émotions positives. Un peu comme la musique peut le faire. Il s’agit d’ailleurs de deux compagnons de vie essentiels à mes yeux. Particulièrement quand l’automne prend ses aises et nous offre de petits matins frisquets.

Bientôt, les listes de cadeaux de Noël s’échangeront et les gens se rueront dans les magasins pour accomplir cette besogne le plus sereinement possible (yeah right). Je vous invite à inclure au moins quelques livres dans vos cadeaux pour inciter vos amis et parents à profiter du talent des créateurs d’ici et d’ailleurs. Le Salon du livre se tiendra d’ailleurs à Montréal du 16 au 21 novembre. Quelle belle occasion de joindre l’utile à l’agréable!

À mes yeux, offrir un livre, c’est comme dire je t’aime à quelqu’un.

 

Photo : Unsplash | Alisa Anton

Quand une blessure mène à la beauté

Justin Luebke

Hier, j’ai frappé un mur, j’ai dû accepter l’évidence : mon corps a décidé de prendre une pause de la course. Mes genoux ne veulent tout simplement plus courir. C’est frustrant mais c’est comme ça… Et avec toutes les péripéties de santé que j’ai vécues dans les dernières années, s’il y a une chose que je ne fais plus, c’est m’entêter contre mon corps.

On s’entend, c’est loin d’être un problème majeur d’ordre national. Mais j’étais sur une belle lancée, sur un élan positif pour ma santé physique et mentale. Mais la vie a décidé que je devais ralentir, encore une fois. J’ai peut-être des ambitions trop intenses ou des visées trop rapides mais quoi qu’il en soit, je m’adonne plus à la lecture qu’à la foulée en ce moment…

Parlant de lecture… Hier, sage comme une image, j’ai fait installer mes pneus d’hiver, en avance, pour être prête à affronter l’hiver. Comme mon garage est situé à quelques minutes du Carrefour Laval (endroit que j’évite de fréquenter en dehors de mes visites au garage), j’en ai profité pour aller faire des petits achats et heureusement, une librairie figure parmi les magasins de ce lieu.

Ce n’est pas le choix qui manquait mais j’ai été attirée par un bouquin différent dont un des auteurs, l’architecte Pierre Thibault, m’a complètement séduite à Tout le monde en parle ce dimanche. Je parle bien sûr du livre « Et si la beauté rendait heureux » qu’il a publié avec le journaliste François Cardinal. Au dos, on peut y lire cette phrase : ce livre inspirant donne envie de côtoyer la beauté au quotidien et de bâtir un environnement où l’on puisse se poser, se réjouir et vivre ensemble.

N’est-ce pas encourageant que des hommes brillants s’attardent sur ce sujet et nous partage leur vision et leurs découvertes? Moi je trouve cela franchement rafraîchissant et j’ose espérer qu’on va avoir plus de Pierre Thibault qui vont collaborer aux grands projets de notre société. Entendre cet homme parler des écoles comme un milieu de vie où les enfants devraient se sentir en sécurité et à l’aise en ayant envie d’apprendre et de grandir, ça ne fait que renforcer ma pensée qu’il manque de gens de cette trempe dans les niveaux décisionnels.

Dans le livre, je suis tombée par hasard sur ce passage :

Je viens tout juste de terminer des bureaux pour une grande firme. J’y ai aménagé un espace pour s’arrêter, contempler, partager. […] Ce n’est pas un lieu de production, c’est un lieu qui envoie un message clair : « Dans cette entreprise, nous pouvons être assis ailleurs que devant notre ordinateur à faire  » tac tac tac « … »

Je trouve ça merveilleux. Lire ces mots, noirs sur blancs, c’est comme réaliser que je ne suis pas seule à penser ainsi, à avoir l’impression qu’on est parfois des petits rats de laboratoire cloués à nos chaises de bureaux dans nos cubicules gris… Il existe d’autres modèles, d’autres façons de faire, plus saines et surtout plus humaines.

Je veux plus de Pierre Thibault dans nos vies! En attendant, je vous invite à vous procurer cet ouvrage magnifique : Et si la beauté rendait heureux. Et en passant, ça fait un maudit beau cadeau de Noël ça! 😉

Photo : Unsplash | Justin Luebke

Société de performance

Lacie Slezak

Hier, j’ai regardé avec intérêt le documentaire « Société de performance » diffusé par Télé-Québec qui se penche sur le phénomène par lequel l’humain d’aujourd’hui est devenu une véritable microentreprise à qui on demande toujours plus, toujours mieux, et qui est de plus en plus en train de craquer, littéralement.

On a tous dans notre entourage (ou peut-être est-ce même nous) une personne qui un beau matin a flanché, incapable d’aller travailler ou de s’acquitter de ses tâches quotidiennes. Ce sont les cas flagrants, ceux qui ne démentent pas. Mais ce qu’on sait moins, c’est la quantité de gens qui prennent des somnifères et des anxiolytiques pour être « fonctionnels ». Et qui pendant des années penseront être à l’abri de la crise alors qu’elle ne fait que se construire dans un corps anesthésié par les pilules.

Dans ce documentaire, on apprend que 25 % à 50 % des travailleurs canadiens expérimenteront un jour le surmenage et que la dépression gravit les échelons pour, selon les prévisions, se retrouver d’ici 2020 au 2e rang des principales causes d’incapacité à l’échelle mondiale. Ce n’est pas rien…

Mais on fait comme si ce n’était rien! On continue de brûler la chandelle par les 2 bouts, à surconsommer, à se surpasser, à surperformer… Parce qu’il ne suffit plus de suivre le rythme ambiant, il faut être le meilleur, le plus rapide, le plus performant… Être celui qui initie ce rythme, qui mérite la photo sur Instagram et le like sur Facebook…

Et de plus en plus, des gens frappent le mur et s’effondrent, réalisant avec effroi que tous ces efforts ne sont jamais suffisants et que le vide que cela a créé à l’intérieur est troublant et destructeur. À force de trop vouloir être ce que la société reflète comme image idéale, on en oublie d’être soi…

J’ai frappé ce mur plus jeune et je me souviendrai toujours du jour où, dans un ascenseur, j’ai senti le flou qui m’entourait. J’avais de la misère à respirer, je me sentais prise au piège. Et je savais que cette pression, je me l’étais mise moi-même sur les épaules.

Ça m’a pris des années à comprendre et beaucoup de séances de thérapie pour simplement admettre que j’étais complètement déconnectée de mon cœur, de moi-même… Je vivais dans ma tête, à un rythme effréné, j’accumulais les défis, je me taillais une place au dépend de ma santé mentale.

Et hier, en regardant ce documentaire touchant, j’ai compris que beaucoup de gens, encore aujourd’hui et plus que jamais, vivent cette période sombre, sans qu’on soit capable d’en parler adéquatement. Notre société préfère inventer des smart drugs (amplificateurs cognitifs) pour que les gens puissent continuer de courir à leur perte plutôt que d’éduquer nos futurs citoyens à l’importance d’être soi-même et au respect du rythme personnel de chacun.

Les décorations de Noël commencent à envahir les magasins et cette période de réjouissance en est aussi une de surconsommation, de surcharge émotive et de stress. Donnons-nous le droit de vivre ce moment plus simplement, sans dépenser des fortunes en décorations cheap et en nourriture abondante. Misons donc sur les rencontres chaleureuses plutôt que sur le paraître. Peut-être qu’on sortira de cette bulle moins épuisés et plus outillés pour entamer une transformation intérieure qui nous aidera le reste de notre vie. Soyons nous-mêmes, c’est surement le plus beau cadeau qu’on puisse s’offrir…

 

Photo : Unsplash | Lacie Slezak

Quand les astres s’alignent

Greg Rakozy

Vous avez surement remarqué que, depuis quelques semaines, j’écris mes billets plus tard dans la journée. C’est que je n’ai plus ma routine matinale ultra serrée qui m’amenait au bureau à 7 h 30 et qui me laissait une petite plage de 30 minutes pour rédiger, réviser et diffuser mon billet de blogue. Si vous me suivez un peu, vous savez que j’ai décidé de prendre une pause professionnelle. Petit statut…

Depuis le 16 septembre, je ne travaille pas. J’ai cassé avec mon travail. Et c’est une des meilleures décisions de ma vie! On peut rarement se permettre cela dans la vie mais quand on planifie bien et que les astres s’alignent, on plonge et ça donne ce que je vis depuis un mois. C’est-à-dire du temps pour moi, des matins avec pas de cadran, de la course à pied et du yoga à volonté, des journées complètes de cuisine, de lecture ou de séries en rafale.

Je sais que ce temps tire à sa fin car un moment donné, le compte de banque commence à me regarder avec ses gros yeux. Mais aussi parce que j’ai envie de participer à un projet, avoir une équipe de travail et jaser avec d’autres que mon chat vieillissant (qui soit dit en passant vit un miracle de rétablissement inexplicable du point de vue de la vétérinaire. Ah ce que l’amour d’une maîtresse peut faire!).

Je crois que c’est ce que j’aime le plus de mon statut de consultante : je peux être dans un projet intense pendant quelques mois puis aller m’enfermer chez-moi et reprendre mon souffle et mon équilibre, tout ça dans la même année. Et j’accepte cette facette de ma personnalité, ce besoin de changement perpétuel, d’être plongée dans un nouveau contexte, de faire le caméléon et de tout recommencer quelques temps après. Certains détestent et en font de l’urticaire, moi j’adore. Je me sens vivante et active comme jamais.

Dans ma vie personnelle j’ai par contre besoin de plus de stabilité. Je suis fidèle à mon ostéopathe, mon coiffeur, ma psy et j’ai mes repères prévisibles et sécurisants. J’entretiens mes relations d’amitié comme des pierres précieuses, j’aime mon petit refuge résidentiel et je le bichonne au maximum.

Et ce petit vendredi pluvieux, j’y file le parfait bonheur. Je me suis réveillée (tard) au son de la pluie avec une grosse boule de poils couchée à mes côtés. Et je me sens privilégiée de pouvoir me reposer et prendre mon temps pour trouver mon prochain mandat. Même si je sais que les jours de repos sont comptés et que bientôt, moi aussi je serai dans mon véhicule à 6 h 30 le matin à soupirer à cause du trafic intense.

Mais d’ici là, je savoure et je profite au maximum de ce temps précieux. Et je réfléchis à quelques sections supplémentaires à ajouter à mon blogue. Des idées de recettes et d’aliments santé à vous partager? Mes lectures et découvertes musicales? Je n’ai pas encore décidé mais ce blogue est là pour rester. C’est mon petit projet personnel, où personne ne m’impose ses contraintes. Alors si vous avez des suggestions, elles sont les bienvenues!

Et d’ici là, je veux vous dire mille mercis de me suivre ainsi et de participer à cette aventure palpitante 🙂

 

Photo : Unsplash | Greg Rakozy

Croire en soi

Sergey Zolkin

On a tous, à un moment ou à un autre de notre vie, douté de soi. Que ce soit parce qu’on a vécu une épreuve difficile, parce qu’on se remet en question, parce qu’on est arrivé à un carrefour de notre passage sur terre ou simplement parce qu’on est confronté à des choix pénibles ou des changements, on a tous le droit à un moment donné de douter, de tergiverser, de se poser mille et une questions.

Ce processus est normal et je trouve qu’on ne se le permet pas assez. Comme si aujourd’hui, on devrait savoir quoi faire et où aller absolument, à tout prix, en tout temps. Alors qu’on sait pertinemment que c’est impossible. Le questionnement, à un certain degré, est tout à fait sain et permet de s’ouvrir à de nouvelles possibilités. Si on ne s’ouvre jamais, on reste pris dans nos patterns, dans notre petite zone de confort et on ne grandit pas ou peu.

Mais parfois, le doute s’installe pour rester, comme un compagnon, et dans ce cas, on doit agir et se faire accompagner au besoin. Quand on rendu au stade où prendre une décision devient impossible ou trop angoissant, c’est le signe qu’on n’a plus nécessairement la faculté de décider. Et ça aussi, c’est correct. Avoir besoin d’un guide, d’une personne objective qui nous écoute et met en lumière nos forces et nos faiblesses, c’est une démarche mature et  saine. Et non un signe de faiblesse comme certains peuvent le croire…

Je crois que de petites remises en question sporadiques nous permettent de garder la tête froide, les pieds sur terre et ne jamais se gonfler l’égo. Questionner ses choix de vie, c’est aussi se rappeler qu’on a le droit de changer, d’évoluer et de se tromper. Et se tromper, c’est admettre qu’on ne s’était pas nécessairement connecté à soi quand on a pris notre décision à l’origine. Et ça aussi je trouve cela très sain…

C’est rare qu’une personne puisse être entièrement en phase avec elle-même en tout temps et avouer avoir fait le mauvais choix, c’est être humain, c’est exister. Dans notre société d’aujourd’hui, on dirait que le droit à l’erreur est bannit et très mal vu. Pourtant, moi je trouve cela positif car c’est une prise de conscience. Si on reste dans notre malaise de peur d’être jugé tout en sachant qu’on a fait un mauvais choix, on ne fait que se ronger l’intérieur, gaspiller notre potentiel et notre vie dans quelque chose qui ne nous ressemble pas.

Finalement, changer, c’est positif… La preuve? La nature le fait à tous les 3 mois! Pas qu’elle se soit trompée mais bien que c’est nécessaire à son cycle de vie. Changer, c’est se régénérer, s’écouter et se choisir. Je crois que si les gens étaient plus à l’écoute d’eux-mêmes au lieu de se préoccuper de leur image et de l’opinion des autres, on serait plus heureux collectivement.

Soyons authentiques et sereins, je suis certaine qu’on a tous à gagner d’être plus à l’écoute de nos besoins réels.

 

Photo : Unsplash | Sergey Zolkin