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Être une femme en 2016 – prise 2

Ian Schneider

Hier, j’écrivais sur les difficultés d’être une femme en 2016 et de subir, encore, les commentaires et attitudes désobligeantes. C’était sans avoir pris connaissance du message haineux qu’un misogyne a affiché sur Twitter à l’intention des coauteures de l’essai féministe intitulé Les Superbes.

Quand on regarde le profil de l’homme, que je n’ai même pas envie de nommer ici pour ne pas lui faire de la publicité, on comprend clairement son habitude dans ce mépris véhiculé à l’endroit des femmes.

Ce cas révèle un phénomène trop fréquent dans notre société : celui des femmes qui dérangent. Quand on est une femme et qu’on n’est pas docile, rangée et effacée, certains hommes se sentent menacés dans leur virilité. Ce comportement, que je n’ai jamais pu comprendre, m’horripile au plus haut point. Une femme, comme un homme, a le droit à ses opinions, de prendre position, de s’affirmer et de gravir les échelons dans une entreprise comme dans la société. C’est le droit humain, tout simplement. Tu es un humain, tu y as ce droit, point à la ligne. Les enfants comme les adultes d’ailleurs peuvent émettre une idée, se positionner et débattre.

Énoncer un propos violent concernant la position d’une ou de plusieurs femmes sur leur place en société relève purement d’un acte criminel et j’espère sincèrement que cet homme sera puni par la loi. On ne peut pas tolérer ce type d’attitude antiféministe et agressive.

J’ai lu les répliques de certaines personnes disant que c’était de l’humour et que les réactions étaient disproportionnées. Je rappelle à ces gens que quand on traite une personne dont la peau est noire de nègre, on sait que ce n’est pas de l’humour et c’est tolérance zéro. Quand on rit du poids de quelqu’un, de son handicap, de son origine ethnique, du fait qu’il est nain, bègue ou peu importe sa différence, on est conscient de la blessure que cela peut engendrer chez cette personne. Associer Marc Lépine aux auteures de cet essai, c’est franchement répréhensible.

Le respect est une des valeurs les plus fondamentales d’une société digne de la démocratie et de l’égalité. Il n’y a pas si longtemps, les femmes ne pouvaient pas voter, divorcer, travailler… On a avancé et aujourd’hui, il est indéniable que l’égalité entre les sexes fait partie de nos valeurs. Des gens immigrent ici pour cette raison!

Comment peut-on tolérer qu’une personne ose diffuser un message discriminatoire et violent sans réagir? Je ne sais pas pour vous mais moi, ça vient me chercher au plus profond de mon âme et de mes tripes. Je suis une femme, je n’ai pas la langue dans ma poche et aussi longtemps que je vivrai, je défendrai le droit des femmes de s’exprimer et de prendre leur place dans la société.

Je souhaite à cet homme une sérieuse prise de conscience sur le statut de la femme. Malheureusement, cette situation vient appuyer le fait qu’on a encore du chemin à faire pour assurer la sécurité des femmes et le respect de leur opinion. Vos femmes, vos sœurs, vos filles et vos amies vivent dans cette société et font face à ce phénomène plus souvent que vous ne le croyez. Pensez-y…

 

Photo : Unsplash | Ian Schneider

Être une femme en 2016

Utomo Hendra Saputra

Quand je lis et que j’écoute les nouvelles ces jours-ci, j’essaie de ne pas trop me laisser miner le moral par tous ces sujets qui traitent du comportement envers les femmes. Que ce soit Trump, les agressions lors des initiations à l’université et dans les résidences ou le traitement réservé aux médecins au comportement inacceptable envers des patientes, il y a de quoi déprimer. On est en 2016 mais j’ai parfois l’impression qu’on a oublié d’évoluer sur certains aspects. Du moins, certaines personnes…

Être une femme, c’est encore aujourd’hui plus risqué que d’être un homme. Dans les milieux de travail, à l’épicerie ou dans le métro, il m’est arrivé de faire face à des hommes de Cro-Magnon assez arriérés merci. Des commentaires désobligeants, une attitude misogyne, des coups bas ou un sentiment d’inégalité… J’ai vu beaucoup de choses qui m’ont dérangé.

Je n’arrive pas à croire qu’encore aujourd’hui, des hommes puissent se permettre de traiter une femme comme plus faible que lui, qu’une personne puisse être persuadé qu’une femme n’est pas l’égal de l’homme. Et je trouve toujours triste de constater que des femmes se considèrent comme telles. Car oui, ça aussi, ça existe.

Des femmes qui ont eu un père qui dégradait ou rabaissait la gente féminine, ou peut-être était-ce un oncle un prof ou autre. J’en ai rencontré quelques-unes et j’ai eu des échanges houleux car jamais personne ne me convaincra qu’une femme ne peut pas équivaloir à un homme, peu importe dans quoi.

Un candidat à la présidence des États-Unis, avec tous ses millions en banque, qui parle de façon si déplacée que je ne répèterai pas ses propos ici, c’est épeurant et troublant. Mais dites-vous que c’est la pointe de l’iceberg car des hommes tenant ces propos, il y en a plus que vous pensez.

Vous êtes parent d’une jeune fille? Préparez-la à y faire face car tôt ou tard, ça arrivera. Ce n’est pas défaitiste mais bien réaliste. Et pensez à vos propres propos, parfois, sans même vous en rendre compte, vous pouvez influencer sa perception de la place des femmes dans la société.

Je rêve du jour où nous n’aurons même plus à y penser, à en parler. Malheureusement, ce n’est pas demain la veille que ça arrivera. J’ose croire qu’on peut influencer les nouvelles générations et qu’avec le temps, le fossé s’amenuisera de lui-même. Mais je crains qu’on doive y mettre beaucoup d’efforts et d’énergies, en tant que femmes mais aussi, avec l’aide et la participation des hommes.

Comme tout changement, c’est collectivement qu’on peut y arriver, un pas à la fois. En accueillant des femmes mariées de force dans d’autres pays, mais aussi, en reconnaissant les forces des femmes pour des postes de direction, en politique comme en entreprises privées, dans des milieux de travail jugés plus masculins et en cessant de juger les autres.

Si on dépensait autant d’énergie à être positifs qu’on le fait à critiquer les autres, on avancerait peut-être plus rapidement…

 

Photo : Unsplash | Utomo Hendra Saputra

Being alone

Blake Moulton

Avez-vous toujours été bien avec vous-même? Je veux dire, quand vous vous êtes retrouvé seul, après une séparation ou quand vous avez décidé de voler de vos propres ailes et d’avoir votre premier appartement… Vous étiez bien? Moi, je l’avoue d’emblée, j’étais disons mitigée…

Quand j’ai décidé de partir en appartement seule, je me suis sentie libre et fière de mon indépendance mais en même temps complètement apeurée par l’idée d’être réellement seule. Pourtant, dans la jeune vingtaine, dieu sait que j’étais rarement seule à la maison, que j’ai fait le party pas mal et que j’avais assez d’énergie pour faire trois nuits blanches d’affilée et rester fraîche et dispose (my god qu’on vieillit!).

Mais je me souviens aussi de moments d’angoisse et d’un certain malaise qui m’habitait par épisode. Le pire, ça a été quand j’ai décidé d’aller m’installer dans le fond d’un cul-de-sac à Sainte-Sophie, par un besoin urgent de nature et d’espace. Je ne regrette pas ce choix qui m’a fait beaucoup de bien mais je me souviens de m’être sentie relativement isolée et loin de mon monde. Tout à coup, je n’étais plus aussi accessible pour mes amis et venir faire un tour chez-moi impliquait d’avoir une voiture…

Aujourd’hui, j’habite plus près de Montréal tout en étant dans un coin tranquille et en habitant seule. Et, je crois n’avoir jamais été aussi bien. Je subviens à mes besoins, je vois mon monde quand bon me semble mais je peux aussi m’enfermer chez-moi si je n’ai envie de voir personne. J’ai mon indépendance, ma liberté tant convoitée et je la vis bien. J’accepte ma solitude. Ce gros mot qui fait peur et qui génère bien souvent de l’anxiété.

Je lisais hier un billet sur le site de Mitsou sur le sujet et j’ai réalisé à quel point je l’avais apprivoisée avec le temps, cette fameuse solitude. À un point tel que je suis un peu réfractaire à bouleverser cet équilibre chèrement acquis… Bien sûr, par moment, j’aimerais partager mon café le matin, avoir un câlin en arrivant à la maison ou planifier un voyage à deux. Mais je sais aussi que c’est parfois lourd de devoir vivre à deux et que je n’ai pas toujours été honnête envers moi-même à ce niveau.

J’ai longtemps cru que j’avais besoin de quelqu’un auprès de moi pour être heureuse. Et maintenant j’ai réalisé qu’on doit d’abord être heureuse avant d’envisager l’être avec une autre personne. Sinon, c’est comme si on demandait à l’autre d’être responsable de notre bonheur… Méchante responsabilité! Il y a une grosse différence entre avoir besoin de quelqu’un et avoir envie de partager des moments avec quelqu’un je crois…

La solitude, on doit l’apprivoiser, l’accueillir et la savourer à petites doses. Il ne faut surtout pas en avoir peur et encore moins s’en cacher. Elle sert à nous faire rencontrer la plus belle personne au monde : nous-même.

Je sais, parfois, elle nous pèse, elle nous ennuie et on aurait envie de l’envoyer balader. Mais elle nous ramène toujours à nous-même, nous fait découvrir qui on est réellement et nous met face à nos plus belles qualités, notre force intérieure. Et ça, personne au monde ne peut nous faire vivre cela aussi bien.

Et vous, comment vivez-vous la solitude?

 

Photo : Unsplash | Blake Moulton

L’importance de l’authenticité

Lotte Meijer

Phrase lue ce matin en flânant sur Facebook : Yoga is not about touching your toes. It’s what you learn on the way down. Et après quelques secondes de réflexion, je me suis dit que ça ne s’applique pas qu’au yoga, mais à la vie toute entière.

Bien souvent, on met le focus sur l’objectif, sur la destination à atteindre, sur le but final mais en réalité, on oublie de regarder le paysage sur la route, métaphoriquement parlant. Ce qui compte réellement, c’est tout le chemin que l’on parcourt, les apprentissages que l’on faits, les épreuves que l’on traverse, les décisions qu’on doit prendre et les changements de cap qu’exige parfois la vie.

On apprend sur soi plus par toutes ces parties du trajet que lorsqu’on arrive à destination. Une fois arrivé, la seule chose qu’on peut faire c’est de constater. Alors qu’en chemin, on peut se connecter à soi, sentir ce qui bouge à l’intérieur de nous, ce qui se transforme et grandit et on peut s’ajuster.

Il y a des rencontres que nous ferons qui marqueront toute notre vie, d’autres qui nous servent à améliorer notre système d’alarme interne, et d’autres encore qui viennent jouer le rôle de baume dans des moments plus difficiles. Certaines personnes restent dans notre vie pour longtemps, alors que d’autres n’y sont que de passage, servant à ponctuer notre parcours.

Si on ne fait que regarder au bout de la route, on ne voit pas tous ces gens, on ne sent pas toutes ces émotions et surtout on ne prend pas conscience de tout ce changement qui s’opère en nous. Parfois, s’arrêter pour faire une pause et admirer ce qui nous entoure, ce qui nous habite, nous donne la force de continuer d’avancer. Et en regardant derrière soi, on voit ce qu’on a traversé, on est fier de soi et ça nous remplit de gratitude.

On peut choisir de se mettre la tête dans le sable, d’emprunter la route facile, tracée d’avance pour nous. Ou même d’écraser les autres, égoïstement. Mais au bout du compte, comment se sentira-t-on? Quand on arrivera à la fin de notre vie, est-ce que c’est notre salaire, notre CV, nos acquisitions qui compteront? Non… C’est ce qu’on ressentira envers nous-mêmes, envers nos choix, nos relations et notre attitude envers les autres qui nous servira de jauge.

Sera-t-on fier de nous-mêmes? Aura-t-on la tête haute? Sentirons-nous, au fond de nous-mêmes, une paix intérieure gagnée par un parcours louable? Ou continuerons-nous à se voiler la face, à se mentir à soi-même?

J’ai connu des gens malsains qui profitaient des autres pour avancer, qui mentaient, qui volaient ou qui trompaient allègrement. J’en ai fait les frais et sur le coup j’ai souffert. Mais aujourd’hui, je sais que c’était un passage nécessaire pour me faire prendre conscience de ma force intérieure, de ma valeur et de ma richesse. Je sais que je ne serai jamais ce type de personne, je sais que mes relations sont sincères et belles, qu’elles m’apportent du bonheur et du soutien.

L’important, n’est-ce pas de se lever chaque matin en étant en phase avec ce qu’on est réellement? Ne vivons pas dans le regret, c’est un poison intérieur qui détruit…

 

Photo : Unsplash | Lotte Meijer

S’aimer soi-même, d’abord

Roman Kraft

Pendant des années, j’ai lu des livres, des articles et des billets de blogue qui parlaient de la pensée positive, du fait qu’il faut visualiser ce qu’on veut pour l’obtenir et qu’on attire vers soi ce qui occupe nos pensées. Et ça me frustrait car je me disais que je méritais plein de choses qui ne m’arrivaient pas. Je ne comprenais pas ce concept que je jugeais ésotérique et qui me semblait être une supercherie totale…

Mais j’ai continué de lire, de réfléchir et de travailler sur moi malgré tout, sachant que ce chemin difficile me mènera immanquablement quelque part. Après des années de thérapie, de yoga, de lecture, de pause, de réflexion et de changement intérieur, je sais aujourd’hui que c’est vrai. Qu’on peut attirer le bon autour de soi et qu’on a un impact sur notre vie. Nous ne sommes pas des victimes et il n’y a pas de complot contre nous.

Mais ce n’est pas une recette magique, une formule abracadabrante qu’on récite et qui change le cours des choses. C’est un travail sur soi, en soi, qui fait que notre bonheur intérieur rayonne et attire les bonnes personnes autour de nous. Ça peut paraître farfelu pour certains, trop spirituel pour d’autres mais il n’en demeure pas moins que tout part de soi.

Je me souviendrai toujours de mon ancienne patronne qui m’avait dit un jour : on dirait que tu as un petit nuage noir au-dessus de toi en permanence. Ça m’avait fâché sur le coup et, sur la défensive, je me demandais pour qui elle se prenait pour me juger ainsi. Mais vous savez quoi? Elle avait raison…

Je trainais mon mal être et il transparaissait dans mon travail, dans mon attitude, dans mon langage corporel… Il me sortait par les pores de peau. Puis lentement, à force de travailler sur moi, mon ciel s’est éclairci et j’ai compris ce qu’elle avait voulu me dire. En fait, elle savait que j’étais une belle personne mais que je gâchais tout ça avec mon petit nuage noir, que je ne profitais pas de mon plein potentiel, que je pouvais être une personne plus joyeuse. J’étais dans un cercle vicieux au lieu d’un cercle vertueux.

La première étape, quand on ne va pas bien, on le sait tous, c’est d’en prendre conscience. Mais prendre conscience de quelque chose, ce n’est pas seulement de le nommer et de passer à autre chose. Il faut le ressentir, au plus profond de soi, le toucher, l’accepter et respirer dans cette douleur, dans ce mal qui nous ronge de l’intérieur. C’est très facile de faire semblant, de jouer un rôle, de porter un masque, de vivre dans sa tête et de se couper de ses émotions. Mais ça nous gruge et on perd de belles années à ne pas être soi-même.

Le plus beau cadeau qu’on peut se donner, c’est l’amour de soi, c’est de prendre soin de soi-même et se donner le temps et les efforts pour se découvrir, laisser éclore sa personnalité et s’accepter tel que l’on est. Ça prend beaucoup de courage pour décider d’être soi-même et ainsi arrêter d’être ce qu’on attend de nous. Mais c’est aussi un grand soulagement car toute cette pression s’évapore pour laisser place à notre vrai moi. S’aimer soi-même, c’est se donner la chance d’aimer les autres et d’être heureux, enfin…

 

Photo : Unsplash | Roman Kraft