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La vie ne se vit pas avec des si!

Dorian Kartalovski

On a tous des moments de doutes ou de réflexion sur notre passé où tout à coup dans notre esprit se pointe la phrase : et si…

Et si j’avais dit telle phrase au lieu de celle-ci, et si j’avais pris telle décision, et si j’avais accepté telle invitation, et si j’avais choisi cette carrière là… On peut élaborer mille scénarios, penser à toutes les possibilités, revisiter et scénariser autrement dans sa tête une situation. Mais la réalité c’est que ça ne changera jamais ce qui s’est passé et qu’on n’a, au fond, aucune idée de ce qu’aurait pu être notre vie si un chemin différent avait été pris. En d’autres mots : on ne vit pas dans un livre dont vous êtes le héros où l’on peut vérifier le dénouement lié à un choix.

J’ai tendance à croire qu’on prend majoritairement les bonnes décisions dans le contexte dans lequel on est à ce moment précis. Parfois, on a l’impression d’être à côté de la plaque mais on finit bien souvent par comprendre que ce détour de vie avait sa raison d’être. Et comme on dit, c’est toujours facile de juger après coup, une fois qu’on connait les conséquences d’un geste ou d’une parole. Mais au moment de s’exécuter, on se fie à notre instinct et au gros bon sens, et on se lance. Advienne que pourra.

Quand on accepte un nouvel emploi, quand on décide de déménager, quand on change de véhicule, notre cerveau roule à plein régime pour imaginer les impacts de notre choix. Pour certains, c’est source d’anxiété, pour d’autres, d’adrénaline. On est comme on est. Mais l’effet destructeur du « et si… » peut gâcher la meilleure décision du monde. Combien de fois des gens de mon entourage ont gâché l’effet positif d’un changement en se torturant à coup de si. Souvent dans sa formule virulente du « oui mais si… »

Très tôt dans la vie, instinctivement, j’ai décidé que je ne vivrais ni dans le passé ni dans les regrets. La vie est ce qu’elle est et je préfère vivre dans le moment présent que de ressasser ce qui est déjà terminé. Je me souviens d’un patron qui m’avait dit un jour : mieux vaut s’excuser que de demander la permission. Et j’ai toujours bien appliqué ce conseil sans anicroche ni représailles. Car au fond, peu importe ce que l’on fait, il y aura toujours des gens pour nous contredire, pour nous juger, pour tenter de nous faire sentir coupable ou pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Alors aujourd’hui, j’avance, à ma façon, à mon rythme, avec mes couleurs et mes travers, sans trop regarder en arrière. Il faut dire que quand on s’est analysé sous toutes les coutures en thérapie, on a fait le tour du jardin. Mais j’ai surtout appris à écouter mes tripes, à sentir les choses, à tenter de trouver comment je me sens par rapport à telle possibilité. Car on aura beau inventer tous les gadgets de la terre pour essayer de nous rendre plus efficace, solide dans nos choix et prévoyant, je crois qu’il n’y aura jamais rien de mieux que notre feeling. Lui, il est connecté directement à l’essentiel, au vrai, à nous. Sans détour, sans artifice, notre petite voix intérieure, elle est toujours là, prête à nous guider et nous éviter des soucis.

Et si on décidait de l’écouter pour une fois?

 

Photo : Unsplash | Dorian Kartalovski

22 avril : Jour de la Terre

Jour de la Terre

22 avril pluvieux, la terre pleure et nous indique son désarroi face au traitement qu’on lui inflige. Elle est triste notre planète de voir à quel point on est méchant et égoïste. On ne pense qu’à nous, on ne fait pas attention à elle. Notre terre est une femme battue et méprisée.

Vous me trouvez dure ce matin? Effectivement mais il ne s’agit que du constat navrant de nos agissements incohérents et irrespectueux envers cette terre qui ne demande qu’à être notre amie. On l’intime et on la maltraite comme bon nous semble, on en abuse comme si elle nous appartenait et qu’on était en droit d’en faire ce qu’on voulait. Mais pourtant, on devrait en prendre soin comme si c’était une pierre précieuse, une ressource exceptionnelle. Comme notre mère, notre sœur, notre amie…

Il n’y a pas que le 22 avril qu’on doit s’arrêter pour réfléchir à notre relation avec la terre. C’est toute l’année qu’il faut repenser notre mode de vie, notre empreinte écologique et  surtout à l’avenir qu’on détermine par nos agissements. Le thème de cette année est particulièrement révélateur : Offrons mieux à nos enfants.

Car effectivement, ce que vous faites aujourd’hui n’a peut-être pas de conséquence dans votre quotidien mais dans 20 ans, dans 50 ans, tous nos petits défauts de consommation auront eu un impact majeur sur la qualité de vie des générations futures. On peut faire semblant et se mettre la tête dans le sable (pollué par nos pesticides) mais un jour ou l’autre, et plus tôt que tard, ça nous rattrapera.

Individuellement et collectivement,  nous avons une grande responsabilité et nous devons en prendre conscience. Les choses ont changé et nous avons fait quelques pas dans la bonne direction mais il y a encore beaucoup à faire. Le cycle de vie des objets que l’on consomme, les emballages inutiles des aliments qu’on achète, le recyclage déficient, tous ces éléments et bien d’autres devraient faire partie des préoccupations de nos élus et de notre propre mode de consommation.

Acheter, c’est voter, vous vous souvenez de ce slogan? Laure Waridel en a fait un livre il y a quelques années et il est tristement toujours d’actualité. Cet ouvrage pouvait se résumer à notre pouvoir de contribuer par nos choix de consommation au développement d’une économie responsable. Si vous n’avez jamais mis la main sur ce livre, je vous le suggère fortement. Il fait réfléchi, et bien à part ça!

Alors, si vous vous sentez d’attaque pour arrêter de nier l’évidence, si vous comprenez que chaque petit pas compte, consultez le site de l’organisme pour connaître les activités du Jour de la Terre mais aussi, pour savoir comment, toute l’année vous pouvez embarquer dans le train du changement :
http://www.jourdelaterre.org/agenda-2016/

Comme on dit : qui ne tente rien n’a rien!

Photo : Jour de la Terre

Le pouvoir du changement

Ben Moore

Faire ce que l’on aime, trouver sa passion, sa motivation, son but, ça peut être le projet d’une vie entière. Quand on est jeune, on a la vie devant nous, aucun empressement, aucun sentiment d’urgence. Et plus la vie avance, plus on sent que l’étau se resserre, qu’il faudrait bien s’y mettre, qu’on ne peut pas simplement suivre le flot de la vie sans en avoir le contrôle, sur sa destinée du moins.

Pour trouver sa voie, il faut se connaître profondément, découvrir ce qui nous allume, nous stimule et nous régénère. Si on ne fait qu’avancer machinalement de jour en jour sans se questionner, on n’arrive pas à savoir ce qui nous définit.

C’est à travers les expériences et les changements qu’on découvre nos forces et nos faiblesses. Face à une difficulté ou un chamboulement, on trouve nos racines, on cherche une source de réconfort et on voit souvent les choses d’un œil plus vif et éclairé. Le sentiment d’obligation provoque en nous une myriade de réactions insoupçonnées et c’est alors que s’ouvrent en nous des possibilités jusque-là inconnues.

Le changement est sain, j’en ai parlé plusieurs fois et j’en demeure toujours aussi convaincue. Il nous provoque, nous sort de notre quotidien, nous fouette et nous pousse vers autre chose. Parfois, on l’a appelé nous-mêmes, parfois il s’impose lourdement. Mais sa légitimité n’est pas à refaire et le passage d’un état à un autre, peu importe son ampleur et à quel niveau il s’effectue, permet une certaine régénérescence. Quand on regarde la nature, le changement est perpétuel et gage que la vie est en cours.

Dans nos vies personnelles, on s’est tellement habitué à tout vouloir contrôler qu’on le craint souvent. On le voit comme une menace, comme une source de problème. Et pourtant il nous apporte bien souvent plus de positif. En l’accueillant et en l’acceptant, on se permet d’être plus calme et serein lorsqu’il survient. Héraclite disait : rien n’est permanent, sauf le changement. Alors soyons honnête envers nous-mêmes et cessons de penser autrement.

D’ailleurs, on a tendance à se plaindre de tout et de rien mais le changement, s’il est choisi au lieu d’être subi, peut être particulièrement bénéfique, à soi et aux autres. Bien sûr, la maladie, les accidents ou les catastrophes naturelles font partie des changements plus pénibles à accepter mais derrière chaque bouleversement se cache un apprentissage. Des peuples ayant vécu des chocs terribles se sont relevés et sont devenus plus forts, plus solidaires et plus ouverts aux autres. Pourquoi n’en serait-il pas autant pour chaque individu?

Se débattre ou contester contre le changement nous fait souvent perdre beaucoup d’énergie pour rien. La résistance est normale et humaine mais l’obstination n’est jamais très saine. Ouvrons-nous à la nouveauté au lieu de jouer aux victimes, on en sortira grandi, je vous le garantie. Et je terminerai sur une belle parole de Ghandi :

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Un plan? Pourquoi?

Jean-Frederic Fortier

Je crois qu’une des questions que je déteste le plus me faire poser est : où te vois-tu dans 5 ans? Que ce soit en entrevue ou quand je rencontre une nouvelle personne, cette formule me fait toujours sourciller. Et ma réponse est sensiblement toujours la même : je ne veux pas le savoir.

Pour moi, savoir précisément où je veux être dans quelques années se résume à me fermer à des opportunités, à seulement envisager ce plan et à passer à côté de plein de belles choses. Je connais des gens, beaucoup plus nomades que moi, qui peuvent décider de changer de ville en quelques jours, d’aller travailler à l’autre bout de la planète sans stress ou qui peuvent choisir de partir sur un coup de tête pour aller voir ailleurs s’il y sont (mieux). Je ne suis pas aussi flexible que cela mais disons que de me tracer une destinée d’avance et de garder le cap sur ce chemin uniquement m’ennuie.

J’aime la notion d’inconnu, de surprise, de vaste étendue de choix et d’offre. J’ai longtemps été grugé par l’anxiété qui m’empêchait d’avancer, comme si j’avais les 2 pieds cloués dans le ciment. Et aujourd’hui, avec tout le chemin parcouru, la dernière chose dont j’ai envie, c’est de me remettre des chaînes aux chevilles.

Pour plusieurs, cette approche est déroutante et angoissante mais pour moi, c’est mon équilibre, ça me permet de respirer sans me sentir coincée. Rester dans une situation par peur de l’inconnu ou pas crainte du changement a déjà fait partie de ma réalité. Et quand j’ai compris l’effet nocif de ce genre de situation, j’ai mis en place une certaine sécurité dans ma vie qui me permet de sauter dans le vide quand l’étouffement le prend. Quand je sens que je ne suis pas bien là où je suis, quand je sens que je ne suis pas alignée avec mes valeurs, quand je sens que j’ai besoin de prendre le large pour me confronter à d’autres réalités… Ou simplement quand j’ai envie de prendre une pause et de profiter de la vie.

Toutes les raisons sont bonnes quand il s’agit de s’écouter et d’être soi-même. Peu importe la forme que cela prend ou la destination, décider de se choisir est à mes yeux toujours une bonne décision. Parfois, ça exige des sacrifices, des changements, des petits ou grands bouleversements mais au bout du compte, on en sort toujours grandi.

Alors, savoir où je me trouverai dans 5 ans? Pourquoi est-ce que j’aurais envie de le savoir? Tout ce que je veux c’est être heureuse et savourer la vie à fond. Je n’aurai peut-être plus de maison, de voiture ou un quelconque actif mais tant que je suis en paix et bien dans mon cœur, c’est la seule chose qui compte.

Dans notre société, on se définit beaucoup par ce que l’on possède et la position que l’on occupe dans une entreprise ou dans la société… Mais au fond, quand on met tout à plat, ce n’est tellement pas ça qui compte. La vraie référence c’est : quel est votre niveau de bonheur aujourd’hui, ici, maintenant?

 

Photo : Unsplash | Jean-Frederic Fortier

Savoir pourquoi on fait tout ça, ça vaut la peine, non?

Arno Smit

Avec la belle saison qui s’installe tranquillement devant nous, un seul constat me vient à l’esprit : je manque de temps. Ou si vous préférez ma petite philosophie du mardi matin : le temps passe trop vite. Du temps pour savourer la fraîcheur du matin pendant que le soleil fait entrer ses rayons de soleil dans ma maison, du temps pour écouter les oiseaux se raconter leur nuit, du temps pour me prélasser, du temps pour aller marcher, du temps pour nettoyer la maison qui a été fermée tout l’hiver et qui manque cruellement d’air, du temps pour prendre un café avec mes amis, du temps pour réfléchir, écrire et lire… Bref, du temps pour vivre…

On court après nos vies, métro-boulot-dodo, on travaille fort pour se payer ce rythme de vie effréné, pour prendre des vacances, pour payer l’hypothèque, la voiture et je-ne-sais quoi d’autre… On espère pouvoir prendre notre retraite assez tôt pour pouvoir profiter de la vie, du temps qu’il nous restera… Mais finalement rien ne nous garantit que plus tard, on aura l’énergie et l’envie de faire tout ce qu’on avait en tête. Alors à quoi ça rime?

Pouvoir prendre des vacances, des vraies, c’est probablement une des raisons principales de mon statut de consultante. Et on n’a beau me proposer des postes permanents à chaque mandat que j’entreprends, mon idée est très claire dans ma tête. Sans ces pauses, je ne survivrais pas. J’ai besoin de m’arrêter, de prendre les temps de me déposer, de sortir du tourbillon pour me ressourcer, refaire mes énergies pour attaquer le prochain projet. Et je ne comprends sincèrement pas les gens qui ne prennent jamais de vacances.

Je sais, les présidents d’entreprise me diront qu’ils aiment tellement ce qu’ils font que ce n’est pas nécessaire. Mais à mes yeux, c’est du vent tout ça. Je reste persuadée qu’il faut par moment décrocher de tout ça et laisser notre esprit divaguer dans d’autres sphères. Retrouver notre cœur d’enfant du temps qu’on avait une pause de 2 mois pendant l’été… Rien avoir devant soi pour quelques semaines, aucune obligation, aucun engagement… Laisser la pleine liberté à la vie de nous proposer des directions, des activités ou des expériences.

Être pleinement soi-même, sans artifice, sans carapace, sans habits de travail… Vivement les gougounes, les camisoles, et les journées sans horaire! Ouvrir sa tablette uniquement pour regarder la météo, passer 2 jours à dévorer un roman dans un hamac, boire un verre de rosé un mercredi après-midi sans culpabilité, aller à la plage en pleine semaine… Vivre à contre-courant, je crois qu’il n’y a rien de plus reposant!

Alors je vous invite à réfléchir vous aussi au temps qui passe (trop vite à mes yeux) et à réfléchir à ce que vous voulez en faire. Il y a exactement 1440 minutes dans une journée et on en passe beaucoup trop dans un cubicule de bureau… Que ferez-vous cet été? Avez-vous planifié vos vacances ou laisserez-vous le hasard vous guider?

Il n’y a rien de plus intéressant à visualiser que nos propres vacances je crois. Et moi, ça me motive. Savoir pourquoi on fait tout ça, ça vaut la peine, non?

 

Photo : Unsplash | Arno Smit