Posts by "trouv" — Page 157

L’art (presque) perdu de ne rien faire…

Robin Yang

Ralentir… Prendre le temps de faire les choses, de savourer le moment, de voir le temps passer et de sentir ce qui nous habite… J’ai parfois l’impression que c’est un art ancien, oublié et inaccessible. Aujourd’hui, on court, on performe, on veut en faire le plus possible dans le plus court laps de temps pour avoir le temps de faire autre chose… Mais quoi?

Hier, je suis tombée sur un article qui prône la lenteur, le slow life, l’art de ne rien faire… En introduction :

Moins travailler, moins consommer, mais mieux vivre, c’est le mouvement salvateur qui s’amorce partout dans le monde. Et si la slow life nous faisait gagner du temps ?

Avouez que ça interpelle, un dimanche à tenter de tout finir pour en pas avoir une semaine surchargée!

De par sa nature cool, le phénomène se popularise au rythme de la tortue, s’installe tranquillement, sans bousculer ni s’imposer. Comme l’eau qui se faufile entre les amonts de glace au printemps, le besoin naît dans le fond de notre âme, de notre cœur. On sent cette envie folle de ralentir et de prendre le temps de vivre notre vie qui va beaucoup trop vite.

J’ai partagé cet article avec quelques personnes de mon entourage et j’ai eu l’impression que tous ont lâché un grand soupir, comme si cela représentait le salut, l’objectif ultime. Triste constat mais sans surprise… On travaille tous pour assurer notre confort et pour ceux qui ont des enfants, la crainte ne pas avoir assez, ne pas pouvoir offrir plus, ne pas être suffisamment solide financièrement pour palier à toute éventualité envahie et tyrannise.

Mais au fond, qu’a-t-on besoin réellement? N’est-on pas pris dans ce cercle vicieux de travailler plus pour s’offrir plus et consommer pour combler le fait qu’on n’a pas le temps de savourer le moment présent? L’art perdu de ne rien faire est-il à ce point épeurant? Est-ce que, collés sur notre écrans, on a peur du vide devant nous, de ne plus recevoir d’alertes, de ne plus être au courant des millions de nouvelles dont nous sommes bombardés constamment? Est-ce là une illusion de contrôle et de sensation de vivre?

J’ai tendance à penser que tout cela n’est que du vent, qu’au fond, notre esprit est tellement occupé à absorber toutes ces informations qu’on en devient des handicapés du senti, des victime du brouhaha et surtout qu’on n’est même plus à l’aise avec le silence et le non savoir. Ne pas savoir ce qui se passe dans le monde pendant que l’on vit, ne pas être au courant des avancements au bureau, ne pas avoir accès à son horaire, ne pas recevoir les promotions, ne pas connaître les nouveautés technos…

Mais qu’est-ce que tout cela nous apporte au fond? On ne sait plus cultiver, on ne sait plus coudre, on sait à peine cuisiner (et je parle de vraies recettes complètes, pas de mélanger une salade en kit), on lit des articles de 500 mots, on perd des heures à chercher un film sur Netflix car l’offre est trop grande… Bref, notre vie, la vraie, on la vit quand au juste dans tout ça?

Je réfléchis beaucoup à notre rythme d’aujourd’hui, au besoin de se lever tôt pour avoir une place au stationnement incitatif, puis une place assise dans le métro, puis pour avoir la paix au bureau pour se concentrer un peu et avancer, pour ensuite courir toute la journée et terminer dans le même métro, épuisée et en ayant à peine l’impression d’avoir accompli quelque chose. On arrive, on soupe, on se divertit un peu, on se douche, on se couche et on recommence…

Pas réjouissant tout ça, hein? Mais il y a d’autres modèles, d’autres façons de vivre, d’autres intérêts… Est-ce facile de faire la transition? Surement pas quand je vois l’aversion de beaucoup d’employeur pour le télétravail… Mais tranquillement, le modèle change, les vies extrêmes exigent d’être créatifs et l’épuisement généralisé impose une prise de conscience.

Je vous invite à lire cet article mais surtout à prendre le temps de vous questionner sur votre situation. Au fond, êtes-vous heureux ainsi?

 

Photo : Unsplash | Robin Yang

Un pied devant l’autre…

Nabeel Syed

Quand je regarde mon fil Facebook, je vois beaucoup d’articles qui tente de nous convaincre qu’on peut être plus heureux avec ces 10 étapes, qu’on peut augmenter notre salaire en 7 étapes faciles, qu’on peut perdre 10 livres grâce à ces 5 trucs… Bref, si on prenait la peine de suivre ces merveilleux et surtout très scientifiques principes, notre vie serait tellement, mais tellement plus facile!

À chaque fois, je me demande si réellement les gens qui écrivent ces chroniques pensent qu’ils vont changer notre vie… Pour la plupart, ils sont payés pour ça et savent pertinemment que beaucoup de gens vont cliquer pour voir s’il n’y aurait pas moyen de trouver la solution à tous leur problèmes… Mais il y a une partie de ces gens qui sont des auteurs, des psychologues, des comptables… Bref, des professionnels, qu’on ose croire experts dans leur domaine, qui en théorie devrait agir comme référence mais qui brûle leur énergie (et leur réputation) à grand coup de recettes miracles.

J’ai une petite nouvelle pour vous : les solutions faciles, ça ne fonctionne pas et les recettes miracles, ça n’existe pas. Voilà une bonne chose de réglée. Maintenant, on peut se dire que lorsque l’on verra cela apparaître dans notre fil d’actualités, on donnera un grand coup de roulette de souris pour passer par-dessus! Et, ô magie, on ne se créera pas d’attentes inutilement. Ce n’est pas beau, la vie?

Je crois que vous avez pu lire un peu de sarcasme entre les lignes… Et une petite dose de sarcasme, ça fait toujours du bien, surtout un vendredi! Mais il y a un fond de vérité et de frustration derrière cela : arrêtez de nous prendre pour des valises! Non, ce n’est pas en lisant votre article que mon compte de banque gonflera, que mes petits bourrelets disparaîtront ou que Brad Pitt débarquera chez-moi. Je le sais pertinemment et mon cerveau me le crie haut et fort.

Mais combien de personne vont les lire quand même ces articles? Combien de fois ai-je moi-même cliqué dessus pour voir ce qu’on avait à me dire sur le sujet? Mais finalement, au bout du compte, souvent, l’effet pervers de ces articles, c’est de nous faire sentir un peu nono. Et ça, je trouve ça plate. Quand une personne de mon entourage file un mauvais coton et tombe sur un truc qui supposément pourrait l’aider et qu’au bout du compte, elle n’arrive pas à aller mieux, elle se sent moche.

Alors svp, je vous en conjure, n’encouragez pas ces attrapes touristes et ces pièges à cons. Soyez confiants et ayez assez d’estime de vous pour comprendre que seul vous peut savoir ce qui est bon pour vous et ce qui vous rendra heureux. Ce n’est assurément pas un inconnu dans le fin fond du Texas qui pourra changer votre vie. Pas plus que le gourou de la secte machin ou le chaman dans le fond de son tipi. On aimerait tellement ça que le bonheur nous tombe du ciel et c’est louable… Mais entre vous et moi, la bonne vieille technique de « mettre un pied devant l’autre et recommencer », c’est pas mal le seul concept qui va nous permettre d’avancer…

Bon week-end!

 

Photo : Unsplash | Nabeel Syed

Pourquoi fait-on tout cela?

Jared Erondu

Dans la société d’aujourd’hui, on performe, on se donne, on s’investit, on prouve nos capacités, on s’améliore, on se forme, on change de carrière, on transforme nos acquis… J’entends à longueur de journée des gens qui ont tout quitter pour aller s’installer très loin, retourné dans leur patelin ou parti découvrir le monde. Ou d’autres qui ont fait un retour aux études, un virage à 180 degrés ou changé complètement leur style de vie.

Mais des fois je me demande pourquoi on est si intenses sur notre vie? Est-ce qu’on essaie tellement de trouver le bonheur qu’on en oublie de simplement vivre? Est-ce qu’on se cherche tellement qu’on ne sent plus rien? Et surtout, on veut tellement être heureux qu’on oublie de savourer nos relations, d’entretenir nos amitiés, nos liens familiaux… On oublie de se dire merci, de s’encourager, de se motiver entre nous, de s’écouter, se soutenir et se divertir… En fait, est-on devenu une société nombriliste? Est-ce qu’à force de trop vouloir tout avoir on n’est satisfait de rien? À force de tellement tenter de faire notre place, on passe à côté de tout?

Dans les dernières années, à me promener d’un client à l’autre, je réalise que même au niveau de la gestion des entreprises, ça semble ardu. La notion de rétroaction, de prendre le pouls de son équipe, de tenter de connaître les employés semble être reléguée aux oubliettes.  On veut que ça performe mais on ne prend pas le temps de voir ce qui rendra les gens plus efficaces et performants…

Une tape dans le temps, un petit mot, souligner une implication exceptionnelle, un succès, un effort, une contribution… c’est gratifiant, et ça aide les gens à savoir pourquoi ils travaillent, à trouver un sens à ce qu’ils font. Mais on dirait qu’on est tellement concentrés sur les chiffres qu’on oublie que ce sont des humains derrière qui les génèrent.

J’ai lu un livre dernièrement sur le principe de la carotte. Un livre tout simple, pas particulièrement beau d’ailleurs mais qui était très révélateur de cette philosophie de performance qui est souvent soutenue par des gestionnaires inexpérimentés qui ne savent tout simplement pas comment être un patron stimulant pour son équipe. Et je me disais : mais c’est si simple en théorie, pourquoi les gens ne sont-ils pas capables de mettre cela en application?

Et la seule réponse qui me vient en tête c’est : l’égo… L’égo prend une place importante dans la vie de bien des gens, guidant les moindres faits et gestes et teintant toute décision. L’égo peut être utile pour vendre des produits, conquérir des marchés ou s’imposer dans son industrie. Mais bien souvent, au plan humain, l’égo est destructeur. Au lieu de considérer ses employés, un gestionnaire peut en abuser, les utiliser pour mieux paraître et arriver à ses fins sur le dos de son équipe. Et malheureusement, ceux qui en paieront le prix son souvent ces employés qui nageront dans l’eau malsaine de la gestion égocentrique…

Alors je vous invite à observer autour de vous, à tenter de voir si vous savez pourquoi vous faites ce que vous faites. Peut-être n’êtes-vous simplement pas entourés des bonnes personnes? Ce n’est peut-être pas toute la carrière qu’il faut changer mais simplement la source de motivation…

Bonne réflexion!

 

Photo : Unsplash | Jared Erondu

Soyons solidaires, fraternels et inclusifs

Patrick Hendry

Hier, j’ai pris le temps de lire, d’observer et d’analyser rapidement ce qui se disait ou se pensait au sujet de la Journée internationale des femmes. Et je suis tombée des nues quand j’ai lu un article (que volontairement je ne mettrai pas en référence ici pour ne pas lui donner de la visibilité) qui se questionnait sur la pertinence de cette journée, sur le fait qu’on met beaucoup trop d’emphase sur la condition féminine…

Je l’ai relu une seconde fois pour m’assurer que mon cerveau n’avait pas eu une légère attaque faisant de mes yeux de mauvais lecteurs. Malheureusement non… c’était bien écrit noir sur blanc… Et la première question qui m’est venue en tête c’est : veux-tu bien me dire comment quelqu’un peut écrire pareilles sottises?

Parce que, excusez-moi pour la montée de lait matinale, mais il faut quand même avoir du culot pour écrire ce type d’article provocateur et sans fondement le 8 mars… Il y en a qui aime avoir de l’attention et qui irait jusqu’à vendre leur mère pour qu’on parle d’eux… D’où la raison que je ne mets pas de référence, chose que je fais religieusement en temps normal. Sauf qu’ici, ça serait d’entrer dans son jeu et c’est la dernière chose que je désire faire.

Je ne peux toutefois pas demeurer silencieuse face à un tel affront car à tous les jours je vois des situations d’injustice face aux femmes et ça me répugne. Alors oui cette journée est importante pour rappeler le chemin qu’il reste à parcourir, oui les femmes subissent encore de l’intimidation, des inégalités et de la violence juste parce qu’elles sont des femmes. Encore ce matin j’entendais à la radio que des femmes se sont fait sortir d’un chantier uniquement parce ce sont des femmes. Bravo au contremaître, en passant, qui a pris cette décision. Vous prouvez sans aucun doute qu’il faut encore aujourd’hui faire valoir les droits des femmes.

Et non il ne s’agit pas d’un combat, d’une lutte pour le plus fort. Ce n’est pas une question de déterminer lequel entre l’homme et la femme est le plus fort. C’est une question de comprendre, intégrer et incarner le fait que les humains sont tous égaux, peu importe leur sexe, leur statut ou leur nationalité. Une femme a le droit de faire tous les métiers du monde, d’étudier et de travailler dans ce qu’elle juge être sa sphère, même si c’est moins commun, même si cela exige une grande force physique, une endurance hors du commun et un courage légendaire.

Le mot féministe fait peur aujourd’hui et je suis outrée qu’on s’attarde sur un débat sémantique plutôt que sur des conditions de vie. Soyez féministe, égalitaire, humaniste ou ce que vous voudrez. Mais réagissez quand vous faite face à une inégalité, à un manque de respect, à de la misogynie ou un quelconque comportement injuste. Que ce soit face à une femme, une personne âgée, un homme, un enfant, un immigrant ou un « pure laine »… Je l’ai écrit hier et je le réitère : un humain c’est un humain.

Soyons solidaires, fraternels et inclusifs. Soutenons-nous, qui que nous soyons. Ça reste à mes yeux la plus belle façon de combattre le mal sans violence ni haut cri. Ça reste de l’humanité…

 

Photo : Unsplash | Patrick Hendry

Une journée pas comme les autres…

Morgan Sessions

Sujet évident ce matin… Mais ô combien vaste, délicat et perpétuel. En lisant les journaux ce matin, j’étais un peu triste de lire toutes ces statistiques épouvantables : le nombre de femmes si minime sur les conseils d’administration, le manque d’égalité au niveau des salaires, la place des femmes très mince dans les sports de compétition… Et surtout, les agressions, majoritairement faites aux femmes, encore en nombre faramineux… À toutes les 90 minutes, une agression a lieu, ici près de nous…

Comme dirait l’autre : on est en 2016. Et je dirais même : On est en 2016, calvaire! Comment se fait-il que les femmes doivent encore se battre pour faire leur place dans des milieux d’hommes? Comment se fait-il qu’il y ait encore des Marcel Aubut qui sévissent sans que personne ne réagisse et que ça prenne souvent des scandales avant que les choses bougent et soient dites publiquement? Comment se fait-il qu’encore aujourd’hui, des femmes de partout dans le monde n’aient pas le droit de sortir de la maison, de vivre leur vie, de conduire, d’aller à l’école, de travailler? Comment se fait-il qu’en tant que pays on n’agisse pas plus, qu’en tant que société on ne mette pas un frein à toutes ces inégalités?

Certains diront que c’est impossible de faire bouger toute une société, que c’est trop lourd, trop gros, trop profondément ancré… Mais à ces gens, je rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, les noirs ne pouvaient pas prendre l’autobus, qu’il n’y a pas tant d’années, les femmes n’avaient pas le droit de vote et devaient rester à la maison pour élever les enfants…

Je suis une ardente croyante de la possibilité de faire bouger les choses. Pour moi, l’évolution est un droit et rien ni personne ne me convaincra qu’une femme n’est pas égale à l’homme. J’en ai marre des « oui mais » et je ne veux pas en entendre un ou une aujourd’hui me dire que c’est peine perdue. Parce que oui ça m’arrive d’entendre cela, autant par des hommes que par des femmes et ça me fait dresser le poil des bras. Un humain, c’est un humain, point à la ligne! Que ce soit un homme, une femme, un corps d’homme avec un esprit féminin ou l’inverse, un transgenre, une tom-boy ou whatever comment on décrit la personne. C’est un humain, that’s it! Cette personne a des droits et jamais on ne devrait la définir par son sexe.

J’appuie la campagne #mettezdurouge et j’en ai rien à foutre des gens qui disent que c’est cliché et réducteur. L’important c’est d’en parler et je suis tout à fait d’accord avec l’instigatrice de ce mouvement qui prône le fait que ça allège un peu le sujet et ça permet d’ouvrir une porte à la discussion. Pourquoi devrait-on toujours rester sérieux dans tout? Moi j’aime l’idée et je félicite ces hommes qui osent et publient leur photo avec du rouge à lèvres.

Je suis tannée qu’à chaque initiative, il y ait des rabat-joie pour casser l’ambiance. Depuis mon enfance on me répète une phrase que je vous partage aujourd’hui : qui n’essaie rien n’a rien. Pour moi, c’est clairement applicable. Si on ne tente pas de faire parler du sujet, de faire bouger les choses, on ne peut pas se plaindre que rien ne change.

Merci de votre support, chers hommes audacieux.

Bonne journée internationale des femmes à toutes!

 

Photo : Unsplash | Morgan Sessions