Posts by "trouv" — Page 165

Au revoir M. Bowie… Et merci!

Anthony DELANOIX

Il y a de ces gens qui marquent leur époque, qui laissent une trace indélébile sur leur passage et qui survivent bien au-delà de leurs créations. Que ce soit leur originalité, leur sens artistique, leurs discours ou ce qu’ils émanent, la société demeure marquée à jamais. M. Bowie était et restera l’un d’eux, selon moi, à tout jamais. Il a ouvert les portes de l’authenticité à plusieurs, il a dépassé les règles établies, il a démontré tout le spectre possible de la créativité, que ce soit musicalement, au cinéma ou dans la mode.

Rarement a-t-on pu voir un artiste aussi généreux et aussi ouvert d’esprit. Sa fidélité envers son art autant qu’envers sa famille nous a prouvé qu’il n’était pas un de ces esprits brûlés qui a eu un succès momentané. Il a duré, il a exploré, il a donné plus qu’on en demandait et son œuvre perdura encore longtemps. Il est toujours triste de perdre ce type de personne si influente et si caractéristique d’une classe à part qu’on n’arrive jamais à décrire.

Typiquement hors norme, cet artiste aura su élevé le niveau, comme d’autres l’ont fait avant lui. On trouve toujours qu’il n’y a pas assez de ce genre de personne, des influenceurs purs et sincères qui écoutent leur cœur, leur essence et leurs tripes. J’ose croire qu’il y aura des successeurs, des libres penseurs et des artistes vrais qui sauront nous éblouir autant que M. Bowie l’a fait.

D’autres nous ont quitté dernièrement, moins flamboyants mais tout aussi importants. De M. Parizeau, à M. Barbeau, en passant par Nathalie Cole et Jean Joubert, le cycle de la vie a fait son œuvre et nous laisse avec un cœur blessé mais ouvert à découvrir d’autres personnalités qui laisseront eux aussi leurs marques. S’habituer à une absence, c’est aussi se questionner sur soi, sur ce que l’on a retenu de ces gens et ce qu’ils auront fait résonner en nous.

Je me souviendrai toujours du jour où, au secondaire, Michel Chartrand était venu faire un discours à notre école. J’avais été complètement envoutée par son talent d’orateur, par la flamme qui brillait dans ses yeux et par la justesse de ses propos. Des gens comme M. Chartrand, j’en ai rencontré peu dans ma vie. Je ne traîne pas dans les coulisses des milieux mondains mais je ne crois pas me tromper en disant qu’ils se font rares.

Quand j’entends nos dirigeants, provinciaux et fédéraux, je me dis que nous ne sommes pas encore à l’ère où nous sommes fiers qu’ils nous représentent. M. Trudeau génère de très belles photos people mais quand il y aura crise à gérer, quand nous aurons besoin de solidité, d’audace et de faire confiance, je ne suis pas certaine qu’il aura l’étoffe d’un Obama. Ce dernier a livré un discours touchant et sincère hier mais malheureusement, son mandat se terminera et il n’aura pas pu accomplir tout ce qu’il désirait. Espérons que son successeur saura prendre le flambeau et poursuivre dans la même lignée.

Nostalgie ce matin? Peut-être… je ne dis pas que c’était donc mieux avant… Mais je cherche l’inspiration en ce moment et j’en trouve peu. Ça arrive parfois et ça ne m’inquiète pas outre mesure. Comme on dit : c’est la vie!

 

Photo : Unsplash | Anthony DELANOIX

La liberté d’être soi

Anthony DELANOIX

Il y a des jours où l’on se sent fort, confiant et prêt à conquérir le monde. À d’autres moments, on n’aurait qu’une seule envie : rester couchée en boule dans notre lit toute la journée. Sans généraliser, j’ai l’impression que ce yoyo émotif est particulièrement populaire chez la gente féminine, probablement dû aux hormones qui s’amusent à nous changer l’humeur allègrement. Mais au-delà du cycle, la maladie de la comparaison peut créer de véritables ravages puisqu’en étant constamment à la recherche de plus, de mieux et d’un idéal inatteignable, on ne travaille pas sur nos acquis.

On est tous et toutes qui on est, on a tous des forces et des faiblesses, des zones d’ombre et de lumière. Et il est faux de croire que la vie d’untel ou d’unetelle est donc tellement plus merveilleuse que la nôtre. Car s’il y a une chose que j’ai comprise avec les années : on ne connaît pas les batailles de chacun et surtout, on n’a aucune idée du combat intérieur que cette personne mène à tous les jours.

Combien de vedette a-t-on vu s’effondrer, aller en désintoxication ou s’isoler complètement après des jours de galère? Oui, de l’extérieur, ça peut parfois avoir l’air très glamour mais vu du dedans, c’est bien souvent beaucoup plus ordinaire, plus commun et plus comme-notre-vie-dont-on-se-plaint-tout-le-temps. La souffrance, le doute et la remise en question, je pense que ce sont des concepts universels qui traversent les frontières de la richesse. Autrement dit : le bonheur, ça ne s’achète pas!

À force de regarder la vie des autres et de l’envier, on finit par trouver la nôtre tellement moche et à croire qu’on en peut rien y changer. Ce qu’on ne peut pas concevoir, c’est que les autres ont le même comportement et que notre vie à nous les fait rêver aussi. Mais voulez-vous bien me dire pourquoi on se torture à vivre dans cet éternel tourbillon de morosité? Qui a décidé que la performance était si primordiale, qu’on devait bien manger, aller au gym, avoir le condo le plus mirobolant, l’emploi le plus gratifiant, savourer les meilleurs vins, déguster les meilleurs repas et avoir la vie la plus-mieux-meilleure du monde? Et aux yeux de qui? Qui est le gourou suprême qui juge nos vies sur une échelle de un à dix et qui nous accorde la note de passage?

Vous n’en n’avez pas assez de ce foutoir? Moi oui! Je n’ai pas envie que ma vie soit mieux ou moins bonne que celle des autres. Je veux qu’elle corresponde à ce que MOI je veux. On a passé des années à tenter de nous dire qu’on devrait être ceci ou cela. Mais le seul résultat c’est qu’on ne sait plus qui on est et ce que l’on veut. Et bien ce matin, je dis BASTA! Ce n’est pas aux autres de contrôler ma vie. De toute façon, si je comprends le pattern, ça ne sera jamais assez… Alors à quoi bon? Tant pis, je serai en dehors du modèle, je ne correspondrai pas aux standards… et après? Vivre dans le paraître et dans l’image parfaite, ça ne me plait pas. C’est comme si on essayait de me mettre un vêtement trop petit : j’étouffe.

Je me suis laissé prendre au jeu du jugement alors qu’à la base j’étais une personne peu conformiste et qui a particulièrement une tête de cochon. Je ne rentre pas dans un moule car je finis toujours pas vouloir en sortir et fuir à toute jambe. Alors tant qu’à m’épuiser à tenter d’être ce que je ne suis pas pour faire plaisir à je ne sais trop qui, je vais faire ce que j’ai fait de mieux : faire à ma tête… Et advienne que pourra!

 

Photo : Unsplash | Anthony DELANOIX

Quand nos jeunes souffrent en silence…

Carlos Martinez

Ce matin, j’ai éprouvé beaucoup de tristesse en lisant les nouvelles, sagement assise dans le métro. Bon, évidemment le décès de David Bowie m’a profondément attristé car j’ai toujours aimé cet artiste au talent indiscutable et à la folie créative légendaire. Mais ce qui m’a touchée droit au cœur, c’est de lire le dossier sur l’anxiété au CÉGEP qui fait des ravages. Étant moi-même une personne souffrant de ce mal sournois, je peux fort bien imaginer que ces jeunes adultes puissent vivre une détresse hors du commun, et ce, en silence. Car on va se le dire, on ne s’en vante pas quand on est rongé de l’intérieur et qu’on perd le contrôle sur soi-même.

Passer du secondaire au niveau collégial, d’un endroit où l’on te tient presque par la main à un environnement où tout à coup tu es responsable de tout, ça peut être très anxiogène pour les cégépiens. Est-ce le résultat de la réforme qui n’a jamais vraiment donné les résultats escomptés et qui, à force de trop vouloir faire réussir les élèves et de changer les méthodes d’évaluation, a fini par les laisser à eux-mêmes sans les ressources nécessaires pour y parvenir?

Les exposés oraux sont souvent une source de stress chez les étudiants mais à une époque où tout peut finir sur Facebook en moins de deux, où l’intimidation est monnaie courante, où les jeunes sont nombreux à travailler près de 20 heures par semaine pour payer leurs études et leurs dépenses, on peut se demander si on n’est pas en train de créer une génération qui a perdu le nord. On parle de plus en plus de trouble d’apprentissage, de TDAH, de trouble anxieux et de toute sorte de syndromes et de malaises chez les enfants mais a-t-on vraiment mesuré les conséquences et les sources de tout ce chamboulement?

Quand je lis qu’entre 2007 et 2013, le nombre d’élèves en situation de handicap a augmenté de 770%, je me pose de sérieuses questions. Et quand on parle de handicap, c’est majoritairement des troubles d’apprentissage, de santé mentale et de déficit de l’attention. C’est ce que je considère comme un problème majeur. On a retiré des écoles psychologues et infirmières et les enseignants se retrouvent en première ligne pour gérer ces cas de plus en plus nombreux sans avoir la formation requise pour le faire. Comme on dit, ils font de leur mieux mais ils n’ont jamais reçu les outils nécessaires pour prendre le relais.

Qu’adviendra-t-il de ces jeunes une fois sur le marché du travail? Combien d’entre eux abandonneront l’école car le stress les empêchera d’aller au bout? La société ne devra-t-elle pas compenser ce dérapage collectif autrement? Quand on décide que nos jeunes sont moins importants, c’est une fois adulte qu’ils finissent par avoir besoin de soutien et on paye de toute façon. Alors honnêtement, les coupes dans le milieu scolaire, c’est de la poudre aux yeux. On enlève du budget de l’éducation pour embourber le système de santé, l’aide sociale et les organismes d’entraide, qui eux aussi se font serrer la ceinture.

Est-ce vraiment là qu’on est rendu? À sacrifier nos jeunes pour que le budget soit mieux équilibré? Pour moi, ça ne fait aucun sens. L’anxiété que ces étudiants vivent aujourd’hui les suivra toute leur vie. Ce n’est pas passager, ça s’immisce au plus profond de la personne pour refaire surface quand on ne s’y attend pas. Quand ils craqueront au bureau sous la pression lorsqu’un deadline approchera, lorsqu’ils seront en arrêt de travail et que la société leur payera du chômage… On se trouvera bien insouciants de ne pas leur avoir donné les outils et le support nécessaire lorsqu’ils apprenaient ce que c’était que de passer à l’âge adulte. Les parents font leur part mais leur milieu de vie, c’est l’école, le CÉGEP, l’université. Ça serait franchement souhaitable qu’il y ait un accompagnement et une sensibilisation pour éviter des soucis qui entraveront toute leur vie. L’école ce n’est pas seulement une matière à assimiler, un examen à passer et un programme à terminer.

Je nous souhaite que plus de projets pilotes voient le jour pour outiller le personnel scolaire et que le gouvernement s’ouvre les yeux sur cet enjeu important et qu’il investisse dans les programmes d’aide et d’intervention. Ce sont ces adultes émergents qui constituent l’avenir, c’est à nous d’en prendre soin.

 

Photo : Unsplash | Carlos Martinez

Se connaitre pour mieux s’améliorer

Carl Heyerdahl

Avec les années, on apprend à se connaitre, à savoir ce qui est fait pour nous ou ce qui nous nuit. Pour ma part, s’il y a bien une chose que je sais qui peut royalement me gâcher une journée, c’est le manque de sommeil. Si je n’ai pas assez dormi, j’ai moins de patience (déjà que je n’ai pas un bocal infini), je suis plus à vif et je communique moins bien. À priori, je sais depuis longtemps que mes meilleures décisions se prennent le matin. Je suis une matinale qui peut abattre une tonne de boulot dans l’avant-midi. Après le lunch, je suis encore très productive mais disons que rendue au soir, je sais que mon esprit est plus sensible et que j’ai avantage à repousser au lendemain tout jugement ou prise de décision.

C’est un des avantages de vieillir me direz-vous, ce fait de mieux se connaître. Je ne dirais pas que je déborde d’enthousiasme sur le sujet mais j’avoue humblement avoir brûlé la chandelle par les deux bouts dans la vingtaine et d’avoir payé le prix de ces excès. Aujourd’hui, mon hygiène de vie étant très différente, je peux mieux contrôler ma façon de gérer et d’aborder les choses. De toute façon, on sait tous qu’en vieillissant, ça nous prend beaucoup plus de temps à se remettre d’une soirée bien arrosée ou d’une activité inhabituelle.

Nous sommes en 2016 et j’aurai 37 ans cette année. Je penche donc plus vers le 40, vers cette tranche d’âge qui, dit-on, apporte une certaine confiance et une sérénité provenant de l’expérience passée et des acquis. Ambivalente devant ce nombre à la fois épeurant et stimulant, ça m’amène assurément à regarder derrière, à mesurer mon progrès. J’avoue être assez contente du chemin parcouru, de mon évolution dans la société ainsi que mon cheminement intérieur. Il y a bien entendu toujours certains aspects à travailler mais à mes yeux, c’est le travail d’une vie que de raffiner sa personne au fur et à mesure des événements de la vie.

Comme je l’affirme souvent, une des questions que je déteste le plus dans la vie est où te vois-tu dans 10 ans? Je réponds souvent spontanément : je ne veux pas le savoir. Car pour moi, savoir cela revient à dire que je me couperai de beaucoup d’opportunités en étant trop concentrée sur cette cible. De toute façon, j’ai toujours été très spontanée et ouverte à ce qui m’était offert et j’ai construit mon parcours professionnel au gré des occasions qui se présentaient. Mais avec le recul, je transforme cette approche pour plutôt définir qui je veux devenir. En tant que personne, qui ai-je envie d’être dans 10 ans? Qu’ai-je envie de laisser comme impression sur mon passage, que voudrais-je que les gens gardent dans leur souvenir après avoir croisé ma route?

Je recroise parfois des gens que j’ai connus il y a plusieurs années et je me surprends toujours à voir qu’ils se souviennent de moi. Je suis pleinement consciente que je ne suis pas une personne effacée dont on ne remarque pas la présence. Mais rarement je me suis attardée à ce qu’on pensait de moi ou à ce que je donnais comme image. C’est donc un drôle d’exercice de le faire après tout ce temps.

Chose certaine, avec l’énergie que j’ai, je crois au moins pouvoir affirmer que je suis généreuse et stimulante. Pour le reste, la vie saura bien me fournir les réponses!

 

Photo : Unsplash | Carl Heyerdahl

La compassion : une valeur en mal d’amour…

Kendall Lane

Tous les jours, dans le métro, je croise le même homme qui vend l’itinéraire, ce journal écrit par des itinérants pour les aider à sortir de la rue et retrouver un peu de dignité (dixit celui qui tente de me le vendre à tous les jours). Chaque fois que je l’entends faire son argumentaire, je me dis qu’il a du courage d’affronter l’ignorance des gens qui passent devant lui, souvent sans même le regarder. Aussi, je me demande toujours quel a été son parcours pour aboutir là. Car on sait pertinemment qu’il ne s’est pas levé un beau matin pour quitter son emploi stable et décider d’aller vendre un journal à 3$.

Quand je le croise, j’ai toujours un élan de compassion et je ne peux m’empêcher de remercier la vie d’avoir une carrière, une maison, une voiture et tout ce dont j’ai besoin pour vivre confortablement. Parfois ça nous prend ce genre de comparaison pour réaliser à quel point on s’en fait pour des riens. Non, ma vie n’est pas parfaite et il y a toujours place à amélioration mais quand je pense qu’il y a des gens qui dorment sur un banc dans le métro, qui passe la nuit dehors à -20, qui ne mange pas 3 repas par jour, je me considère réellement chanceuse.

Je suis de ceux et celles qui aime aider, qui aime comprendre la situation des autres et qui ouvre son cœur lorsqu’une personne nécessite une écoute et un soutien. Je ne peux pas aider autant que je le voudrais, je ne priorise peut-être pas assez mon implication autant que je le pourrais mais j’ose croire que je fais une petite différence parfois. On le dit souvent et ça peut paraître cliché mais c’est la réalité : dans certaines situations, un simple sourire peut changer la journée d’une personne.

Trop souvent on entend des histoires de gens qui se sont retrouvés seuls dans une situation difficile et j’ai toujours de la difficulté à comprendre que dans une société comme la nôtre ça puisse encore arriver. Ce matin en lisant un article qui relatait l’histoire de 2 jeunes enfants qui se sont retrouvés dehors au froid car leurs parents ne savaient pas que l’école était fermée, j’avoue que j’ai été outrée. Le concierge de l’école a informé les élèves du congé mais n’a pas cru bon de les faire entrer… Chose que je ne comprends vraiment, mais vraiment pas. Les parents, de nouveaux arrivants, ne connaissaient pas le calendrier scolaire ni les pratiques courantes. Nous n’avons surement pas tous les détails mais disons que le gros bon sens n’était pas au rendez-vous ce matin-là…

Combien de personnes âgées tombent dans leur demeure et sont prises plusieurs heures seules avant d’avoir de l’aide? Combien de gens n’arrivent pas à avoir des soins rapidement, un médecin de famille, un spécialiste? Nous sommes une société pourtant très avancée, loin d’être pauvre et avec amplement de gens brillants avec des compétences en gestion. Comment se fait-il que l’on n’arrive pas à trouver un modèle qui fonctionne?

L’argent, l’appât du gain, la soif de pouvoir…

Un jour, nous comprendrons peut-être…

 

Photo : Unsplash | Kendall Lane