Posts by "trouv" — Page 175

Un modèle différent, ça vous dit?

Oscar Nilsson

Il y a des matins, comme aujourd’hui, où j’aimerais beaucoup travailler de la maison. Me lever un peu plus tard afin de rattraper le sommeil qu’un système d’alarme de voiture, déclenché en pleine nuit, m’a volé… Prendre le temps de savourer le silence matinal, un latté bien chaud en main… Pouvoir lire tranquillement les nouvelles, blottie dans mon canapé, mon chat ronronnant à mes côtés…

J’ai déjà goûté à ce bonheur donc mes repères sont bien réels, bien sentis. Malheureusement, je constate avec tristesse que peu d’employeurs ou de clients ont saisi la valeur du télétravail. Lorsque j’avais ce privilège, j’étais beaucoup plus productive, n’étant pas interrompue régulièrement et ayant la possibilité de me concentrer pleinement sur mes analyses, dans un environnement qui me ressemble et qui reflète ma personnalité.

Être dans ma demeure représente pour moi une source d’inspiration. J’ai la chance d’avoir mon bureau au 2e étage de ma maison, avec une vue sur le parc et le rire des enfants de l’école primaire tout près lors de la récréation. Que demander de plus comme environnement? Souvent, je ne vois pas le temps passer quand je m’affaire à la tâche dans cette pièce lumineuse et tempérée.

J’aime mon travail, j’adore ce que je fais. Mais j’apprécie particulièrement pouvoir le faire dans mon domicile. Honnêtement, je suis dans le numérique, dans le « virtuel », donc peu importe où je suis, le travail est le même. J’apprécie de côtoyer mes collègues et des rencontres physiques sont toujours nécessaires. Mais a-t-on réellement besoin d’être constamment présent au bureau? N’est-ce pas pour les employeurs un sentiment de contrôle?

Je lisais ce matin, dans La Presse+ Affaires, l’article sur cette avocate qui, après 2 accouchements, a réalisé que les conditions de travail « classiques » ne lui convenaient plus, ne correspondaient plus à sa réalité. Je suis entourée de gens qui me disent trouver très difficile la conciliation travail-famille. Cette dame a pris le taureau par les cornes et a fondé sa propre entreprise, afin de se créer des conditions gagnantes et moulées à sa réalité et d’en faire profiter ses employés. Et ça fonctionne à merveille!

Mais est-on obligé de créer une entreprise pour en arriver à ces conditions? Ne devrait-on pas en tant que société se donner les outils pour désengorger les routes et du même coup rendre les employés plus heureux? J’ai la forte impression qu’il y a derrière le phénomène du « ça ne peut pas s’appliquer à nous » que j’entends fréquemment, une certaine crainte de l’inconnu et une peur du changement. Faire confiance à ses employés, se baser sur le résultat et non sur la façon de faire les choses, ce ne sont pas des réflexes chez la plupart des gestionnaires.

J’ose espérer qu’avec la nouvelle génération de dirigeants, il y aura plus de modèles ouverts et flexibles. Sinon, on continuera de construire des routes et des immenses tours à bureaux, les gens devront se lever de plus en plus tôt pour « éviter » le trafic et par le fait même, déposer les enfants au service de garde pour une période encore plus longue… C’est vraiment cela que l’on veut pour notre société? Je ne crois pas…

Soyons créatifs, inventifs et ouverts d’esprit! Trouvons des modèles hybrides, des solutions différentes! En 2015, toutes les technologies sont là pour rester en contact avec collègues et clients malgré la distance. On doit seulement tenter l’expérience!

Alors, ça vous tente?

 

Photo : Unsplash | Oscar Nilsson

Je suis prête!

Pablo Basagoiti

Dans la vie, si on devait se laisser teinter de ce que l’on lit dans les journaux, je crois qu’on serait tous dépressifs… Ce matin, en lisant ma Presse+, je sentais que je devais me protéger de toute cette morosité car ma journée en serait affectée.

Que ce soit le scandale révélé au grand jour sur la maltraitance et les problèmes sociaux des autochtones de Val d’Or, les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles, les enjeux politiques nombreux, les conditions de vies déplorables de milliers de syriens qui doivent fuir leur pays… Bref, il n’y a pas grand-chose de joyeux… Et ce mois de novembre qui s’en vient à grands pas, mois des morts et de la grisaille. Tout pour nous donner le sourire, quoi!

Dans ce genre de situation, je me remémore une citation de Samuel Beckett :

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter.

Et c’est ce que j’ai fait hier, en ce dimanche après-midi tristounet, qui me rendait un peu triste de voir les dernières feuilles abandonner mon bel arbre. Quand peu de belles choses arrivent autour de toi, que la nature s’épure pour laisser l’hiver reprendre ses aises et que tu n’as qu’une envie, c’est de partir sur une île au chaud… Je te suggère fortement d’écouter l’album Rendez-vous rose des Lost Fingers, tout particulièrement la reprise de La Compagnie Créole : Ça fait rire les oiseaux…

Je vous garantis un sourire, voire un fou rire, et surtout une légèreté dans le cœur et un oubli temporaire de vos soucis. Il ne s’agit pas de se mettre la tête dans le sable, de fuir la réalité ou de procrastiner… Mais simplement d’amener un peu de douceur et de joie afin d’affronter la réalité et de se préparer à la saison du chialage perpétuel. Car on va se le dire, l’hiver, on en chiale un coup! Et je fais pleinement partie de la mascarade! J’ai beau être née dans le nord, on dirait que mon corps n’a jamais accepté son climat.

Je fais partie de ceux qui souffrent de « dépression saisonnière » comme on dit. Alors de octobre à avril, je me bourre de vitamines B, C, D, de magnésium, d’échinacée et j’en passe. Ça m’évite de vouloir tout balancer à bout de bras dès la première neige et de prendre mon mal en patience le temps que ça passe… Et vous aurez beau me dire : fais des sports d’hiver, profites-en pour lire, part en voyage… J’ai tout essayé et j’ai accepté. Point à la ligne.

Comme on dit, on choisit nos batailles. Eh bien moi celle-là, j’ai abdiqué! Je vais chialer, je vais partir dans le sud me réchauffer, revenir et chialer encore… That’s it! Mais au moins je le sais… Et je n’arriverai pas sur les genoux en mars en me demandant où va ma vie (chose que je faisais avant)… Je vais seulement attendre les premières lueurs du printemps pour sourire béatement et trouver la vie tellement belle.

Finalement, c’est merveilleux ce cycle de saisons… Car sinon, est-ce que j’apprécierais autant le retour de la verdure, du soleil, des terrasses et de la chaleur?

 

Photo Unsplash | Pablo Basagoiti

Il est temps de changer…

Dyaa Eldin - Dreamcatcher

Il y a de ces journées dans la vie où on a l’impression que tout va de travers. On se lève et on sent déjà que le seul bon moment de la journée sera celui où on se recouchera le soir. Et vous savez quoi? Ça en prend des comme celle-là pour apprécier les autres… Il faut les assumer et se dire qu’heureusement, ça n’arrive pas trop souvent.

Hier, c’était une de celle-là… j’avais seulement hâte qu’elle se termine pour aller me blottir dans mon petit chez-moi douillet et oublier cette journée.

Ce matin au réveil, je savais déjà qu’elle serait mieux. Mon chat ronronnait à mes pieds, j’avais bien dormi, on était vendredi… Avouez que comme début, c’est assez winner… Je savais déjà que je ne perdrais pas un temps fou à m’habiller, Casual Friday! La radio annonçait le gros accident d’autobus près de Bordeaux et, le cœur rempli de compassion et d’empathie, je me considérais incroyablement chanceuse d’être en forme et épargnée d’une telle tragédie.

Assise dans le métro, j’ai lu avec effroi la chronique de Rima Elkouri sur ces femmes autochtones qui ont vécu l’enfer durant des années et qui ont osé parler, enfin, pour que justice soit faite. Ça m’a sidéré de constater à quel point l’humain peut être un monstre. Des policiers qui amènent une jeune femme sur une route, à plusieurs reprises, pour des fellations contre de l’argent. Avec cette confiance de celui qui se dit que c’est normal et sans conséquence. J’avais mal au cœur…

J’ai toujours tendance à croire que si tu craches en l’air, ça te retombe dessus. Vieilles valeurs judéo-chrétiennes qui ressurgissent parfois : ne fais pas mal à ton prochain ou le bon dieu pourrait te le faire payer…

Mais sur ce coup-ci, il dormait au gaz ou quoi? Comment cette situation a-t-elle pu perdurer aussi longtemps sans que rien ne soit fait? Et pendant qu’on y est… Les enfants disparus de mort suspecte depuis des années… Les femmes de ces communautés qui disparaissent sans que quiconque n’agisse…

Les autochtones étaient ici avant nous ; on les a envahis, on les a repoussés dans des communautés éloignées souvent sans aide, sans suivi, sans avis… Et on laisse sans ressource, avec leur désarroi et leur souffrance. Mais pendant ce temps, on « adopte » des enfants via Vision Mondiale, on dépense des fortunes pour adopter des enfants à l’international et on fait des dons pour des causes et catastrophes humanitaires qui ont lieu à des centaines de kilomètres de nous… Car sortir un petit 20$ pour une tragédie lointaine, c’est moins dur sur le moral que de regarder la réalité en face à 500 km d’ici…

On a élu des libéraux à tous les niveaux… Vous avez lu la définition du mot libéral? Personne tolérante, indulgente…

Mais dans ce cas-ci, on ne doit absolument pas tolérer cette situation… On doit agir! Le changement, M. Trudeau? C’est maintenant!

 

Photo : Unsplash | Dyaa Eldin

Be strong!

Charissa T.

On le voit partout, on se fait bombarder de messages sur l’entraînement, la force de caractère,  la nécessité d’être au top et de se dépasser… Mais en même temps, il n’y a jamais eu autant d’antidépresseurs de prescrits, de congés de maladie, de retards au travail… Met-on la barre trop haute?

En pensant à la force, mon esprit me retourne systématiquement l’image de mes 2 grand-mères, des femmes d’une autre époque, qui ont élevé plusieurs enfants, ont vécu dans une période rude et qui devaient demeurer solides pour leur famille. Leurs droits étaient loin d’être aussi clairs et définis que les nôtres, leur situation exigeait un tempérament de guerrier et malgré tout, j’ai l’image de femmes fières.

Elles avaient des valeurs assumées, un cœur en or et une générosité inébranlable. Elles savaient faire beaucoup avec peu, faire face à toutes les épreuves et prendre leur place dans ce monde d’hommes. Des regards perçants, convaincants et sincères se sont imprégnés dans mon esprit à propos de ces dames. Toutes petites mais si grandes à la fois. Des familles si différentes mais si propres de leur époque. Je n’ose imaginer ce qu’était leur réalité quotidienne.

Et aujourd’hui, je vois des gens stressés par leur travail, par le trafic, par leur situation financière et par mille et une raisons diverses. La société a évolué et les technologies sont venues bouleverser notre quotidien. Mais ce changement a aussi généré une anxiété sociale répandue et parfois je me demande à quel point « c’est mieux » qu’avant…

On nous vend à gros prix des expéditions extrêmes, des « tout inclus » pour se reposer, des retraites pour se ressourcer, des gadgets pour nous rendre plus efficaces… Mais tout cela ne change rien, c’est une course infinie pour plus de bonheur éphémère…

Bien entendu, les chaînes de nouvelles en continu nous donnent faussement l’impression qu’il y a plus de catastrophes qu’avant alors qu’en réalité on y est seulement plus exposé. Mais ce perpétuel tourbillon de préoccupations autour de nous ne génère-t-il pas l’angoisse parmi la population? Est-ce que le fait de tout savoir et d’avoir accès à tout en tout temps ne vient pas finalement affaiblir la masse et mousser les craintes?

Être fort, n’est-ce pas finalement avoir la force de résister à toute cette bulle étouffante et de se forger sa propre vision de la vie? Être fort, n’est-ce pas de dire : ça suffit, cessez de me canarder de vos énergies négatives? Cette maladie de vouloir être le premier à diffuser les mauvaises nouvelles est-elle en train de rendre tout le monde obsédé et déconnecté de la vraie vie?

La vraie vie, celle d’humains capables de se regarder dans les yeux, de s’apprécier, de se soucier les uns des autres, de surmonter des épreuves ensemble et de grandir intérieurement… A-t-elle encore un écho ou n’est-ce qu’une illusion? Chose certaine, ce n’est pas le visage rivé sur un écran qu’on la savoure la vie.

Sur ce, je vais aller côtoyer de vrais humains au travail 😉

Photo : Unsplash | Charissa T.

Le futur, c’est aujourd’hui qu’on le dessine

Paula Porto

Aujourd’hui, 21 octobre 2015, c’est LA journée de Marty et Emmett, nos deux joyeux flyés. C’est effectivement aujourd’hui que Marty atterrit dans notre monde, ce monde qu’ils ont imaginé parfois à la perfection, parfois complètement champs gauche… À ce que je sache, nos voitures ne volent toujours pas (même si j’en rêve à tous les matins)!

Imaginez le futur, le façonner dans notre esprit en fonction de nos désirs et aspirations… Dans le fond, nous sommes tous un peu des Emmett en quelque sorte. Quoi que lui en faisait son métier et littéralement une obsession… Mais reste qu’il nous a permis de s’imaginer un monde si différent, si magique, si loin de notre réalité de l’époque. Il a surement inspiré moult inventeurs, une panoplie de jeunes scientifiques et oh combien d’amoureux de la fameuse DeLorean!

Notre monde est-il mieux que ne l’ait imaginé notre cher docteur? J’en doute… Absorbés par nos appareils dits « intelligents », on passe à côté de bien des choses. On est si concentrés à regarder ce qui se passe dans le virtuel qu’on rate souvent ce qui nous entoure, dans le réel. Et ça, personne ne l’avait prédit.

À quoi ressemblera notre monde dans 25 ans? Comment serons-nous en tant qu’humains? Aurons-nous enfin compris que nous ne sommes que des locataires de cette terre et qu’elle peut nous évincés à tout moment? Serons-nous plus à l’écoute les uns des autres, attardés à notre prochain au lieu de visionner des vidéos de chat sur Youtube? Saura-t-on partager nos richesses plus équitablement? Ou en sera l’égalité homme-femme, le racisme, l’intégrisme et la violence?

J’ose croire que nous aurons appris des erreurs du passé mais sans vouloir être pessimiste, si le passé est garant de l’avenir, je ne donne pas cher de notre peau! Pour chaque avancée, un recul se présente… Il n’y a qu’à regarder l’état de nos forêts, de notre eau de toutes nos ressources naturelles pour comprendre qu’on se met la tête dans le sable (bitumineux).

Pour réaliser l’ampleur du revirement nécessaire, je vous suggère fortement de visionner le documentaire Home écrit et réalisé par Yann Arthus-Bertrand et produit par Luc Besson. La terre vue du ciel m’a fait pleurer de désolation. En voyant l’état de notre planète, la pression que l’on exerce sur notre environnement, je n’ai pu que nous haïr. Comment peut-on imaginer agir ainsi et ne jamais en subir les conséquences? C’est franchement aberrant et chaque humain devrait regarder ce film pour au minimum être conscient de son empreinte. Est-il présenté dans les écoles pour que nos générations futures nous brassent la cage un peu? Je le souhaite et si ce n’est pas le cas, faisons pression pour qu’il devienne un ouvrage scolaire.

Chose certaine, si on devait imaginer notre monde dans 25 ans en fonction des mêmes habitudes malsaines, il n’y aurait pas beaucoup de verdure, d’eau potable, de fruits et légumes frais, de céréales et probablement peu d’air pur…

Alors on attend quoi pour changer les choses? Que la fiction devienne la réalité?

 

Photo : Unsplash | Paula Porto