Posts by "trouv" — Page 176

On court après nos vies, ça en vaut-tu le prix ?

Joshua Sortino

Petit matin gris, teinté de rouge par les résultats d’hier… Mais je ne me prononcerai pas sur l’issue de l’élection, je n’ai aucune envie de partager mon opinion ni d’émettre de quelconques hypothèses.

J’observais ce matin, dès l’entrée du métro, le visage et l‘attitude des gens, pour voir si ce revirement avait changé quelque chose. J’écoutais les talons d’une femme frapper durement le sol de béton, et son attitude pressée, voire même stressée. Qu’est-ce qui peut bien avoir autant de poids sur cette dame pour qu’à 6 h 30 du matin elle soit déjà autant à la course? Et au fait… Après quoi on court?

J’ai l’impression que l’on passe notre vie à courir après l’intangible, sans trop savoir ce qui nous arrivera une fois arrivés on ne sait trop où. Il me vient en tête une chanson de Mes Aïeux intitulée Train de vie :

Alexis, ralentis
Assis sur la galerie du Paradis
Toi tu r’gardes d’En Haut ceux qui te r’gardaient de haut
On court pis on s’énerve comme des p’tites fourmis
On s’épivarde, on s’éparpille comme des vraies queues d’veaux
Hey, on court après quoi, on court après qui ?
On s’essouffle pour épater la galerie
Hey, on se prend pour quoi, on se prend pour qui ?
On court après nos vies, ça en vaut-tu le prix ?

Après tout, si on continue de courir, aura-t-on vraiment profité de nos vies ou si on aura seulement couru après? L’ironie de la chose est que la course à pied n’a jamais été aussi populaire…

Savourer le moment présent, ce fameux concept si immatériel que dans notre société de surconsommation, on peine à comprendre ce qu’il représente entre 2 gazouillis et un selfie. À force de vouloir montrer au monde à quel point notre vie est merveilleuse, passe-t-on à côté de l’essentiel?

Je l’avoue, j’ai diffusé bien des insignifiances sur Facebook… Comme tout le monde, j’ai embarqué dans le bateau de la superficialité. Mais avec un peu de recul, j’ai réalisé que rien de tout cela n’était nécessaire et encore moins valorisant. Je préfère de loin écrire et partager mes réflexions sur mon blogue, de façon plus approfondie et partager du contenu de mon cru qu’une photo absurde dont tout le monde se fou éperdument. C’est ma vision et je l’assume pleinement. Et je ne juge pas mes amis qui partagent plusieurs statuts par jour. Mais j’ai compris que je n’adhérais plus à cette pratique. Et je suis curieuse de voir ce qu’on en pensera dans quelques années, quand une bonne majorité aura pris une distance face à cette vague faussement sociale.

Qui sait, on aura peut-être droit à une autre chanson de Mes Aïeux ou de leur successeur sur le sujet!

 

Photo : Unsplash | Joshua Sortino

Aujourd’hui, on s’exprime!

elections

Ça fait vraiment longtemps qu’on attend cette journée… Je ne sais pas pour vous mais moi j’ai vraiment eu mon quota de promesses électorales et de déclarations houleuses. Le processus électoral en est un des plus pénible et archaïque car à mes yeux, rien dans cette mascarade ne  nous permet de voir le vrai visage des gens qui se prétendent « le-plus-meilleur-politicien-qui-veut-devenir-notre-PM ».

Mais une chose est sûre : j’irai voter. Pourquoi? Parce que des femmes avant se sont battues pour que j’aie ce droit, parce que dans certains pays, de gens se font tuer pour avoir pris le risque d’aller voter, parce que si on ne vote pas, on est vraiment mal placé pour chialer que le gouvernement ne vaut pas un clou, parce que si on veut avoir un impact dans la vie, ben on doit lever notre derrière de notre sofa et affirmer nos choix… Bref, je pourrais continuer comme ça longtemps mais de toute façon, il n’y a selon moi aucun argument valable pour ne pas aller voter.

Peu importe votre allégeance, vos croyances, votre dégoût de la politique, votre indécision, votre envie de les envoyer tous promener… Le fait d’aller faire un X, c’est de dire à ces gens que vous avez le pouvoir au bout de votre crayon. Parce entre vous et moi… si seulement 50% de la population se présente pour voyer, quel message on envoie? Qu’on s’en balance et qu’ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent. Mais le problème c’est que ce sont eux qui déterminent le montant d’impôt que vous allez payer au printemps 2016 et les autres qui suivront, ce sont eux qui détermineront comment l’argent sera investi, comment les générations futures pourront bénéficier de nos investissements, comment nos routes, nos ponts, nos écoles, nos hôpitaux, nos bibliothèques, nos garderies, nos centres de soins et tout le tralala seront gérés… Parce que, si on ne va pas voter maintenant, autant au provincial qu’au fédéral, ils vont se dire : faisons de beaux sourires, disons ce qu’ils veulent entendre, endormons-les bien comme il le faut et ensuite, faisons à nos têtes et laissons-nous influencer par les plus riches…

Ça vous tente? Pas moi… J’ai envie qu’ils aient la chienne qu’on les renvoie, qu’ils comprennent qu’on se laissera pas berner, qu’on a compris qu’on peut changer les choses, qu’ils nous respectent et surtout qu’ils nous écoutent. C’est quand la dernière fois où vous avez vraiment eu l’impression que nos politiciens ont agi dans l’intérêt de la population, la vraie, celle qui doit se serrer la ceinture et qui court après sa vie pour y arriver?

Je trouve qu’on se décourage bien vite et je suis la première à passer rapidement sur les articles qui concernant la politique. Mais le samedi matin, je me fais un devoir de repasser les nouvelles de la semaine pour m’informer et connaître les enjeux en cours. Si je ne le fais pas, je ne peux pas me plaindre que les décisions prises vont à l’encontre de mes valeurs et principes.

Alors aujourd’hui, en ce 19 octobre frisquet, je vous demande de faire valoir votre droit et d’aller mettre votre X sur un bulletin de vote. Parce que le vrai visage de notre société, c’est nous qui le dessinons!

Où vous voyez-vous dans 5 ans?

Nick Scheerbart

Où vous voyez-vous dans 5 ans?

Cette question m’a toujours fait sourire… Et honnêtement je n’ai jamais su y répondre. Doit-on réellement savoir où l’on veut être dans 5 ans? En 2015, cette question est-elle vraiment pertinente? À mes yeux, elle peut, au mieux, être optionnelle mais chose certaine je la retirerais de tout processus d’entrevue.

Pour ma part, je travaille dans le web, dans ce monde qui évolue à la vitesse grand V et dans lequel à chaque jour une nouvelle bébelle nous apparaît avant même le premier café. De nouvelles technologies, des approches inventives, des widgets révolutionnaires, des langages plus évolués… Il y en a pour tous les goûts… On est incapable de prédire ce à quoi ce domaine aura l’air dans 3 ans alors où moi-même je serai…

Par contre, si on me demandait : comment te vois-tu dans 5 ans… Instantanément, ma réponse serait : HEUREUSE! N’est-ce pas cela l’essentiel? On vit dans une ère où l’on demande aux inconnus ce qu’ils font dans la vie avant même de savoir qui ils sont. Qu’est-il écrit dans ta signature de courriel semble prédominer sur : qui es-tu au fond de toi-même?

Je trouve tout cela assez fascinant!

Dans 5 ans… j’aurai 41 ans… J’aurai passé ce cap de la quarantaine qui en effraie plus d’un. J’aurai peut-être des enfants, peut-être pas. J’aurai peut-être déménagé, peut-être pas… Qu’est-ce que ça change au fond?

J’aurai assurément changé de lieu de travail à quelques reprises car c’est dans le fondement même de ma position de consultante. J’aurai côtoyé des gens formidables et d’autres moins, j’aurai découvert des nouvelles stratégies, des façons de gérer et de voir les choses différemment, j’aurai eu quelques débats et j’espère de nombreux succès. Mais ce n’est pas cela qui me définira ou qui déterminera si j’ai réussi.

C’est ce qui se passera à l’intérieur de moi, c’est le sentiment que j’aurai au réveil, c’est la fierté qui se lira dans mes yeux et qui se dégagera de ma personne qui pourra me dire si je suis satisfaite de mes choix.

Je me souviens d’une conférence de Sylvain Boudreau sur le Moi Inc.

« Le Moi inc. » signifie que nous sommes tous propriétaires d’une entreprise qui comprend plusieurs départements, dont nous sommes responsables.

Nous devons accepter que les défis soient une partie intégrante de notre vie personnelle et professionnelle mais les résultats que vous espérez dépendront uniquement de votre attitude et de la façon dont vous leur ferez face.

En gros, cette conférence fait prendre conscience à bien des gens qu’ils ont le contrôle sur leur vie et que s’ils ne le prennent pas, ils ne peuvent pas se plaindre que ça va mal…

Les défis se présenteront, c’est là une des rares certitudes. Et la beauté c’est que ce sont des surprises, on ne sait effectivement pas d’avance ce que nous aurons à affronter. Mais ce qu’on sait, c’est qu’on peut décider d’y faire face ou de se voiler la face. C’est ça dont je suis certaine que je ferai pour les 5 prochaines années… et les suivantes.

 

Photo : Unsplash | Nick Scheerbart

2015, l’année de la confiance

Dustin Lee

En ce petit matin frisquet d’octobre, je méditais dans ma voiture, roulant lentement sur la route, à ce que je retiendrai de l’année 2015. Je ne suis pas vraiment du type bilan de fin d’année et résolutions et je déteste les dates fixes alors non le 1er janvier, je ne me fais pas une panoplie de promesse que j’aurai déjà oublié quand j’aurai les fesses dans le sable pour me faire oublier l’hiver quelques instants…

Cette année, c’est en cet automne de campagne électorale interminable que je me questionne sur ce que j’ai fait de cette année 2015. Qu’ai-je appris, qu’ai-je acquis, qu’ai-je accompli? Et le mot qui retentit sans cesse dans mon esprit est : confiance. Je le murmure à peine, encore timide d’en parler.

Pour ceux qui me connaissent bien, je ne suis pas du genre à déborder de confiance en moi et à étaler mon estime de moi. J’ai plutôt longtemps été celle qui mettait de l’avant les autres pour se cacher derrière. Ça m’a tout de même permis d’avoir des équipes de rêves au travail car, croyant plus en eux qu’en moi, je crois que je réussissais à les faire briller, à les motiver, à les encourager à donner le meilleur d’eux-mêmes pour qu’ensemble on soit bons.

Cette année, après des soucis de santé, une séparation et de nombreuses heures de réflexion, on dirait qu’il y a eu un déclic… Une prise de conscience… Une affirmation de mon moi-même… Je suis quelqu’un et je suis surtout quelqu’un de bien. J’ai croisé beaucoup de personnes malsaines dans ma vie et on dirait que ça m’a permis, avant de savoir qui j’étais, à savoir qui je n’étais pas.

J’aime foncièrement les gens, l’humain en général. Je m’intéresse aux autres et je m’attarde à ce qui les fait grandir, les terrorisent, les fait pleurer… Et pas à pas, à travers des rencontres et des moments de solitude, j’ai compris ce qui s’appliquait à moi. J’ai encore de la difficulté à y mettre des mots, à le dire à haute voix mais à l’intérieur de moi, je sais. Je sais que je me suis définie, je sais que je m’aime plus qu’avant, je sais que je tente maintenant de faire plus pour moi au lieu de tout faire pour les autres, je sais que j’ai envie de ressentir ce calme au fond de moi qui est relativement récent. Je sais surtout que maintenant, j’en suis capable.

Et c’est en ce sens que le mot confiance prend toute cette place. Confiance en moi, en mes capacités et en mon pouvoir d’agir, pour moi. Après 10 ans de thérapie, j’ai l’impression pour la première fois, d’être en mesure de voler de mes propres ailes et de me sentir libre et sereine. Les tourments intérieurs ont laissé place à un sentiment de force de caractère. L’angoisse s’est transformée en une envie de découvrir, de m’ouvrir et de prendre des risques.

Oh j’aurai encore de ces moments de remise en question, de doute et de peur mais au fond de moi je sais maintenant que le calme revient après la tempête. Et ça, ça fait vraiment du bien!

Et vous, quel serait votre qualificatif de 2015?

 

Photo : Unsplash | Dustin Lee

M’enlever ma musique, m’enlever ma source d’inspiration…

Corey Blaz

Dans ma vie, la musique occupe une place de premier choix. Peu importe comment je me sens, peu importe la situation et l’événement, il y a toujours une trame sonore, qu’elle soit audible pour les autres ou uniquement présente dans mon esprit. Je ne suis absolument pas musicienne et je n’ai jamais eu la patience d’apprendre un instrument. Pour moi, la musique fait partie de l’ambiance, comme la trame sonore vient soutenir l’intensité et la gravité d’un passage d’un film.

Mes goûts sont assez variés et surtout, ils fluctuent selon ce qui survient dans ma vie. Par moment, j’ai besoin de beat, besoin que ça fesse, que ça bouge et confortablement assise dans mon véhicule, je me nourris de cette accentuation musicale pour appuyer mon état intérieur. À d’autres moments, la douceur, la profondeur et la finesse occupent l’espace et teintent mon environnement. Le piano est de loin l’instrument qui fait le plus vibrer ma fibre intérieure. Fan inconditionnelle des 2 albums solo piano de Chilly Gonzales, je ne peux imaginer ma vie sans ce ressourcement périodique. Je peux, à répétition, me délecter de ces albums empreint de richesse et d’émotions.

Une voix qui m’atteint profondément est celle de Dallas Green, chanteur de City and Colour. Il y a une telle douceur mais en même temps un côté sauvage et extrêmement touchant dans son organe vocal. Moi qui ai toujours adoré les voix rauques et graves pour les hommes, je me surprends à être envoutée par cette sonorité plus aigüe et fine. Les goûts, ça ne s’explique pas comme on dit… Jouxtée à celle plus brute de la chanteuse Pink, j’ai d’autant plus appréciée celle source de frisson sur l’album du duo temporaire You+Me intitulé Rose ave. Un véritable bijou sur disque.

Et la semaine dernière, mon bonheur fut à son apogée, lors de la sortie du nouvel album de City and Colour : If I Should Go Before You. Maturité, plaisir et sincérité se sont mariés le temps d’un instant pour inspirer M. Green et l’inciter à inclure ses camarades dans la production de ce nouvel album. Lui qui a toujours été très solitaire, autodidacte et qui a souvent conçu la majorité de ses albums seuls, s’est laissé tenter par l’expérience de groupe et je dois dire que le résultat est fort intéressant.

J’ai fait ma première écoute lors d’une petite marche automnale en ce week-end chaud et très plaisant. Le soleil brillait, une petite brise chaude faisait virevolter les feuilles au sol… Et j’avais dans les oreilles cette mélodie qui me remplissait de bonheur. Un moment de pure magie… de grâce… C’est dans ces petits moments de bonheurs qu’on peut dire : merci la vie!

 

Photo : Unsplash | Corey Blaz