Posts by "trouv" — Page 180

Se libérer ou s’affranchir?

Andrew Collins

Je lisais ce matin un texte de Diane Gagnon sur le processus de libération, qui consiste à faire un certain ménage dans notre vie de tout ce qui ne nous rend pas heureux. Et je pensais à certaines personnes que j’ai croisées dans ma vie que je qualifie d’éternels insatisfaits. Vous savez, ces gens pour qui tout est noir, chez qui tout semble pénible et lourd, qui ne semble jamais heureux et plutôt victime de la vie?

Et soudainement, je me suis sentie choyée et particulièrement reconnaissante de la vie. J’ai eu mes moments de petit nuage noir, des moments où j’avais l’impression que rien n’allait et que je marchais en parallèle de ma vie. Je ne trouvais pas l’équilibre, je n’arrivais pas à me satisfaire de ma vie, comme si je vivais celle de quelqu’un d’autre. Mais heureusement, il y a dix ans, j’ai pris la décision de consulter et je sais aujourd’hui que c’est le plus bel investissement de ma vie. Investir sur soi, faire le choix d’être accompagnée est une chose très difficile à faire mais Ô combien libératrice.

Il n’est sans doute pas toujours nécessaire d’y consacrer autant d’années que je l’ai fait, et chaque histoire est unique, mais se choisir et décider d’y investir temps, énergie et argent, pour aller mieux. Il y a eu plusieurs creux, plusieurs moments de doute, plusieurs fois où je me suis demandée pourquoi je faisais tout cela, pourquoi je creusais autant et réveillais des démons bien enfoui… Mais tête de cochon comme je suis, j’ai poursuivi cette route sinueuse à l’intérieur de moi. Et aujourd’hui, après toutes ces années, j’ai l’impression d’avoir terminé mon marathon, ou du moins d’approcher du fil d’arrivée.

J’ai grandi, j’ai évolué, j’ai appris à me connaître, à comprendre mes émotions, à accepter ce que je suis et ce que je ne peux contrôler, à voir chez les autres le bon comme le mauvais, à me protéger quand il le fallait et surtout à faire confiance à ceux qui le mérite. Je trébucherai encore, j’aurai encore des moments d’ambigüité et de crainte mais aujourd’hui je sais comment les gérer.

Avec tout ce que j’ai investi sur moi, j’aurais sans doute une plus grande maison, j’aurais fait plusieurs voyages de plus, je vivrais peut-être même dans un autre pays, qui sait… Mais je suis convaincue que je ne serais pas aussi sereine qu’aujourd’hui et ça… c’est mon Everest à moi! Avoir la fierté d’avoir parcouru tout ce chemin intérieur est encore mieux que d’avoir relevé n’importe quel défi sportif ou professionnel.

Dans 10 ou 15 ans, je relirai peut-être ce texte en me disant que finalement j’avais fait si peu de chemin mais en ce petit matin frisquet de la fin de l’été 2015, je me sens bien, à ma place et fidèle à ce que je suis. Il est probable que dans quelques jours, des doutes surgissent dans mon esprit et c’est tant mieux. Car j’ai aussi appris que les doutes nous forcent à réfléchir et à remettre en question des certitudes pas toujours pertinentes. Quand on accepte de brasser nos idées et nos choix, on se donne le droit de recommencer, de reculer et de changer de chemin. Et ça, ça nous permet de croître.

 

Photo : Unsplash | Andrew Collins

Le désir, un puissant moteur

Josh Felise

Oh non, vilains esprits, je ne vous parlerai pas du désir entre humains, charnels et sensuels. J’ai plutôt envie de réfléchir au désir comme moteur de nos vies. Le désir de se dépasser, d’être une meilleure personne, le désir de relever les défis, d’être de bons parents. Cet aspect de nos vies nous permet d’évoluer et de vouloir faire mieux. Il est parfois intense mais aussi parfois complètement éteint. Et quand cette panne sèche survient, on se sent moche, notre estime de soi est au plus bas et on a l’impression qu’on ne vaut pas un clou. C’est comme si on avait un petit nuage gris au-dessus de la tête, comme dans les dessins animés de notre enfance.

Ça nous est tous arrivé un jour et malheureusement, je ne veux pas vous décevoir, mais ça risque fort bien d’arriver encore. C’est comme un cycle, une pause, un mal nécessaire… Car j’ai tendance à croire qu’il est parfois nécessaire d’être au fond du puit pour remonter, rejaillir avec plus de force et de vigueur. Sinon, notre égo prendrait trop de place et se lasserait croire que nous sommes au-dessus de tout.

Vouloir se dépasser, c’est sentir qu’on peut aller au bout de soi, plus loin encore. Que la limite actuelle peut être repoussée et que d’y aller nous permettra de voir plus grand, de respirer plus d’air, de se sentir plus léger. À l’intérieur de nous, dans le fin fond de nos trippes, il y a cette petite flamme qui brûle d’envie de vivre des expériences nouvelles pour qu’on se sente vivant et animé. On ne parle pas nécessairement d’exploit grandiose mais chacun, à sa juste mesure, à sa dose, peut se surpasser. Pour une personne très timide, ça peut être aussi banal que de sourire aux gens qu’elle croise. En période de grande angoisse, il m’est arrivé de devoir me forcer pour le faire alors je comprends très bien que ça peut exiger tout un effort.

Pour d’autres, ça peut être un marathon, un discours devant plusieurs personnes, un voyage en solo… Peu importe l’ampleur, l’important est d’aller un peu plus loin, de sortir de notre fameuse zone de confort.

Mais parfois aussi, on se rend compte que notre désir nous dirige à la mauvaise place, nous fait miroiter du bonheur éphémère. Le mirage dans le désert… Et avec un peu de recul, on se rend compte que c’est de la frime, qu’on n’aurait pas nécessairement trouvé une source d’énergie et que finalement c’est notre égo qui désirait être valorisé. Ça m’a pris des années à comprendre cela… Je crois que ça prend quelques trébuchages pour réaliser qu’il existe plusieurs sphères en nous et que chacune doit demeurer humble. Quand on est jeune, notre égo se nourrit de la moindre petite reconnaissance ou valorisation. Et plus on vieillit, plus on comprend que ce n’est pas ce qui nous définit.

Ce n’est pas dans le regard des autres que l’on vit, c’est dans sa propre estime de soi. Se coucher le soir et penser à ce que les autres voient en nous, ce n’est pas être heureux. Se coucher le soir, être satisfait de notre journée, de nos gestes et paroles, de l’amour partagé, des petits moments de bonheur… ça se rapproche de ma définition d’être heureux. Et avoir le désir que chaque lendemain soit aussi merveilleux, nous fasse grandir et découvrir de nouvelles facettes de la vie. Pour moi, c’est plus important que le regard de quiconque sur ma vie.

 

Photo : Unsplash | Josh Felise

Donner à sa juste mesure

don

En entendant hier l’histoire de P.K. Subban qui verse un don de 10 M$ à la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants, j’ai été envahi d’une vague d’espoir. À l’heure des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, des guerres  de territoires et/ou de religion qui n’en finissent plus, de la pauvreté grandissante et de la sédentarité qui cause des milliers de maux… de voir qu’un homme décide de poser un tel geste m’anime d’une grande joie.

Les mauvaises langues diront qu’il bénéficiera d’avantages fiscaux importants mais ceux-ci pourront bien déblatérer sur son cas, il n’en demeure pas moins que beaucoup de famille affligées par la maladie de leur enfant ont poussé un soupir de soulagement hier. La seule partie triste dans cette histoire… c’est de constater que nous avons besoin à tout prix de ce type de générosité car le financement de la recherche sur les maladies devrait provenir de nos gouvernements mais ceux-ci coupent allègrement partout où ils le peuvent pour équilibrer leur budget. Et cela m’attriste énormément… Et dieu sait que je n’ai pas envie de lancer un débat sur la place publique car je déteste ces déchirements souvent élaborés avec 3% des faits réels.

Mais que ferait-on si les P.K. Subban, Guy Laliberté et autres richissimes de notre société décidaient simplement d’investir leurs avoirs dans quelque chose qui ne les concernent qu’eux? Si ces gens ne se laissaient pas toucher par le malheur des autres et ne réalisaient pas qu’ils avaient le pouvoir de changer les choses? S’ils n’avaient pas les valeurs à la bonne place pour aider leurs prochains?

Excusez-moi l’expression… mais on ferait dure en sale! À quoi ça sert d’être le « plus beau pays du monde » si on coupe dans l’éducation des générations futures et qu’on laisse mourir des gens faute de trouver un remède ou du moins de trouver une façon de diminuer leur souffrance? Je ne suis vraiment pas une « fan » de la politique mais je suis une croyante en l’humain, en la force du nombre, en la collaboration et l’implication sociale. Chaque petit geste peut faire une différence car l’ensemble de ceux-ci nous donnent un tout cohérent et imposant. On lisait récemment que les Québécois sont des gens qui font souvent de plus petits dons mais en grand nombre et donc que le calcul se fait différemment que dans d’autres provinces où les dons sont comptabilités car apparaissant sur les déclarations fiscales.

Et quand on parle de don on parle souvent d’argent… Mais qu’en est-il des dons de sang, de vêtements, de nourriture et de temps? Être bénévole peut changer la vie de certaines personnes, autant du donneur que du receveur. Car le don de soi apporte un sentiment de fierté et d’appartenance, on sent qu’on fait une différence. Il n’est pas nécessaire d’être riche et de faire partie du CH pour être généreux. Il faut seulement se sortir de sa routine et trouver une cause qui nous tient à cœur, qui rejoint notre fibre intérieure et qui s’aligne avec nos valeurs.

Mais d’ici là, comme le titrait Patrick Lagacé ce matin, peu importe qui le CH nommera comme capitaine de l’équipe, on peut dire que dans nos cœurs, on a trouvé notre capitaine…

Des fondations solides

Mathieu Turle

Ces derniers temps, j’ai l’impression d’avoir coulé mes fondations, d’avoir délaissé ma maison mobile et d’avoir enraciné ma structure, solidement et patiemment. D’avoir travaillé suffisamment fort sur moi pour que ma base soit en place pour un bout de temps, qu’elle résiste mieux aux tempêtes et me permette de construire ma vie, pièce après pièce, un étage à la fois.

J’ai longtemps sentie ma base « chambranlante », toujours à l’affût de la moindre tempête qui allait arracher des morceaux, laisser des traces de son passage sur mon être fragile, disloquer mon équilibre.

Mais heureusement, quand on travaille sur soi et qu’on avance, contre vents et marées, qu’on s’acharne à se comprendre et se connaître, qu’on donne le temps au temps… On finit par récolter le fruit de notre labeur et s’enraciner.

Connaître nos défauts, nos limites, nos qualités et nos atouts… Ces éléments essentiels à toute fondation durable. C’est comme le mortier, ça soude les éléments ensemble. Et ça sert de repère quand on se sent partir à la dérive, d’ancre pour nous garder attachée au port.

Pendant des années, l’anxiété m’a empêchée de me sentir moi-même, m’enfermait sous une carapace dure et inébranlable alors qu’à l’intérieur le séisme rugissait. Et quand je croyais avoir trouvé une bouée, elle me glissait des mains et je replongeais. Un perpétuel tourbillon que je ne comprenais pas et qui me remuais les « trippes », à m’en rendre malade parfois.

Et je ne comprenais pas que le réel sauvetage viendrait de l’intérieur. Je ne voyais pas qu’à force de semer petit à petit les graines de mon estime, un jour je me sentirais épanouie.

J’ai lu beaucoup, consulté une psy et même vu un voyant. Chaque rencontre, chaque lecture a laissé inconsciemment des traces, a ajouté sa part à ma fondation. Au fur et à mesure les morceaux ont fini par se souder ensemble et sans que je m’en aperçoive, la base était bien là, solide, définie et ancrée. C’est en levant la tête qu’on constate le chemin parcouru, en regardant derrière, devant et dedans…

Être capable d’écrire tout cela aujourd’hui est une étape, un accomplissement, un carrefour. La route continue et je sais pertinemment que certains bouts seront comme un chemin de terre mais j’ai appris que ces épisodes sont nécessaires et surviennent pour nous apprendre quelque chose. Si la route était tjrs belle, comment grandirions-nous? Je dis souvent que ça prend des moments plus durs pour apprécier les tendres. Si la route était toujours lisse et sans encombre, comment pourrais-je continuer d’évoluer, de me solidifier? C’est en se confrontant à des moments plus durs qu’on peut constater la beauté de notre force. Quand tout va bien, on a tendance à prendre pour acquis ce que l’on a, on a l’impression que rien ne peut nous atteindre. Puis un matin, une petite épreuve se met sur notre route pour nous rappeler que ce n’est jamais fini et qu’on doit perpétuellement tenter de s’améliorer.

Avant, quand ça n’allait pas, je bougeais, je déménageais littéralement… Comme si changer l’environnement extérieur allait balayer les soucis, comme si j’allais jouer un tour à la vie. Mais j’ai compris que c’est elle qui mène le bal et que de m’épuiser à tenter de lui jeter de la poudre aux yeux ne faisait que me drainer moi-même, m’anesthésier en quelque sorte au lieu de ressentir.

Alors aujourd’hui, je commence ma journée en écrivant sur ce blogue pour toujours ressentir, le bon comme le mauvais. Et ça me rappelle que j’ai parcouru un bon bout de chemin. Et que même quand ça va mal, quand je me sens dans le brouillard… Je sens. Et c’est beaucoup mieux que de fuir.

 

Photo : Unsplash | Mathieu Turle

Changer pour évoluer

Joe Beck

Le changement…

C’est quelque chose qui nous frappe de plein fouet ou qu’on planifie minutieusement… C’est un hasard de la vie ou une marche que l’on monte vers l’inconnu. C’est parfois une lumière au bout d’un tunnel sombre, parfois un petit vent de fraîcheur qui nous surprend agréablement…

Comme l’a si bien enseigné Bouddha :

Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement.

Certains en ont peur comme la peste, d’autres l’embrasse comme un cadeau de la vie.

À certains moments, le changement nous amène complètement ailleurs et d’autres fois il nous rapproche de ce que l’on est vraiment, de ce qui nous ressemble.

Le changement peut être salvateur, souffrant, libérateur, violent, doux, profond, superficiel… Il existe autant de type de changement que de type d’humain. Mais il survient souvent quand on ne s’y attend pas vraiment. On y pense, on en rêve, on le craint, on le fuit… Dans toute une vie il nous aura fait autant rire que pleurer…

S’il est une chose dont on soit sûr, c’est qu’il y en aura d’autres. Et c’est tant mieux! Si on contrôlait tout et pouvait décider de ne pas changer, je n’ose imaginer toutes les belles rencontres, les opportunités d’évoluer et les prises de conscience que j’aurais manqués. Grâce au changement, je suis qui je suis et c’est parfait ainsi!

Mais parfois je réfléchis à ma réaction à certains changements survenus dans le passé et je réalise que la peur a par moment, dominer ma prise de décision. Comme dans bien des sphères de la vie, plus on vieillit et gagne en maturité, plus on apprend de nos erreurs et plus les choses se font naturellement, ou du moins dans un état d’esprit moins tourmenté. Avec le temps, on apprend à se connaître, nos choix sont plus alignés avec notre essence et les changements perturbent moins notre vie. Ou peut-être être simplement que nous accueillons mieux ces perturbations? Qu’on en mesure mieux les impacts?

Et si finalement c’était qu’on attirait simplement de « meilleurs changements »? On dit souvent que quand on commence à changer nous-mêmes, tout autour de nous se met à changer aussi, à entrer dans la danse et à suivre notre rythme. Peut-être est-ce simplement que nous maîtrisons mieux les pas de cette valse? Que nous sommes plus connectés avec notre propre cadence?

Chose certaine, pour ma part, j’aime le changement. En fait, après quelques années de « stabilité », l’envie de bouger me prend. Et cela m’a pris des années à l’accepter et à arrêter de me sentir « anormale ». Je suis comme je suis… j’aime le changement, j’aime le risque, les sauts dans le vide, être déroutée, prise par surprise, me projeter en dehors de ma zone de confort.

Vous savez, c’est comme lorsque l’on est assis trop longtemps à la même place et qu’on a l’impression de ne plus avoir de position… Ma vie est parfois comme ça. Rien de maladif, on s’entend! J’ai parfois douté qu’il s’agissait d’une fuite quelconque. Mais finalement j’ai compris que c’est dans ma nature, tout simplement.

Des changements sont en branle, d’autres surviendront, encore et encore. Et c’est ce qui me nourrit et me fait grandir. Rencontrer de nouvelles personnes, voir de nouveaux lieux, découvrir de nouvelles façons de penser. N’est-ce pas stimulant tout ça?

Mais à travers tous ces changements, une des décisions que j’apprécie le plus, c’est ce blogue, qui me permet de m’exprimer et de partager mes humeurs et coups de cœur. Et si ça plaît, tant mieux! Moi, ça me fait du bien 🙂

Photo : Unsplash | Joe Beck