On court après nos vies, ça en vaut-tu le prix ?

Joshua Sortino

Petit matin gris, teinté de rouge par les résultats d’hier… Mais je ne me prononcerai pas sur l’issue de l’élection, je n’ai aucune envie de partager mon opinion ni d’émettre de quelconques hypothèses.

J’observais ce matin, dès l’entrée du métro, le visage et l‘attitude des gens, pour voir si ce revirement avait changé quelque chose. J’écoutais les talons d’une femme frapper durement le sol de béton, et son attitude pressée, voire même stressée. Qu’est-ce qui peut bien avoir autant de poids sur cette dame pour qu’à 6 h 30 du matin elle soit déjà autant à la course? Et au fait… Après quoi on court?

J’ai l’impression que l’on passe notre vie à courir après l’intangible, sans trop savoir ce qui nous arrivera une fois arrivés on ne sait trop où. Il me vient en tête une chanson de Mes Aïeux intitulée Train de vie :

Alexis, ralentis
Assis sur la galerie du Paradis
Toi tu r’gardes d’En Haut ceux qui te r’gardaient de haut
On court pis on s’énerve comme des p’tites fourmis
On s’épivarde, on s’éparpille comme des vraies queues d’veaux
Hey, on court après quoi, on court après qui ?
On s’essouffle pour épater la galerie
Hey, on se prend pour quoi, on se prend pour qui ?
On court après nos vies, ça en vaut-tu le prix ?

Après tout, si on continue de courir, aura-t-on vraiment profité de nos vies ou si on aura seulement couru après? L’ironie de la chose est que la course à pied n’a jamais été aussi populaire…

Savourer le moment présent, ce fameux concept si immatériel que dans notre société de surconsommation, on peine à comprendre ce qu’il représente entre 2 gazouillis et un selfie. À force de vouloir montrer au monde à quel point notre vie est merveilleuse, passe-t-on à côté de l’essentiel?

Je l’avoue, j’ai diffusé bien des insignifiances sur Facebook… Comme tout le monde, j’ai embarqué dans le bateau de la superficialité. Mais avec un peu de recul, j’ai réalisé que rien de tout cela n’était nécessaire et encore moins valorisant. Je préfère de loin écrire et partager mes réflexions sur mon blogue, de façon plus approfondie et partager du contenu de mon cru qu’une photo absurde dont tout le monde se fou éperdument. C’est ma vision et je l’assume pleinement. Et je ne juge pas mes amis qui partagent plusieurs statuts par jour. Mais j’ai compris que je n’adhérais plus à cette pratique. Et je suis curieuse de voir ce qu’on en pensera dans quelques années, quand une bonne majorité aura pris une distance face à cette vague faussement sociale.

Qui sait, on aura peut-être droit à une autre chanson de Mes Aïeux ou de leur successeur sur le sujet!

 

Photo : Unsplash | Joshua Sortino

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