S’arrêter, le temps de savourer la vie…

Hans M

Cette semaine, ma professeure de yoga a terminé le cours sur une phrase qui est demeurée gravée à mon esprit : prendre soin de son corps pour que notre âme ait envie d’y rester. Je ne sais pas d’où vient cette phrase mais elle résonne en moi de façon intense. Et quand on y pense, c’est tout à fait cohérent.

On a tendance à prendre pour acquis notre corps, croire qu’on est maître à bord et qu’on décide de tout. Mais avec le temps et l’expérience, on réalise bien souvent que la vie nous ramène à l’ordre quand on dérive de la route. Si on bourre notre corps de chimique, de nourriture malsaine, qu’on ne fait aucun exercice, bref, qu’on ne le respecte pas et qu’on n’en prend pas soin, sera-t-on vraiment à l’aise? Notre mental souffrira de ce manque d’équilibre.

Imaginez-vous une maison mal entretenue, où l’on se sent à l’étroit dans le barda, où on a l’impression que rien n’est à sa place et que tout est à refaire… Avez-vous envie d’y rester? Surement pas, ou du moins, pas sans un bon ménage et une reprise de contrôle. Votre corps devrait subir le même sort, mériter la même attention. Car à force de reporter à plus tard la prise en charge, vous accumulez les problèmes.

Notre corps s’exprime et on a parfois la fâcheuse habitude de le faire taire, ne pas lui porter attention. Mais pourtant, les messages sont là, sous nos yeux. Il ne faut pas se surprendre qu’à un moment donné, il décide qu’il en a assez et fasse la grève. Ça peut se traduire par un simple rhume, mais aussi par des intolérances alimentaires, des migraines, des problèmes cutanés ou tout autre symptôme. Et si on ne fait que masquer le souci par un médicament et qu’on ne va pas à la source, tout ceci s’accumule.

Prendre soin de son corps, c’est l’accepter tel qu’il est et le nourrir de ce qu’il a besoin. Au-delà de l’alimentation, il a besoin d’étirement, de pause, de prise de conscience… On entend souvent l’expression : vénérer son corps comme un temple. Je n’aime pas les trucs qui sonnent trop ésotérique mais ma métaphore de la maison délabrée vous fait tout de même comprendre qu’il est crucial de considérer notre corps comme notre premier logis. Avant notre maison ou notre condo, il constitue notre première enveloppe, celle avec qui on parcourra tout le chemin.

On met des milliers de dollars pour améliorer notre résidence mais pourquoi a-t-on autant de difficulté à prendre soin de soi? La volonté, la patience, l’engagement… Tout cela est beaucoup plus demandant que d’allonger une somme à un entrepreneur pour refaire la cuisine.

Mais s’arrêter, le temps d’une salutation au soleil, le temps de contempler la nature en savourant un pique-nique, le temps d’une course matinale, c’est s’engager envers soi-même, profiter du moment présent et s’offrir le cadeau de donner du temps et de l’amour à notre être. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Et c’est dès aujourd’hui qu’on doit le faire, pas demain, pas la semaine prochaine, pas dans un mois. Main-te-nant.

Prendre une marche, ça ne coûte rien. Ça nous fait sortir de notre cocon et ça permet à notre âme de sentir notre corps. Un geste si simple mais si important à la fois.

 

Photo : Unsplash | Hans M

Related Posts

PAUL SMITH Partir pour mieux revenir 4 mai 2018
Paz Arando Avoir le cœur à la bonne place 22 décembre 2016

Leave a Reply