Je m’engage pour définir mon avenir

Markus Spiske

Hier, mon fil Facebook m’a gentiment présenté une image toute simple qui contenait cette phrase : anything that costs you your peace of mind is too expensive. Je pourrais traduire cela par « tout ce qui vous coûte votre tranquillité d’esprit est trop cher » ou en version plus claire « si c’est pour te rendre folle, penses-y donc 2 fois avant d’accepter! »

Je ne sais pas pour vous mais moi, dans ma vie, on m’a souvent montré ou tenté de me faire croire qu’il fallait que je sois gentille, bonne et polie. Et pendant longtemps, dans ma tête, ça voulait dire que si quelqu’un m’offrait un boulot, un drink ou un coup de main, je me devais de l’accepter à tout prix par respect pour la personne qui l’offrait.

Ce qui a fait que dans ma carrière j’ai parfois enduré des emplois ou des mandats qui n’étaient pas faits pour moi. Je me souviens d’un de mes premiers contrats de consultation il y a de cela bien des années où le client, dont je tairai le nom, était un parfait misogyne et me regardait comme si j’étais juste en dessous de la photocopieuse dans sa chaîne de valeur. Je m’efforçais de faire mon travail toujours de mon mieux, je tentais de lui démontrer mon talent, mon expertise et la qualité de mes réalisations mais à ces yeux, c’était peine perdue puisque je n’étais qu’une femme.

J’ai aussi eu un patron qui me sortait des qualificatifs dégradant, un nouveau à chaque mois, qui, dans son esprit, étaient gentils. J’étais son trophée, celle qu’il traînait avec lui chez des clients pour se remonter et parader, fier pan. Ça m’a pris des années avant de le comprendre, et surtout de réaliser que ce comportement vicieux et dégradant ne faisait en fait que miner ma confiance en moi. Car plus je prenais de l’assurance, moins j’avais besoin de lui et plus ça le frustrait. Je n’ai pas besoin de vous expliquer que la fin de cette relation professionnelle a été des plus houleuses et que j’en ai payé très fort le prix.

Mais toutes ces expériences ont forgé mon caractère et on fait la femme que je suis aujourd’hui. J’ai maintenant des antennes beaucoup plus aiguisées pour détecter les machos et les égocentriques qui ne veulent que me siphonner mon énergie et qui n’ont aucun égard pour mon bagage. Maintenant, je suis capable de dire Merci mais non merci. Et à chaque occasion qui se présente où j’en conclus par cette phrase, je me félicite d’être capable de me choisir, de décider que pour moi, ce n’est pas la bonne option et que quelque chose de mieux m’attend ailleurs.

Ça prend malheureusement plusieurs débarques, des solides en plus, pour apprendre parfois. Mais je n’ai aucun regret d’avoir enduré tout cela car j’ai une carapace bien forgée aujourd’hui, un véritable bouclier anti-missile et surtout, j’ai des comparables. Dans mon métier, on analyse beaucoup le marché et ce qui se fait de bien ailleurs, pour calibrer et mesurer ce qui serait adéquat pour l’entreprise. Mais j’ai réalisé qu’en fait, cette expertise, je peux aussi l’utiliser pour moi.

Définir ce qui est bon pour moi, consolider mes actifs, analyser mes actions passées pour doser le futur et profiter de l’expérience acquise pour construire un avenir plus agréable. C’est peut-être ça finalement, mon véritable travail…

 

Photo : Unsplash | Markus Spiske

Related Posts

Joshua K. Jackson Accepter sa différence 25 mai 2017
Joshua Clay Avancer ensemble 27 juin 2017

Leave a Reply