Une lecture éclairante

Annie Spratt

Connaissez-vous Josée Blanchette? Pas personnellement je veux dire mais la suivez-vous? Moi, c’est une femme que j’adore et que j’admire, pour sa lucidité et son ouverture d’esprit autant que pour son talent d’auteure et de communicatrice. Sa franchise et son audace font d’elle une grande journaliste. Elle lance aujourd’hui son plus récent ouvrage, Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, une vaste enquête sur le monde médical et particulièrement l’industrie du cancer.

D’entrée de jeu, il faut savoir qu’elle a elle-même subit cette industrie et c’est d’ailleurs ce qui a déclenché chez-elle ce désir de creuser et de mettre en lumière les déroutes de cette omerta. Atteinte d’un cancer du côlon, elle a décidé, en juin 2014, d’affirmer publiquement son refus de traitement, constatant que la chimiothérapie faisait des ravages sur son corps et réalisant à quel point aucune alternative n’était offerte aux patients.

Elle raconte d’ailleurs dans son livre qu’un oncologue est par définition simplement le spécialiste de la chimio. Pas de chimio, pas d’oncologue. On peut aussi y comprendre rapidement que les médecins ne peuvent pratiquement pas aller à l’encontre de cette pratique courante qu’est la chimio en cas de cancer tant l’industrie pharmaceutique a une main mise sur notre système de santé. On savait déjà qu’ils avaient le bras long mais on comprend que c’est pire qu’on le croyait.

L’objectif derrière son livre est avant tout d’ouvrir les yeux des gens sur leurs propres habitudes de vie mentionnant qu’un grand ennemi de notre société est notre ignorance. Les patients ne sont pas assez informés selon elle mais aussi, à mes yeux, ils ne sont pas assez curieux. Il n’a jamais été interdit de questionner son médecin sur les traitements proposés et, soit dit en passant, il n’est pas plus interdit de refuser un traitement. Je parle par expérience ici car j’ai refusé le cocktail de médicaments qu’on me suggérait fortement pour ma maladie de Crohn. Et vous savez quoi? Je m’en porte beaucoup mieux…

Je suis tout à fait d’accord avec l’auteure qui explique qu’on doit travailler sur la base, soit l’intérêt et la connaissance de la population envers toutes les méthodes et médecines possibles, pas seulement celle liée à la carte soleil. Le système actuel rejette tout traitement alternatif alors que le médecin devrait considérer tout élément pouvant ajouter à notre confort. La méditation, le yoga, l’alimentation hypotoxique sont quelques exemples qui ont fait leurs preuves dans la vie de bien des gens.

Se prendre en main, décider de s’informer par soi-même, être curieux et s’intéresser aux diverses possibilités qui s’offrent à nous devrait être un réflexe chez chaque citoyen. Comme le rappelle Josée Blanchette, une personne sur deux souffrira du cancer et pourtant, ce que Richard Béliveau dit à propos de l’alimentation, ça ne passe pas.

C’est triste de voir à quel point certaines personnes croient aveuglément leur médecin qui leur prescrit des tonnes de médicament mais qui ne s’intéresse pas à ce qui se passe dans leur vie. Je rêve d’une médecine plus humaine, plus inclusive de toutes les approches et surtout, d’une relation d’écoute et de respect entre le patient et son docteur. Je rêve, vous croyez?

Photo : Unsplash | Annie Spratt

Article source : Le Devoir

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