Hymne à la beauté

Teddy Kelley

Pour faire contrepoids à l’horreur qui mine notre bonne humeur, j’avais envie ce matin de concentrer mon énergie et ma pensée à la beauté, au positif, à ce qui illumine nos vies et réchauffe nos cœurs. Parce qu’il n’y a pas que le mal, parce qu’il n’y a pas que la souffrance, la peur et l’incompréhension. Et surtout, parce qu’on doit, pour faire face à cela, se rappeler que la vie ne se résume pas à cela. Et qu’on doit trouver la force de garder la foi en l’humanité.

S’il y a une chose qui me donne instantanément le sourire et peut me faire oublier les pires moments de ma vie, c’est le rire d’un enfant. Quand j’entends le petit Émile, le fils de ma meilleure amie, rire aux éclats quand je le chatouille ou parce son papa a fait une bonne blague, ça évacue la moindre trace de colère ou de tristesse que je peux ressentir. Aussi, j’habite près d’une école et quand j’entends les enfants jouer et rire de joie dans la cour, c’est plus fort que moi, je souris.

Ce matin, pendant que j’entendais les témoignages des proches des victimes à la radio, je regardais le soleil se lever au-dessus des champs que je croisais sur ma route et je me disais que je suis vraiment privilégiée de me lever tous les matins dans cette belle province, dans ce coin du monde qui, malgré tout, est franchement calme et paisible. Quand je m’imagine les gens dont la journée débute comme la dernière s’est terminée, dans la misère, la faim et la souffrance, dans un pays pauvre, un camp de réfugiés ou une zone de guerre, je remercie le ciel de m’avoir fait naître au Québec, là où il fait bon vivre et où les gens sont accueillants et respectueux en général. Comme on dit, quand on se compare, on se console…

Quand je me sens troublée à l’intérieur et que j’ai besoin de me changer les idées, de retrouver ma bonne humeur et ma légèreté, je vais marcher au parc régional de la Rivière-du-Nord. Dès que je mets les pieds sur le sol là-bas, je sens la nature qui m’appelle et mon cœur s’apaiser. Et quand je suis chanceuse, je croise au hasard des sentier un cerf qui, dans le calme et le silence, me regarde sans bouger. Lors d’une période plus sombre de ma vie, j’y ai marché pratiquement tous les jours pour retrouver la paix et cet endroit représente encore pour moi un lieu d’allègement. Il faut trouver ce type de repères dans nos vies mouvementées pour pouvoir s’en servir comme point d’ancrage.

C’est aussi parmi les gestes les plus simples que l’on trouve souvent le plus de réconfort. Quand on a une journée difficile, que notre vie nous paraît perdre son sens, un câlin d’un proche agit souvent comme un baume sur notre âme qui s’égare. C’est si élémentaire mais si riche à la fois, ça ne coûte rien, que de la bonne intention et le désir de soulager la douleur du cœur. Il faut toutefois y être pleinement présent avec la personne et sentir qu’on est disponible à 100%. C’est sans doute un élément qui manque le plus dans notre société et dont chaque citoyen a le plus besoin.

Dans quelques semaines, le printemps se pointera à nos portes, fidèle au poste. Ça peut paraître dur à imaginer en ces jours gris mais il sera bien là avec sa verdure, son soleil chaud et ce sentiment de liberté. Rappelons-nous de cette beauté que la nature nous offre à chaque année, de nos belles saisons qui font que le paysage change sous nos yeux de manière exceptionnelle, du bonheur que l’on ressent devant notre jardin qui renaît et du plaisir de planter ses légumes dans son potager, de sentir nos fleurs, de l’odeur du lilas et des pivoines.

Le bonheur n’est pas dans le matériel, dans les voitures ou les grosses maisons. Il se trouve à l’intérieur de nous, dans ce que nous avons de plus personnel : notre âme. Soyons solidaires, forts et ouverts aux autres. Dans le cœur de chacun se trouve la bonté et l’amour et ce sont ces sentiments que nous devons faire ressortir, chaque jour.

Ne tuons pas la beauté du monde, comme l’a si bien écrit Luc Plamondon…

 

Photo : Unsplash | Teddy Kelley

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