Nourrir son coeur

Andreas Weiland

Vous est-il déjà arrivé de réviser votre appréciation de quelqu’un, de prendre conscience que vous avez mal jugé ou mal qualifié votre relation avec une personne? On dit souvent que nous avons une seule chance de faire bonne impression. Et dans mon cas, j’ai tendance à faire confiance, parfois trop vite. Je suis plutôt du type à donner la chance au coureur, à ne pas me méfier, au risque d’être déçue ou de me faire avoir.

Mais j’ai toujours été ce genre de personne qui préfère penser que les gens sont foncièrement bons et honnêtes, que personne n’est, à la base, de mauvaise foi. Je sais, vous me direz qu’il existe toujours une pomme pourrie dans un lot et qu’il faut être sur ses gardes pour éviter les abus ou les manipulations. Mais ce n’est pas dans ma nature et je n’ai aucune envie de devenir aigrie et méfiante.

Dans la majorité des cas, mon instinct ne me trompe pas et j’arrive à bien cerner les gens. Parfois, il y a un petit décalage, surtout quand je rencontre quelqu’un de timide qui se protège avec un masque de retenue. Briser la carapace des gens n’est pas chose facile mais souvent, mon espèce de naïveté leur fait baisser la garde assez rapidement. Je crois en l’humain, en la bonne foi et la sincérité des autres et j’ose toujours croire que chaque personne est authentique et ne veut que le bien d’autrui.

Mais parfois, je donne trop, je ne vois que le bon côté d’une personne, faisant fi de mes doutes ou de mes impressions mitigées. Et malheureusement, si je m’écoutais plus, je comprendrais que cette petite parcelle d’incertitude se révèle souvent nécessaire. Avec les années, je ne me dompte pas et on réussit encore à me faire miroiter des choses, en embellir la réalité pour m’impressionner.

Je lisais dernièrement un article où quelqu’un relatait son expérience d’achat de matériel usagé sur un site de petites annonces. Et sa conclusion était fort simple : si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est trop beau pour être vrai. Et cela, je crois, peut s’appliquer en dehors du champ de l’achat de seconde main.

J’ai tendance à voir le verre à moitié plein, à toujours penser que la vie se chargera de rétablir l’équilibre et que quiconque crache en l’air, ça lui retombera dessus. C’est ainsi et je n’ai aucunement envie de changer cet aspect de ma personnalité. Je ne vois pas cela comme un défaut et, en cet ère de morosité constante et de catastrophes incessantes, je crois que ça prend un peu de candeur pour trouver encore un peu de rose dans tout cela.

En début d’année, au lieu de prendre des résolutions qui ne résisteront pas au changement de saison, je me suis accordé un thème qui me servirait à mieux choisir, à faire pencher la balance en cas d’hésitation et à teinter mes faits et gestes. Cette année, c’est le thème de la santé qui s’est imposé de lui-même, sans que je n’aie à me questionner ou à réfléchir longuement. Alors même dans mes relations, je m’assure de toujours faire en sorte que ce thème soit respecté.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je célèbre mon 38e printemps avec légèreté mais un peu d’appréhension aussi. Je vois le 40 arriver et, pour la première fois de ma vie, je prends conscience du temps qui passe et de l’importance de bien l’utiliser. Je n’ai pas envie de dépenser de l’énergie dans quelque chose qui n’en vaut pas la peine, ni avec des gens qui n’enrichissent pas ma vie. La superficialité ou les masques, très peu pour moi…

Alors je me souhaite du plaisir et du bonheur dans mes relations, et aussi, de bien cibler les gens qui entreront dans ma vie. La santé, c’est aussi la santé mentale et être bien entourée, ça nourrit l’esprit et le cœur. Et ça, ça vaut de l’or!

 

Photo : Unsplash | Andreas Weiland

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