S’ouvrir aux autres

James Sutton

De manière générale, j’aime les gens. Et les gens me parlent facilement, que ce soit des inconnus dans un lieu public, des nouveaux collègues quand je débute un mandat ou des voisins. Je ne sais pas comment le définir mais il y a quelque chose d’agréable dans la découverte de l’autre, de son âme, de son cœur. C’est toujours touchant, peu importe ce que la personne a vécu, d’où elle vient, où elle va, ce qu’elle dégage et ce à quoi elle aspire.

Et je n’aime pas le conflit. Pas que je fuis la confrontation à tout prix comme certaines personnes que je connais mais je ne laisse pas perdurer la chicane. Je peux me fâcher, défendre mon point, argumenter lors d’une discussion ou d’un échange mais je tourne la page facilement. Je trouve cela dommage de brasser la même rengaine et ne jamais avancer dans une relation alors une fois les paroles dites, je passe à autre chose assez rapidement.

Mais je sais aussi que, malgré ma facilité à pardonner, certaines personnes m’ont troublée et blessée au point de non-retour. Comme marquée au fer rouge, je n’ai jamais pu oublier. Et j’accepte ce fait, en me disant que ces rencontres ont été sur ma voie parce que je devais apprendre aussi à définir mes limites, les extrémités de ma patience et ma bonté.

J’ai toujours aimé aider les autres et je crois que sans m’en rendre compte, j’entretenais un bon karma. C’est naturel chez-moi, même à l’école primaire j’étais comme ça. Je me souviens que certains enfants étaient mis à part et moi, dans toute mon innocence, j’allais jouer avec eux. Parce qu’ils étaient moins énervés que le reste de la bande mais aussi parce que le fait d’être seulement deux me permettait d’en apprendre davantage sur cette personne que lorsqu’on était en groupe.

Je n’aime pas l’isolement malgré ma grande appréciation de la solitude. Je suis une solitaire sociale, j’aime parler aux gens, j’aime découvrir, j’aime échanger, j’aime rire… Mais j’aime aussi me retrouver seule, chez-moi, dans le calme et la tranquillité, pour apprécier le moment présent, pour savourer la vie, sans être happée par le flot de mouvements et de paroles des autres.

Je n’ai pas toujours aimé cette solitude et elle m’a fait sentir anormale par moment, alors que la majorité des gens que je connaissais faisaient tout pour être entourés. Ça m’a pris des années à comprendre que plusieurs d’entre eux fuyaient leur propre solitude, qu’elle les faisait souffrir. Et d’autres se gardaient bien d’en parler…

C’est nécessaire de fréquenter des gens mais c’est aussi primordial d’être bien avec soi-même. Il faut trouver son équilibre, sa dose personnelle, sans se comparer aux autres, sans tenter de correspondre au moule, aux standards. Tout comme certains préfèrent la ville à la campagne, plusieurs personnes favorisent l’entourage presque permanent. Et si cela les rend heureux, tant mieux.

J’ai appris à accepter mon besoin de solitude pour mieux donner, pour être plus disponible d’esprit quand je vois les gens que j’aime. Pour partager, pour donner de l’énergie, pour être présent, il faut avoir fait le vide un peu, il faut s’être déposé et ne pas être préoccupé par plein de pensées.

Avec les années, on apprend à se connaître et à admettre nos propres besoins. Pas ceux des autres, pas ceux qu’on nous impose, pas ceux qu’on voudrait nous voir prioriser. Les nôtres, ceux qui nous comblent, ceux qui comptent réellement. S’il y a bien un avantage de vieillir c’est bien lui. Alors il faut apprécier ce fait et s’ouvrir aux autres, quand cela nous convient.

 

Photo : Unsplash | James Sutton

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