Nos histoires d’amour

Brigitte Tohm

Hier, dans le trajet du retour (lire ici le trafic), je ne sais pas pourquoi mais je me suis mise à penser à tous mes ex, mes relations passées, mes déboires amoureux. Car, on va se le dire, autant je me suis taillée une place de choix dans mon domaine professionnel, et je crois avoir atteint un certain niveau d’expertise avec les années, autant je ne me considère pas senior en amour. Bon, premièrement, je suis célibataire donc ça peut en dire long… Mais il n’y a pas que cela.

Je n’ai jamais été de celle qui, au secondaire, rêvait du prince charmant, de la petite famille parfaite avec le chien et le foyer. Je pensais plus à ma carrière qu’à bâtir un petit cocon familial. Et je ne le regrette pas vraiment car je crois qu’il faut toute sorte de monde, de style et de modèle pour former une société. Mais quand je regarde autour de moi, et que je vois les couples, bien assortis ou non, je me dis que j’ai vraiment choisi une autre voie.

J’ai eu des relations parfois chaotiques, parfois destructrices, parfois trop simples, parfois en montagnes russes… Mais comme ça m’a pris des années à me connaître moi-même, à comprendre mes émotions et à mieux les gérer, il est évident que je n’étais pas la personne la plus stable en amour. Et je le dis sans gêne car il faut accepter ce qu’on a été, ce qu’on est et ce qui nous forge. Moi, je n’ai pas nécessairement ce talent là, mais j’en ai d’autres, et c’est ainsi.

Je n’ai jamais été très bonne pour détecter les signes, autant de celui qui me fait de l’œil dans un bar que ceux qui devraient déclencher une alarme intérieure du type run for your life. L’amour avait le dos large avec moi et ça pouvait me prendre beaucoup de temps avant de quitter quelqu’un qui ne me convenait pas.

À la mort de mon père, il y a un peu plus de 5 ans, quelque chose s’est ouvert en moi, une zone émotive que je n’avais jamais touchée avant et qui m’a fait réaliser l’importance de s’entourer des bonnes personnes, de manière générale. Je ne parle pas ici de relation amoureuse uniquement mais plutôt de l’entourage global, incluant les amis mais aussi un réseau. Ma psy, mon ostéopathe, mon coiffeur et même la dame du nettoyeur qui m’accueille toujours avec son immense sourire et toute sa générosité… Quand on touche à la plus grande peine humaine, on réalise la valeur des gens qui nous entourent.

Et j’ai compris depuis ce temps que d’être bien avec moi-même était la priorité que je devais garder en tête, que même si quelqu’un peut sembler merveilleux au premier contact, il a lui aussi ses zones d’ombres et que, peut-être, malgré la beauté extérieure, l’intérieur peut ne pas être compatible avec moi. Aussi, ce n’est pas parce que quelqu’un s’intéresse à nous que ça nous oblige à lui accorder notre temps et notre énergie. Généreuse de nature, il m’est arrivé d’accorder trop d’importance à l’attention qu’on me portait.

Donc hier, dans mon long trajet du retour, j’ai mijoté tout cela dans mon esprit (ne me demandez pas pourquoi mais peut-être à cause du temps que j’avais à perdre dans ma voiture). Et je me suis dit que malgré quelques gaffes amoureuses, ce qui m’est arrivé m’a servi à quelque chose, m’a permis de mieux me connaître et de comprendre ce qui me plaisait et m’irritait. Chaque personne est différente et c’est en essayant qu’on apprend.

J’aime la vie et j’aime les gens mais j’ai compris qu’on doit en quelque sorte se protéger car malheureusement, certaines personnes aiment abuser de la générosité des autres. Mais jamais je ne changerai car j’ai appris, finalement, à m’apprécier telle que je suis. Et au temps que ça m’a pris avant de me rendre là, je ne vais pas gâcher mon plaisir pour quelques mauvaises personnes. Il faut simplement que j’apprenne à raffiner mon radar et à écouter cette petite voix qui, bien souvent, voit venir les problèmes avant moi ?

 

Photo Unsplash | Brigitte Tohm

Related Posts

John-Mark Smith Célébrer la passion des mots 13 août 2018
corina ardeleanu On récolte ce que l’on sème 20 avril 2017