Lettre à mon meilleur compagnon de vie

Dure journée que celle d’hier, une de mes plus difficiles depuis longtemps. Après 14 ans de vie commune, et plus d’un an et demi après un premier AVC, j’ai dû laisser partir mon fidèle compagnon Boris, mon vieux matou noir qui m’a accompagné de Montréal à Lorraine. Devoir choisir de mettre fin à sa vie a été terriblement troublant mais salvateur pour lui qui perdait de plus en plus le contact avec la réalité. Après une nuit d’insomnie due à ses miaulements bouleversants, j’ai compris que je ne pouvais pas m’acharner à lui faire vivre une vie de moins en moins agréable.

Ceux qui n’aiment pas les animaux ne comprendront pas à quel point on peut être affecté par la perte de ceux-ci, encore moins quand il est de notre devoir de choisir le moment de la fin. Mais ceux qui les aiment conçoivent assurément la peine qui m’habite. Bien sûr, après plusieurs rechutes et traitements divers, je savais que ce jour arriverait plus tôt que tard et qu’inévitablement, je me lèverais un matin avec la certitude que je devais agir.

Quand les bas se font plus fréquents que les hauts, quand les mauvais moments s’accumulent et teintent les quelques parcelles de plaisir, quand la qualité de vie n’y est plus, tant pour lui que pour moi, c’est qu’il est temps. Temps de se dire adieu, temps de prendre les choses en main, temps d’accomplir jusqu’au bout cet engagement qu’on prend quand on adopte un animal. Celui d’être là, de soutenir, de soigner et de nourrir mais aussi, malheureusement, celui de soulager.

Le sujet est certes terne mais nécessaire car comme pour bon nombre de thèmes, c’est tabou et on en parle peu. Pourtant, s’il y a bien une certitude dans la vie c’est que celle-ci se terminera incontestablement. La différence est qu’avec nos compagnons à quatre pattes, on peut choisir d’abréger les souffrances sans avoir recours à une loi incomplète et fragile. On peut et on doit avoir la maturité pour ne pas s’acharner par égoïsme ou par peur. C’est une responsabilité lourde mais qui se doit d’être respectée.

Je ne m’éterniserai pas sur le sujet et vous comprendrez qu’il m’était impossible de faire semblant que ça n’était pas arrivé, de parler d’un sujet léger ou simplement autre. Ça m’habite et ça aussi, ça fait partie de la vie. J’ai pris l’engagement d’être authentique et sincère sur ce blogue et parfois, cela implique de traiter de sujets graves et intimes comme celui-ci.

C’est arrivé à plusieurs d’entre nous, et ça arrivera encore. L’important est de garder de bons souvenirs et surtout, de ne pas se sentir coupable. Rien ne sert de se reprocher d’avoir cédé puisque finir dans une souffrance n’est pas un meilleur choix que l’on peut offrir. Il y a de ces dilemmes qui demeurent pénibles et inimaginables mais qui malheureusement surviennent.

Si certains d’entre vous vivez ce genre de situation, je vous partage un texte que j’ai trouvé hier lorsque mon cœur peinait à se faire à l’idée. Le poids s’est allégé en comprenant qu’on s’est choisi il y a 14 ans et qu’aujourd’hui, il est plus serein que jamais. En lui parlant, en lui expliquant la situation, il ne paniquait pas, il savait et me faisait sentir qu’il était d’accord avec ma décision.

Sur ce, je vous laisse, vous comprendrez que je n’avais pas le cœur à écrire dans la joie mais qu’il fallait tout de même que je m’exprime. C’est dans ma nature, que voulez-vous… Alors si vous avez une petite boule de poils à la maison, faites-lui un gros câlin et profitez du temps en sa compagnie. On ne savoure jamais assez et on prend parfois pour acquis qu’on a encore amplement de temps devant soi.

R.I.P. Boris et amuses-toi bien au royaume des chats…

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