Le geste le plus important est celui que vous posez

prottoy hassan

Ça peut sembler étrange à dire mais il m’arrive souvent de penser à ce que je pourrais faire de mieux, à ce que je pourrais améliorer ou avoir comme impact sur ma communauté. Mais bien souvent, ça demeure des idées, des projets, des embryons de changement. C’est pourquoi je dis que le geste le plus important est celui que l’on pose. Ce ne sera peut-être pas le meilleur, peut-être nécessitera-t-il des ajustements et une version nouvelle et améliorée mais au moins, c’est un pas dans la bonne direction.

C’est facile de parler, c’est simple de brasser des idées et de refaire le monde dans nos têtes et nos soirées bien arrosées mais concrètement, dans le quotidien, ce n’est pas toujours si simple de mettre en action nos paroles, de faire le saut et de concrétiser nos rêves. Hier, dans le métro, je réfléchissais à ce que ma vie était il y a plusieurs années, quand l’angoisse m’accompagnait au quotidien et de constater le chemin parcouru m’a fait comprendre qu’il peut être difficile mais extrêmement bénéfique de changer, de foncer, d’oser.

Des fois, il faut simplement arrêter de réfléchir et sauter à pieds joints. Même si c’est pour rebrousser chemin ou changer de trajectoire en cours de route, je maintiens que c’est mieux que de stagner, de rester dans son petit confort si doux. Car, changer d’air, c’est s’ouvrir à autre chose, ça nous permet de mieux se connaître et de possiblement régler des choses en nous. C’est bien de penser et de peser le pour et le contre mais rester dans ce manège trop longtemps, ça peut aussi nous empêcher d’évoluer.

Je n’ai pas de solution magique ni de trucs faciles pour vous et je crois que chaque personne doit expérimenter pour trouver sa propre formule, sa façon de sortir de son marasme. Je suis une personne relativement impulsive donc souvent, je me rends compte que je change sans en être consciente, que j’ai plongé sans le réaliser. Mais je sais aussi que, par moment, je tergiverse longtemps, j’hésite, j’ai peur. Peur d’avoir l’air fou, peur de me tromper, peur de regretter. Et souvent, c’est dans cette phase de doute que je suis le moins confortable. Ce n’est ni avant ni après, c’est réellement pendant le flottement, dans cette zone grise que je ne suis pas à l’aise.

Et depuis le temps que je travaille sur moi, depuis toutes ces années où j’ai appris à me connaître, tout ce temps à décortiquer mes réflexes et mon bagage, j’ai compris que je dois me faire confiance et qu’au fond de moi, il y a toujours la réponse. Que j’aurais beau tourner de tous les côtés une idée ou un dilemme, si je me connecte, si je me concentre, je sentirai ce qui est bon pour moi, ce qui est le mieux. Pas ce qui est le plus glamour, pas ce qui, aux yeux des autres, semble le plus cool. Ni ce qui, selon la société, m’apportera le succès ou la reconnaissance.

Je suis qui je suis et je m’accepte ainsi. Alors mes choix doivent être faits en fonction de cela. Poser un geste, c’est s’assumer, s’écouter, se comprendre. Et quand on le fait, on se redéfinit à chaque fois, on ajoute un brique à son propre monument. Aussi banal et petit peut-il être ce geste, il fait partie de notre histoire de vie et en cela, il devient grand. On le sait, des fois, tout part d’un petit rien alors il ne faut jamais sous-estimer l’impact de nos faits et gestes.

Poser un geste, agir, c’est aussi être. Être un citoyen, être un ami, être là, être soi. Gardons toujours en tête que nous avons le choix, qu’on peut décider ce qui nous définit et qu’on peut aussi parfois, être son propre bourreau. Quand on comprend cela, on investit notre temps et notre énergie sur ce qui compte vraiment.

 

Photo : Unsplash | prottoy hassan