Accepter son intensité

Emily Morter

Récemment, quelqu’un de mon entourage m’a dit, tout bonnement : tu es intense toi, hein? Et je n’arrivais pas à me décider si c’était positif ou négatif comme commentaire. Puis, en rentrant chez-moi ce soir-là, j’ai décidé que je voyais d’un bon œil l’intensité qu’on m’assignait. Car, entre vous et moi, en partant, je préfère grandement qu’on me décrive comme intense que comme plate!

Bon, vous me direz que je vais dans les extrêmes et qu’il y a tout un spectre de qualificatifs entre les deux et vous avez tout à fait raison. Mais, je crois sincèrement que l’intensité, quand elle est bien canalisée, peut être un tremplin formidable dans la vie. Et, pour quiconque ne se sent pas particulièrement motivé en ce moment, je vous rassure, ce n’est pas nécessairement acquis…

Je me souviens d’une époque où j’avais peur d’à peu près tout, où je ne me faisais pas confiance, où je craignais le moindre faux pas et où je me brimais moi-même de peur de me tromper. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point j’étais malheureuse, coincée dans ma lourde carapace et constamment en mode survie. Mais, avec les années, j’ai appris à mieux me connaître et surtout à m’estimer, à croire en moi et en mes capacités. Et, à force de me focaliser plus sur mes qualités que sur mes défauts, sur mes bons coups que sur mes erreurs, j’ai compris que je valais la peine.

Avec ce changement, avec cette évolution de moi-même, est venue cette intensité. Elle a toujours habité en moi, elle a toujours été là mais je la taisais, je la cachais de peur de me laisser envahir par elle. Je préférais être investie par la gêne et la peur, car c’est tout ce que je connaissais. Comme quoi, les zones de confort, c’est pas toujours bon!

Quand j’ai compris que je pouvais vivre mon intensité librement, qu’elle me propulsait véritablement, et qu’utilisée à bon escient elle me permettait de dépasser mes limites mentales, je n’ai plus eu de doutes : elle constituait un allié. Même si, à certains moments, je dois la tempérer, je dois prendre de grandes respirations pour calmer mes ardeurs et diminuer sa puissance, elle demeure un atout non négligeable dans ma vie.

Et parfois, je me regarde dans le miroir, et je vois cette étincelle dans mon regard, celle de la fougue, de la vivacité, de la force de mon caractère et je me dis : tu es capable de tout. Je n’attends plus que quelqu’un me le dise, je n’espère plus cette reconnaissance d’autrui pour agir, je ne patiente pas dans mon coin me disant qu’un jour, ce sera mon tour. Je m’autorise de prendre ma place, à ma façon, avec respect et conviction.

Je crois que l’intensité est liée à l’intuition, à l’instinct, et que, quand on décide de s’écouter et de se faire confiance, celle-ci prend sa place à l’intérieur de nous, pour nous faire rejaillir, pour nous amener là où nous devons être, pour nous aider à être qui nous devrions être. L’intensité avec laquelle on investit notre propre vie nous permet d’en faire ce qu’on veut. Tout comme dans le sport, les répercussions sont proportionnelles à l’investissement que l’on y met.

Alors, si un jour, on vous reproche d’être trop intense, dites-vous qu’il se peut fort bien que ce soit parce que cette personne vous envie d’avoir cette énergie et cette motivation. Si vous avez ce feu en vous, assurez-vous de l’utiliser de la bonne façon et je vous garantis que tout se passera bien 🙂

 

Photo : Unsplash | Emily Morter

Related Posts

Sylvie Tittel De l’intention à l’acte 19 novembre 2018
Gaelle Marcel Hommage à l’ordinaire 18 octobre 2018