Décider de se choisir

NeONBRAND

Ces derniers jours, une fatigue intense s’est fait sentir, comme un poids sur mes épaules, une surcharge mentale qui s’accumule depuis un certain temps. Je prône l’écoute de soi, je préconise la prise en charge de soi-même pour comprendre ce qui ne va pas et apprendre à se connaître. Mais, malgré tout, il arrive que je tombe dans un piège, que je répète un pattern, que je ne sois pas autant alerte que je ne le voudrais.

Heureusement, la vie est bien faite. Et j’ai pu le constater encore cette fin de semaine alors que mon amie m’avait invité à un court moment alliant sport et introspection. Un petit avant-midi tout doux à Mont-Tremblant, composé de jeux extérieurs sous un soleil radieux, d’étirements et de réflexions guidées. On peut difficilement faire mieux quand on sent qu’on a perdu un peu le contrôle de sa vie…

Ce moment, qui m’a permis de me reconnecter, de m’écouter, de sentir ce qui ne va pas, ce qui cloche, ce qui déroge de mes principes de vie, m’a complètement comblé. Dans sa simplicité mais aussi dans sa douceur, celle du contact humain, de l’échange et du partage avec des personnes ouvertes et sans masque. Nous étions un groupe de femmes qui, le temps d’un instant, décidaient de lâcher prise et de s’amuser, s’entendre et s’accepter. Il ne m’en fallait pas plus pour saisir l’importance de revenir à mes valeurs et à l’essentiel de la vie : le bonheur.

On a beau travailler fort, faire de l’argent, avoir du succès, si c’est pour simplement rentrer chez soi, épuisée, ça ne mène nulle part. C’est donc un peu troublée mais convaincue de ma décision que j’ai reporté mon cours universitaire, le temps de laisser la vague passer au niveau professionnel, le temps de me concentrer sur mon entraînement pour mon demi-marathon et surtout, le temps de recharger mes batteries.

Car j’étais tombée dans mon ancien réflexe de super woman : vous savez, j’en suis sure, de quoi je parle… Ce fameux mode de survie qui nous fait croire qu’on peut tout faire en même temps, tout accomplir avec la même énergie, le même succès et le même résultat exceptionnel. En général, on finit par se brûler, ne rien réussir et être foncièrement déçue. Et c’est probablement sur cette finale que je m’alignais, dangereusement.

Est-ce que ça me fait plaisir d’abandonner? Pas du tout. Mais je sais que c’est mieux ainsi et qu’au final, je serai plus heureuse, plus satisfaite de moi. Car, la satisfaction, elle ne vient pas uniquement dans la réussite mais aussi dans la capacité à faire des choix éclairés, à s’adapter en fonction des paramètres qui peuvent changer en cours de route. J’accepte ce qui est, je tolère le changement et j’accueille cet état des choses. Et honnêtement, j’ai une tonne de moins sur les épaules.

Il y a quelques années, j’aurais surement continué à m’entêter, à vouloir tout faire, tout réussir, tout accomplir et j’y serais peut-être parvenu mais au péril de ma santé, mentale et physique. J’aurais fini avec un cocktail de virus dans le corps, une fatigue lancinante m’aurait accompagné pendant des semaines et je n’aurais, au fond, pas été fière de moi. Alors, je préfère dire dignement que je me suis choisie, que j’ai entendu les petits signaux d’alarme au fond de moi, cette petite voix qui me dicte de prendre ça avec un grain de sel, que ce n’est pas si grave et que je pourrai m’investir plus sainement dans mes divers engagements, à un rythme plus humain.

La vie, c’est aussi ça. Ce n’est pas toujours rose, on ne file pas toujours le parfait bonheur, avec l’innocence et l’insouciance d’un papillon. Prendre des décisions, s’arrêter pour peser le pour et le contre, ressentir au lieu de se mettre la tête dans le sable : ce sont tous des éléments clés pour vivre plus paisiblement. Sur le coup, ça ne fait pas de bien mais après, on comprend que c’était nécessaire et on se sent mieux. Il ne faut surtout pas oublier, qu’au bout du compte, nous ne sommes que des humains, complexes et parfois un peu mitigés, mais sincères et plein de bonne volonté…

 

Photo : Unsplash | NeONBRAND

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