Vivre, rêver, se délecter…

Zoltan Tasi

Je ne crois pas me tromper ce matin en disant que tout le monde a profité aisément de cette belle fin de semaine ensoleillée. J’ai eu l’impression, à chacune de mes sorties, de voir des gens détendus, sereins et heureux, partout où j’allais. On est peut-être les champions de la jasette sur la météo mais à voir l’effet que ça a sur notre moral collectif, je comprends mieux maintenant notre intérêt assidu.

Après un hiver particulièrement éprouvant, de pouvoir sortir légèrement vêtu, de pouvoir profiter des chauds rayons du soleil, de commencer à jouer plus sérieusement dans le jardin, de pouvoir enfin rêver des journées d’été qui nous feront presque regretter la fraîcheur printanière, tout cela est parfaitement normal. Personnellement, j’aime le cycle des saisons mais l’effet de la combinaison soleil + chaleur est rarement égalé par autre chose.

L’avantage aussi de cette belle saison qui s’installe, c’est qu’on a le goût d’être dehors, de moins travailler. Quand le froid ou la pluie perdure à l’extérieur, on justifie plus facilement les heures interminables à bosser. Mais avec une si belle température, on fait fi des courriels qui s’accumulent, on comprend vite que la vie, la vraie, elle se passe dehors. Et c’est tant mieux.

On ne peut pas être toujours à la course, surchargée, surmenée. On, incluant en moi, doit apprendre à ralentir, à vivre à un rythme plus humain, moins robot. Je le dis car j’ai tendance à m’emballer parfois et que je croise une panoplie de gens comme moi. Mais, je tente toujours de me ramener à l’ordre, surtout quand je peux profiter du beau temps. Travailler, ce n’est pas l’objectif d’une vie, ce n’est qu’un moyen de parvenir à ses rêves…

Et, je ne sais pas pour vous, mais moi je rêve mieux quand il fait beau. Probablement que le fait de pouvoir m’installer dehors pour lire, pour écouter de la musique ou pour jouer dans la terre, et le fait de pouvoir aller courir de longues distances le pas léger et le sourire aux lèvres remplissent mon esprit de belles images et l’amène dans de bonnes dispositions pour s’évader.

Je poursuivais, hier, ma lecture du livre Demain le Québec et, après chaque chapitre, je prenais une pause pour imaginer le monde dans l’avenir, rêvasser sur des projets écologiques, imaginer des plans pour mon environnement immédiat. Et ce matin, j’avais encore la tête remplie d’idées et de concepts tous plus fous les uns que les autres. J’adore ce type de nuit à refaire le monde et à me laisser trimballer dans des aventures imaginaires stimulantes et divertissantes.

On a chacun notre relation avec le temps qu’il fait. Certains ne se laissent pas charmer par les doux rayons chauds alors que d’autres, comme moi, y sont particulièrement sensibles. Il n’y a pas un seul modèle et tant mieux pour vous si la grisaille des dernières semaines ne vous a pas miné le moral. Personnellement, j’ai toujours très hâte de voir mon lilas fleurir, de redécouvrir mon jardin, de planifier les changements que j’y ferai et de voir ce qui a survécu à l’hiver rude et sans pitié.

J’accepte pleinement mes racines campagnardes, je vis au rythme de la nature avec fougue et passion, je me laisse rapidement guider par le vent et le chant des oiseaux représente la plus belle musique à mes oreilles. C’est ainsi. Je me connais bien maintenant, et je peux l’affirmer sans gêne. Je n’ai jamais été réellement une urbaine malgré une dizaine d’années dans la métropole et malgré mon travail qui m’y ramène constamment.

Un jour, peut-être, je quitterai tout pour m’installer au fond des bois, à cultiver et à vivre le moment présent. Tout est possible et c’est ce qui est beau. Mais, d’ici là, je savourerai chaque minute qui m’est donnée pour me ressourcer, au son du vent et des gazouillements. J’assume mon amour pour la nature et quand je regarde la verdure qui s’installe dans les arbres autour de moi, ce spectacle me fait croire qu’elle me le rend bien.

 

Photo : Unsplash | Zoltan Tasi

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