La règle des 5 minutes

Franck V.

Vous avez surement déjà lu ou entendu parler de la règle des 5 minutes. Cette fameuse règle de vie à appliquer qui veut que, si quelque chose ne comptera plus ou n’aura plus d’importance dans 5 ans, ça ne vaut pas la peine d’être contrarié par cela plus de 5 minutes aujourd’hui (traduction libre). On peut y voir un principe ésotérique et farfelu mais quand on s’y attarde un peu, on comprend tout le sens derrière ces quelques mots.

On s’en fait pour tout dans la vie. Soyons honnêtes, on accorde beaucoup d’importance à l’opinion des autres, à l’image que l’on projette ou à ce qu’on pourrait avoir de plus. Et pourtant, on est conscient que tout cela ne nous rendra pas plus heureux. Mais l’influence permanente qu’on subit nous maintient dans ce cercle vicieux. Alors quand on se rappelle ce principe, ça permet de relativiser.

Souvent, quand quelque chose nous dérange chez les autres, c’est qu’une certaine résonance s’opère en nous. Ça nous rappelle quelqu’un qui nous a blessé ou ça peut mettre en lumière une petite faille que nous détestons dans notre caractère. Mais rien n’arrive pour rien et au lieu de se fâcher ou de se laisser bouleverser par des propos, pourquoi ne pas prendre un pas de recul et se demander, concrètement, ce qui vient nous atteindre et pourquoi.

Par expérience, je peux vous dire que ce sont des petits exercices qui peuvent être douloureux sur le coup mais qui, à la longue, s’avèrent très bénéfiques. La journée où on s’arrête et on se demande pourquoi on revient sans cesse dans ce fameux pattern X, qu’on en comprend la source et qu’on accepte ce qui nous a amené dans ce chemin, la vie devient déjà moins pénible.

Discuter avec des gens de confiance peut aussi nous permettre de « décrocher » de ce qui nous perturbe. Le 5 minutes de discussion et de partage avec un ami ou un membre de la famille qui nous connaît bien peut nous éclairer d’un angle de vue différent. C’est très enrichissant d’avoir la chance d’échanger avec une personne qui n’est pas dans nos souliers mais qui veut notre bien.

Avec les années, j’ai appris à cesser de me laisser distraire de ma route. Plus jeune, j’accordais tellement de temps et d’énergie à essayer d’être ce qu’on voulait que je sois que j’en oubliais qui j’étais. Véritable boule d’angoisse, je m’empêchais de vivre ma vie comme je l’aurais voulu ou je provoquais pour masquer le manque de confiance en moi.

Heureusement, j’ai fait des rencontres marquantes et j’ai lentement assumé qui j’étais. Au-delà des moules et des standards que l’on tentait de m’imposer, j’ai appris à me respecter et à être moi, malgré le jugement et les critiques. Parce qu’on a beau vouloir plaire à tout le monde, c’est malheureusement (ou heureusement?) impossible. Il se trouvera toujours quelqu’un pour vous faire un reproche ou pour vous attaquer sur vos valeurs ou votre style de vie. Pour la simple et unique raison que ça se sent, quelqu’un qui est fake.

Être célibataire et ne pas avoir d’enfant, pour une femme, en 2018, c’est encore troublant pour certaines personnes. En plus, quand on est consultante, qu’on a son entreprise, qu’on gère sa vie de manière autonome et un peu différente, ça peut bousculer les conventions. Je le sens encore, je le vois. Mais je vis bien avec ma différence et j’essaie d’éduquer les gens sur l’acceptation au lieu de m’obstiner et me laisser blesser par les commentaires.

5 minutes. C’est tout ce que je tente d’accorder à ce qui comptera peu plus tard. Je n’ai aucune idée où je serai dans 5 ans, mais je sais que j’aurai acquis encore plus d’expérience de vie pour être plus heureuse et sereine. N’est-ce pas la seule chose qui est importante au bout du compte?

 

Photo : Unsplash | Franck V.

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